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Récit de la mission Freebird 2012, épisode 1

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Jean-Marc Bonzom, chercheur en écotoxicologie, et Audrey Sternalski, post-doctorante, sont sur le terrain pour une durée d'un mois, à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi dans le cadre du projet Freebird (Fukushima Radiation Exposure and Effects in BIRD populations, ANR Flash Post Fukushima).

 

Leur mission : étudier, aux alentours de la centrale, les effets sur les oiseaux de la contamination de l’environnement par des substances radioactives.

 

Grâce au carnet de voyage scientifique tenu par Jean-Marc Bonzom, ils partagent quelques moments de leur activité de terrain.

 

Voilà maintenant une semaine que nous sommes au Japon et nous n'avons pas une minute à nous. On n'arrête pas ! Mais commençons par quelques mots sur ce projet de recherche.

 

Jean-Marc Bonzom et Audrey Sternalski © IRSN

 

 

Pourquoi s’intéresser aux effets de cette contamination sur l’environnement ?


Il est à souligner qu’il existe encore de nombreuses inconnues concernant les effets des substances radioactives sur les écosystèmes. En particulier, nous savons encore peu de chose sur les effets chroniques (c’est-à-dire sur le long terme) de faibles doses de radionucléides sur les espèces non-humaines.

 

L’accident survenu à la centrale de Fukushima Dai-ichi le 11 mars 2011 suite au tremblement de terre et au tsunami a induit un rejet massif de matériaux radioactifs dans l’environnement. Les rejets atmosphériques ont créé une empreinte de contamination radioactive dans l’écosystème terrestre autour du site, avec une zone plus contaminée s’étendant à 80 km vers le nord-ouest. Le gradient de débits de dose chronique résultant dans un rayon de 100 km dans les terres autour de la centrale, varie du bruit de fond normal (quelques dizaines de nGy/h) jusqu’à plusieurs 100 µGy/h. Un tel débit de dose est clairement supérieur aux valeurs seuils considérées comme protectrices pour les espèces non humaines. La radioactivité pour les plantes, les oiseaux, les poissons et d’autres espèces sauvages à proximité de la centrale de Fukushima Dai-ichi sont de 8 à 20 000 fois supérieures aux critères de protection. Il est donc légitime de se poser la question des effets de cette contamination sur les espèces non-humaines, et en particulier des espèces animales telles que les oiseaux.

 

 

Pourquoi les oiseaux ? 

 

Tchitrec du Japon © Jean-Marc Bonzom/IRSN

  
Un certain nombre de travaux existants laisse penser que les oiseaux sont particulièrement radiosensibles. Ils peuvent donc s’avérer être de bons bioindicateurs sensibles et précoces pour évaluer l’état de santé des écosystèmes. Comme tout groupe animal ou végétal, les oiseaux participent au bon fonctionnement des écosystèmes.

 

Les oiseaux sont une composante de la biodiversité. S’intéresser aux effets des substances radioactives sur les oiseaux, c’est s’intéresser à la préservation de la biodiversité. Finalement, les oiseaux, comme les humains, sont des vertébrés. Dans le cadre de ce projet, les données acquises sur les oiseaux représenteront une source de connaissance qui contribuera également à la radioprotection de l’Homme.

 

 

Le projet Freebird en quelques mots

 
L’IRSN a lancé depuis octobre 2011 des études sur les effets des rayonnements ionisants chez les oiseaux dans la zone contaminée de 100 km autour de Fukushima dans le cadre du projet Freebird (Fukushima Radiation Exposure and Effects in BIRD populations) financé par l’ANR lors de l’appel à projets Flash Japon.

 

Ce projet porté par l’IRSN (Laboratoire d’écotoxicologie des radionucléides) avec l’Université d’Etat d’Arizona de Tempe (USA) et l’Université de Ryokko (Japon), vise à déterminer les liens existant entre les doses reçues par les oiseaux, les modifications physiologiques (hormones, stress oxydatif…) observées et les conséquences délétères de ces irradiations sur la reproduction.

 

Les enjeux du projet Freebird sont de (1) compléter les connaissances scientifiques sur la conservation des espèces et sur la gestion au long terme des écosystèmes contaminés à Fukushima, (2) d’acquérir de nouveaux résultats scientifiques sur les effets écotoxiques des rayonnements ionisants, en réponse aux préoccupations des citoyens, (3) de valider les concepts de radioprotection actuels qui sont à l’origine des critères de protection des écosystèmes.

 

Rendez–vous dans quelques jours pour de nouveaux "récits de vie" !

 

Cordialement, Jean-Marc Bonzom

 

Dernière modification le 11 juin 2012


Projet Freebird

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