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Le projet Cosea

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​Dernière mise à jour en juillet 2016

​Le projet de recherche en sciences humaines Cosea (Co-activité et sûreté en acte) vise à analyser au plus près des situations concrètes de chantier sur lesquels des équipes de cœurs de métier différents se retrouvent à travailler en même temps (i.e en situation de co-activité), et ce dans des contextes très contraints (souterrain, etc.) et présentant des enjeux de sécurité. Lancé par l'IRSN en décembre 2015 pour une durée de trois ans, le projet Cosea doit permettre de proposer des éléments de réflexion sur les risques liés à la co-activité et les outils susceptibles d’être mis en œuvre pour les prévenir. En lien avec le Centre de sociologie des organisations (CSO) de Sciences Po, l'Institut suit et observe le chantier de prolongement de la ligne de métro 14 de la RATP. Un partenariat tripartite a ainsi été signé. Les résultats de ce projet de recherche serviront notamment à nourrir les expertises que l’IRSN produit concernant la co-activité au sein du projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) et lors des chantiers de démantèlement des installations nucléaires.



Contexte et objectifs


Le projet Cigéo concerne le stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde. Il est conçu pour accueillir les déchets radioactifs de haute activité et à vie longue produits par l’ensemble des installations nucléaires françaises. En dehors des sujets classiques concernant la sûreté des  installations nucléaires (incendie, explosion, contamination, irradiation, séisme, tenue des ouvrages, criticité…), dans le cas de Cigéo, viennent s’ajouter des questions de sûreté  spécifiques, liées au fait que l’exploitation du stockage commencera en parallèle de la construction. Les équipes dédiées à l’exploitation de l’installation nucléaire et celles responsables du creusement et de l’équipement de nouvelles galeries dans les espaces souterrains se côtoieront. Les risques liés à cette co-activité doivent donc être étudiés et des dispositions visant à s’en prémunir doivent être mises en place par l’exploitant.


Dans une certaine mesure, les situations de démantèlement des installations nucléaires présentent également des risques liés à la co-activité. Dans ces situations, cohabitent des acteurs assurant les fonctions supports (ventilation, fluides, radioprotection…) nécessaires à l’exploitation et d’autres présents pour démonter et évacuer les équipements et structures de l’installation qui permettaient son fonctionnement.


Dans ce contexte, le projet Cosea vise à mieux comprendre les enjeux de la co-activité dans des environnements comparables à ces deux types de situations. Les objectifs  de l’IRSN dans ce cadre sont :

  • d’observer comment se crée et s’organise la co-activité dans les espaces de travail ;
  • d’étudier la spécificité des espaces « clos et indépendants » comme moyens de prévention de la co-activité entre zone de chantier et zone en exploitation ;
  • d’analyser le rapport aux risques et la maîtrise de la sécurité dans les espaces morcelés et mouvants que sont les chantiers.



Déroulement du projet


Le chantier de prolongement de la ligne 14 de la RATP que suit l'IRSN en collaboration avec le CSO, s’étale de septembre 2015 à mi-2019 et rassemble un grand nombre d’acteurs hétérogènes (étude/exploitation, exploitation/maintenance, etc.) amenés à se coordonner et à coopérer. L’Institut cherche à comprendre les ressorts et difficultés de cette coordination, la nature des problèmes à résoudre ainsi que la manière dont les acteurs y font face individuellement et collectivement. Le choix de ce chantier repose sur deux critères principaux :

  • la fréquence des situations de co-activité d’équipes de génie civil avec des équipes d’exploitation,
  • le déroulement du chantier dans des environnements très contraints (souterrain).


La démarche adoptée est essentiellement ethnographique et rassemble deux approches sociologiques distinctes : la sociologie des risques, qui s’interroge sur les perceptions sociales et individuelles du risque, et la sociologie du travail, qui s’intéresse aux modes de gouvernance, style de management, choix techniques et organisationnels, etc.


Des entretiens avec différents acteurs du chantier (responsables de production, de maintenance, conducteurs de travaux, chefs de chantiers, pilotes de tunnelier, compagnons) seront réalisés sur la base du volontariat. En parallèle, le déroulement d’un certain nombre d’opérations sera observé et un suivi photographique sera réalisé (trace visuelle de l’évolution).


La démarche tient compte :

  • de la conception et de l’organisation de ces situations de travail,
  • des modes de coopérations entre collègues d’une même entreprise et d’entreprises différentes et entre les différents niveaux hiérarchiques,
  • des caractéristiques de l’environnement souterrain (espace exigu, contraintes de ventilation et d’accessibilité, etc.),
  • de la configuration « chantier » dans laquelle les activités sont distribuées et dispersées dans le temps et l’espace.



Résultats attendus et finalités


Le projet Cosea doit permettre à l’Institut de construire un modèle d’évaluation des risques liés à la co-activité. Il devrait être utilisable pour l’évaluation de l’ensemble des situations à enjeux de sûreté mettant en présence un grand nombre d’acteurs « hétérogènes » susceptibles de poursuivre des objectifs et intérêts différents. Ce modèle devrait traiter plus particulièrement les questions suivantes :  

  • quels sont les risques associés à la zone  « chantier » susceptibles d’avoir un impact sur la sûreté de la zone en exploitation, et quelles sont les modalités de leur éventuelle « diffusion » à la zone en exploitation ?
  • quelles exigences peuvent être formulées au sujet des composants assurant la séparation des zones de chantier et d’exploitation et permettant de prévenir les risques de co-activité ?
  • quelles sont les dispositions organisationnelles à mettre en place afin d’assurer le  maintien du principe de chantier « clos et indépendant » ?


Pour la RATP, il s’agit de disposer d’un regard extérieur sur les pratiques de chantier afin de comprendre :

  • d’une part, les éventuels décalages entre ce qui est prescrit et les situations réelles,
  • d’autre part, les formes de régulations que mettent en œuvre localement les personnes pour répondre aux aléas et aux différents problèmes qu’ils ont à résoudre sur le terrain au quotidien.


Caractéristiques

​Dates : 2015-2018

Financement : Centre de sociologie des organisations (Sciences-Po, CNRS), IRSN

Partenaires : Centre de sociologie des organisations (Sciences-Po, CNRS), IRSN

Laboratoire IRSN impliqué

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