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Récit de la mission Freebird 2012, épisode 6

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Jean-Marc Bonzom, chercheur en écotoxicologie, et Audrey Sternalski, post-doctorante, sont sur le terrain pour une durée d'un mois, à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi dans le cadre du projet Freebird (Fukushima Radiation Exposure and Effects in BIRD populations, ANR Flash Post Fukushima).

 

Leur mission : étudier, aux alentours de la centrale, les effets sur les oiseaux de la contamination de l’environnement par des substances radioactives.

 

Grâce au carnet de voyage scientifique tenu par Jean-Marc Bonzom, ils partagent quelques moments de leur activité de terrain.

 

Histoires de mésanges !

 

Dernièrement, nous avons trouvé des nichoirs accrochés à des arbres, le long d’une route qui traverse une forêt. Ils sont placés le long d’un gradient de contamination qui varie, environ, entre 4 et 23 µGy/h à 1 mètre du sol (au contact du sol, à certains endroits, il est possible de mesurer jusqu’à 48 µGy/h).

 

Nous avons eu la chance de rencontrer le propriétaire de ces nichoirs, M. Kazuya INOUE. Il travaille au service de surveillance de l’environnement du gouvernement local de la préfecture de Fukushima. A titre personnel, il désire savoir si les oiseaux viennent nicher, combien d’œuf ils pondent… Nous lui avons demandé si nous pouvions accéder aux nichoirs. Avec enthousiasme, il nous a donné l’autorisation de réaliser toutes les mesures que nous désirions. Ce n’était pas prévu dans notre programme, mais une telle opportunité ne se refuse pas. Surtout que nous avions envisagé d’installer de tels nichoirs, mais nous ne pouvions pas tout faire. Voilà une chance d’avoir quelques données !

 

 

En compagnie de Kazuya INOUE qui a installé 15 nichoirs le long d'un gradient

de contamination dans une forêt pour étudier le succès reproducteur des mésanges.

© Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que sur les 15 nichoirs accrochés à des arbres, 50% étaient occupés par des œufs ou des oisillons de mésanges. Ce taux d’occupation est relativement important, d’autant plus que ces nichoirs ont été mis tardivement : le 5 mai 2012. En général, les nichoirs sont placés en automne, c’est-à-dire bien avant la saison de reproduction qui débute en mars.

 

 

Oeufs de mésange dans un nichoir : les oeufs ont été identifiés et mesurés (masse et taille).

© Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Nous en profitons donc pour prendre plusieurs données. Les œufs sont identifiés en inscrivant sur la coquille une lettre au crayon gris, pesés et mesurés : longueur et largeur. Nous les pesons régulièrement pour évaluer leur croissance. Les oisillons sont pesés et leur taille estimée, en mesurant la longueur de l’aile. La couleur du bec est quantifiée. Une prise de sang est réalisée en vue de déterminer divers paramètres sanguins (hormones…).

 

Prélèvements dans un nichoir © IRSN

 

Un oisillon de mésange © Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Un oisillon de mésange à la pesée © Jean-Marc Bonzom/IRSN

 

Parfois, la mère est en train de couver. Nous pouvons donc la capturer dans le nichoir et réaliser toute une série de mesures, comme avec les oisillons. Bien évidemment, que ce soient les œufs ou les oisillons, après chaque manipulation, ils sont délicatement replacés dans les nids. Et la mère relâchée.

 

La radioactivité ambiante est aussi enregistrée, comme celle à l’intérieur des nichoirs en plaçant sur la face intérieure de la porte d’accès des nichoirs un dosimètre passif. La radioactivité interne des oisillons est également quantifiée.

 

Mesure de la radioactivité ambiante © Jean-Marc Bonzom/IRSN 

 

Même si pour cette année, ces données seront insuffisantes pour en tirer des conclusions définitives, ces premières informations sont très intéressantes pour la suite de ce programme de recherche. Dès à présent, nous pouvons déjà retenir qu’en installant des nichoirs d’un certain type, il est possible d’attirer des mésanges et d’obtenir un taux d’occupation non négligeable. Par la suite, il est aisé de suivre le succès de reproduction, de réaliser diverses mesures physiologiques sur les oisillons, la mère… et de relier ces effets avec le niveau de radioactivité ambiant et interne des oiseaux.

 

Voilà de belles perspectives de recherche !

 

A bientôt,

Jean-Marc

 

Dernière modification le 6 juillet 2012


Projet Freebird

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