Laboratoire d'accueil : Laboratoire de radiotoxicologie expérimentale (LRTOX)
Date de début de la thèse : 04/10/2010
Nom du doctorant : Clémentine Poisson
Contexte
L'uranium (U) est un métal lourd naturellement présent dans la croûte terrestre. Son utilisation dans le cycle électronucléaire ou à des fins militaires a soulevé des inquiétudes concernant les risques sur la santé humaine. La contamination par l'uranium de personnes par ingestion est due à la contamination soit de l'eau de boisson soit au transfert de l'uranium à travers la chaîne alimentaire.
Le stress oxydant est du à un déséquilibre entre la production d'espèces réactives de l'oxygène (ERO) et les capacités des enzymes anti-oxydantes a détoxifier les réactifs intermédiaires. L'apparition d'un stress oxydant est couramment décrite après exposition in vivo ou in vitro à de nombreux xénobiotiques (molécules étrangères à l'organisme) dont les métaux ou certains médicaments.
Ainsi, le cadmium peut engendrer la production d'ERO tel l'anion su peroxyde (O2-) ou le monoxyde d'azote (NO) et inactiver des enzymes ou des molécules antioxydantes ayant un rôle dans la régulation du stress oxydant.
Quelques rares études ont montré qu'une exposition à l'uranium pouvait également perturber l'équilibre pro-/anti-oxydant aux niveaux rénal, cérébral et pulmonaire. Cependant la majorité de ces études a été réalisée in vitro ou in vivo à court terme et avec de fortes concentrations d'uranium.
Une seule étude réalisée très récemment au sein du laboratoire s'est intéressée aux effets centraux d'une faible exposition par l'uranium. L'aspect faible/forte concentration d'uranium après exposition chronique est donc très peu documenté concernant le stress oxydant.
Objectifs de travail
Le but de ce travail est d'acquérir de nouvelles connaissances pour mieux comprendre les effets de faibles concentrations d'uranium en particulier sur le système de défense antioxydant présent dans des tissus primordiaux pour la protection de l'organisme contre les substances toxiques.
Nous déterminerons ainsi si l'action toxique de l'uranium résulte d'un déséquilibre de la balance oxydative tissulaire au niveau du rein, l'organe cible de l'uranium, et du foie, l'un des principaux sièges de la toxicité des métaux. La balance oxydative des tissus sera caractérisée en fonction de la dose d'uranium administré (effet graduel ou irrégulier) et sur des animaux plus sensibles ou protégés envers le stress oxydant. Les modèles animaux modifiés permettront d'envisager des cibles moléculaires potentielles. Ces cibles seront testées dans des modèles in vitro.