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Inondations de Camargue et pollution radioactive: l'IRSN publie les résultats de son étude

 03/11/2004

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A la suite de la crue du Rhône de décembre 2003, aucune augmentation significative de la radioactivité n’a été constatée dans les régions touchées par les inondations. Tels sont les résultats d’une étude que vient de publier l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L’objectif de cette étude : voir si la teneur en radioactivité des matières charriées par le Rhône et déposées sur les sols inondés pouvait avoir des conséquences significatives sur les doses reçues par la population.


En décembre 2003, le Rhône en aval de Valence a connu la plus forte crue jamais enregistrée. Son débit de pointe a dépassé les deux crues historiques les plus importantes de 1840 et de 1856 en atteignant, dans la soirée du 3 décembre 2003, 13000 m3 .s-1 à la station de mesure de Beaucaire. Ceci a conduit à des inondations par débordement du Rhône et ruptures de digues dans la basse vallée du Rhône. La petite Camargue et les zones qui vont de Beaucaire à Arles ont été les plus touchées.

Or, lors d’une telle crue, le Rhône charrie des masses importantes de matières solides en suspension (sédiments mais aussi particules emportées lors du drainage des sols de son bassin versant). Ces matières en suspension peuvent contenir des polluants chimiques ou radioactifs qui vont venir se déposer sur les sols inondés. Pour cette raison, les crues du Rhône sont suivies de près depuis plusieurs années par l’IRSN qui dispose d’une station automatique pour prélever de l’eau du Rhône de manière continue. [1]


Plus spécifiquement, les équipes de l’IRSN se sont immédiatement mobilisées pour caractériser la crue de décembre 2003 et les inondations consécutives.


De plus, ce sujet a attiré l’attention de la Commission Locale d’information (Cli) du Gard, qui a participé au financement de l’étude, ainsi que de la DRIRE PACA et de la Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection (DGSNR). Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une présentation à la Cli du Gard le 23 juin 2004.

 
Les résultats des travaux menés par l’IRSN


L’appréciation des conséquences en terme de doses reçues par les populations passe par la caractérisation in situ et en laboratoire des sédiments déposés, notamment de leurs teneurs en polluants radioactifs et chimiques, puis par l’évaluation des doses pouvant en résulter, soit par exposition directe soit par ingestion de denrées contaminées.


Les travaux menés par l’IRSN montrent que la radioactivité mesurée dans les dépôts dus aux inondations n’est pas significativement différente de celle mesurée sur les sols des zones non inondées. Seuls deux radionucléides artificiels émetteurs gamma, le césium 137 et le cobalt 60, ont été détectés à l’état de faibles traces dans les dépôts dus aux inondations, mais les activités correspondantes ne sont pas significativement différentes de celles des sols non inondés en 2003. Dans le pire des cas (3 cm de dépôts sur un sol cultivé initialement faiblement marqué), la teneur en césium 137 passerait de 1000 à 1600 Bq m-2.  Cela concerne des surfaces restreintes et les activités de ces sols demeurent inférieures à celles des sols les plus marqués de la zone étudiée. Des mesures d’actinides [2], plutonium notamment, sont en cours.


Dans les cultures maraîchères, les activités mesurées ne sont pas significativement différentes de celles mesurés dans des échantillons similaires non soumis aux inondations de décembre 2003. Des prélèvements d’herbe et de lait de chèvre ont été réalisés en juin 2004 afin d’apprécier les transferts potentiels vers la chaîne alimentaire. Les résultats d’analyses confirment l’absence d’un marquage significatif de la chaîne alimentaire comme le laissaient présager les faibles niveaux d’activités observés dans les dépôts.


En ce qui concerne les principaux polluants chimiques, les résultats d’analyses n’indiquent pas de contamination significative. Plus de 98% des résultats d’analyse des échantillons de dépôts, salade et herbe, sont inférieurs aux limites de détection. Les traces de substances détectées sont des métaux. Les valeurs sont dans la gamme de celles rencontrées dans les sols non pollués.



[1] Cette station fait partie du réseau OPERA, qui permet d’observer la radioactivité d'origine naturelle et artificielle présente dans l'environnement (y compris à l'état de traces). Son objectif est la compréhension des mécanismes de transfert des radionucléides dans l'environnement ainsi que l'estimation de leurs flux. OPERA compte 34 stations où sont effectuées périodiquement les collectes d'échantillons sur tout le territoire français (dont Tahiti) et dans les différents milieux.


[2] Famille d’éléments chimiques radioactifs comportant notamment l’actinium, le plutonium, l’américium et l’uranium.



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