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Récit de la mission Freebird 2012, épisode 2

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Jean-Marc Bonzom, chercheur en écotoxicologie, et Audrey Sternalski, post-doctorante, sont sur le terrain pour une durée d'un mois, à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi dans le cadre du projet Freebird (Fukushima Radiation Exposure and Effects in BIRD populations, ANR Flash Post Fukushima).

 

Leur mission : étudier, aux alentours de la centrale, les effets sur les oiseaux de la contamination de l’environnement par des substances radioactives.

 

Grâce au carnet de voyage scientifique tenu par Jean-Marc Bonzom, ils partagent quelques moments de leur activité de terrain.

 

Mission Freebird : premiers pas au Japon

 

Voici donc un peu plus d’une semaine qu’avec Audrey, nous sommes au Japon dans le cadre de ce projet de recherche Freebird. Le voyage fut assez long. Avec un départ le lundi matin 29 mai, depuis l’aéroport de Marseille, et une arrivée le lendemain matin, mardi 30, à l’aéroport de Narita. Il y a 7 heures de décalage horaire entre la France et le Japon. Quand il est 10h en France, il est 17h au Japon.

 

 

Histoire de bagages


Nous sommes partis avec 150 kg de bagages ! Beaucoup de matériel scientifique, et en particulier un château de plomb de 46 Kg, qui couplé à une sonde nous permettra de mesurer le niveau de radioactivité interne des oiseaux capturés.

 

Audrey Sternalski © Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Merci à Jean-François Guerre-Chaley (PRP-ENV/SERIS/GARM) de nous avoir fabriqué ce cadeau empoisonné. Je plaisante bien entendu ! Nous sommes bien contents d’avoir ce matériel, Ô combien indispensable dans le cadre de ce projet. Tout comme les quelques 200 dosimètres passifs - pour mesurer le débit de dose ambiant - préparés par Nicolas Dubourg (PRP-ENV/SERIS/GARM), que j’ai transportés dans mon bagage à main.

 

A chaque contrôle de sécurité, j’expliquais que ce type de matériel ne devait absolument pas passer aux rayons X pour rester opérationnel.

Selon les aéroports, mais également selon l’interlocuteur du moment, la procédure est variable : parfois la police des frontières vient inspecter le matériel, d’autres fois un chien intervient également pour rechercher des traces d’explosifs. L’attente est plus ou moins longue. Mais jusqu’à présent, au cours de toutes les missions où j’ai été amené à transporter autant de dosimètres, par exemple quand je me rends à Tchernobyl, Tout se passe toujours bien.

 

Revenons au Japon ! Donc, une fois arrivé à l’aéroport de Narita nous avons laissé nos bagages en consigne : des sacs de 32 kg, avec des piquets, une tente… ne passent pas inaperçu. Quand nous avons montré aux responsables des consignes le « plomb », ce fut un grand moment d’étonnement et de rire. Puis, nous nous sommes rendus en tout premier lieu à l’Ambassade de France qui se trouve à Tokyo (2 heures de route), car en effet, avant de pouvoir louer une voiture, il est nécessaire de faire traduire son permis de conduire français en japonais.

 

Depuis la préparation de ce voyage et jusqu’à présent, nous bénéficions d’une aide précieuse de la part des membres du Service nucléaire de l’Ambassade de France au Japon. Plus précisément, Christophe Xerri, conseiller nucléaire et responsable de ce service, avec l’aide de tout son équipe, nous a grandement aidés concernant tous les aspects logistiques de cette mission. Le Service nucléaire a fait preuve d’une efficacité et d’une disponibilité remarquable qui a dépassé toutes nos espérances. A l’ambassade, nous avons été accueillis dans un premier temps par Keiko Mimata avec qui nous étions en contact étroit avant notre départ.

 

 

Un logement, qui tient lieu de labo


En outre, elle s’est occupée de nous trouver un logement. Un critère important était de disposer d’un logement avec un réfrigérateur et un congélateur, pour conserver un certain nombre d’échantillon biologique. Nous souhaitions également, si possible, un studio pour être plus libre dans notre organisation (heure libre des repas…) et disposer d’une certaine place pour installer un laboratoire de fortune.

 

Je vous fais grâce des nombreux échanges que nous avons eu pour trouver le logement idéal. On ne remerciera jamais assez Madame Keiko et l’ensemble du personnel du service nucléaire. Elle a même pensé à établir un abonnement d’un mois auprès d’un fournisseur d’accès à Internet pour que nous puissions  nous connecter sur le Web et ainsi accéder à nos emails. Pour louer ce studio, Keiko Mimata s’est adressé à une agence immobilière. Cette agence immobilière voulait des garanties au plus haut niveau. Le service nucléaire, au nom de l’Ambassade de France au Japon, s’est porté garant et a avancé pour nous le loyer.

 

 

Rencontre avec la culture japonaise


Le soir venu, Christophe Xerri, accompagné de son assistant technique, Eric Simon, nous a invités au restaurant. Ce fut l’occasion pour nous de bien expliquer en détail notre projet de recherche et d’en apprendre un peu plus sur les missions du Service nucléaire, mais également des us et coutumes au Japon. Bien entendu, dans la pure tradition japonaise, nous n’avons pas manqué d’offrir au « Service nucléaire » des petits cadeaux pour les remercier une nouvelle fois pour tout ce qu’ils avaient réalisé pour nous.

 

Dans un restaurant japonais © Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

 

Et encore de la route…


Le lendemain matin, deux post-doctorants (Shin et Satoe) nous ont pris en charge. Nous sommes restés deux jours en leur compagnie à Tokyo, puis ils nous ont conduits à notre nouveau logement, à 6 heures de route, avant de repartir. Shin et Satoe travaillent avec le Pr. Ueda (Laboratoire d’écologie animale, Université de Rikkyo, Tokyo) avec qui nous collaborons sur ce projet.

 

Audrey Sternalski et Shin, post-doctorant au Laboratoire d'écologie animale
de l'Université de Rikkyo à Tokyo © Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Leur aide est grandement appréciée. Je parle au présent, car même par email ou par téléphone, ils continuent à nous sortir de bien de situations inextricables ! Nous le verrons dans les prochaines nouvelles. En effet, il est très difficile de se faire comprendre, même en anglais, car il se trouve que peu de Japonais parle la langue de Shakespeare.

 

Avec Shin et Satoe, nous avons également rencontré le Pr. Watanabe (Université de Tsukuba) avec qui nous collaborons sur ce projet. Ce fut l’occasion de nous présenter de vive voix, et via un exposé oral, de présenter l’IRSN et le contenu précis de notre mission.  Et bien entendu, ils nous on fait découvrir la cuisine japonaise !

 

A bientôt pour d’autres nouvelles et cette fois-ci, je vous mènerai dans le vif du sujet : la capture d’oiseaux pour étudier les effets de la contamination de l’environnement par des substances radioactives sur leur physiologie.

 

Jean-Marc


 

Dernière modification le 20 juin 2012


Projet Freebird

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