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Synthèse des résultats du programme ENVIRHOM mars 2006

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Volet « Environnement »

Les résultats obtenus pour l’uranium soulignent l’intérêt de l’étude systématique des réponses biologiques sur les grandes fonctions des organismes vivants dans le domaine de l’exposition chronique à de faibles niveaux. Les principales conclusions sont les suivantes : 

  • Certaines grandes fonctions physiologiques des organismes vivants, telles que la respiration, le comportement ou l’alimentation, sont modifiées de manière très précoce et à de faibles niveaux d’exposition.
  • Des réponses plus tardives sont observées sur les grandes fonctions telles la reproduction lorsque les durées de l’exposition deviennent significatives par rapport à la durée de vie de l’organisme étudié. Ces réponses apparaissent à partir d’un seuil. D’un point de vue opérationnel, la connaissance de ce seuil marque la transition entre le domaine sans effet et le domaine de la toxicité. 
  • Une modélisation a permis de simuler les conséquences démographiques sur des populations animales à partir des effets observés sur les grandes fonctions des individus. 
  • Les effets biologiques de l’uranium seul sont augmentés en cas d’exposition simultanée à un autre métal toxique, le cadmium. Ils peuvent au contraire être diminués en présence d’autres éléments tels le sélénium, oligo-élément essentiel à la vie.

Volet « Santé »

Les résultats obtenus chez le rat de laboratoire montrent que les effets des expositions chroniques ne peuvent pas être extrapolés à partir des connaissances des effets des expositions aiguës. Les principaux enseignements des expérimentations réalisées sont que :

  • Les vitesses d’accumulation et d’excrétion de l’uranium en situation d’exposition chronique sont fonction de la durée d’exposition.
  • Elles diffèrent quantitativement et qualitativement des modèles issus des expositions aiguës.
  • Les organes cibles après exposition chronique sont différents de ceux après exposition aiguë.
  • Certains de ces organes présentent des anomalies fonctionnelles, qui sont autant d’effets biologiques non liés à l’apparition de cancers notamment des modifications des comportement et du sommeil et des effets sur le métabolisme des xénobiotiques (Polluants, médicaments...)

Les résultats obtenus mettent en défaut le paradigme du système de radioprotection, tout au moins pour le modèle rat contaminé à l’uranium par ingestion. Les expositions chroniques par contamination interne ont eu des résultats inattendus en termes de cible (organes atteints) et d’effets biologiques. Cependant, il n’est pas démontré que ces effets biologiques aient des conséquences sanitaires et conduisent à des développements de pathologies. De même, Il reste à déterminer dans quelle mesure les données obtenues sur un modèle expérimental sont directement extrapolables à l’homme et à d’autres radionucléides.

Conclusions générales

Les résultats acquis pour le volet environnement sont indispensables pour déterminer le niveau d’exposition pour lequel la protection des écosystèmes est assurée en condition d’exposition chronique. Cette connaissance est la base de la mise en place d’un système de radioprotection de l’environnement. Le contexte actuel et futur dans le domaine du nucléaire renforce l’enjeu associé à la radioprotection de l’environnement puisque la plupart des états membres européens sont ou seront confrontés dans un avenir proche à la mise en place de nouvelles installations (e.g. EPR), à l’expansion ou au maintien des programmes du nucléaire incluant le démantèlement, la mise en œuvre de sites de stockages de déchets ou encore la gestion d’anciens sites miniers d’uranium après leur exploitation.

Les données présentées dans le domaine de la santé mettent en évidence des incertitudes dans les modèles de gestion des risques après contamination interne. Ces incertitudes doivent être identifiées, quantifiées et intégrées dans le système de radioprotection. Cependant, ce système ne semble pas devoir être remis en question car il a été conçu pour être un système « enveloppe », couvrant un grand nombre de situations, avec une marge de sécurité suffisante. Il est de plus le meilleur système dont nous pouvons disposer pour le moment. Par contre, ce système peut être amélioré par l’intégration de nouvelles données issues de la recherche. Ces recherches devront compléter les études en cours et être réalisées avec d’autres modèles (dont l’homme) et avec d’autres radionucléides.