SharePoint
Aide
Faire avancer la sûreté nucléaire

La Recherchev2

 Programmes de recherche

 Le projet Priodac


Fermer

Authentification

Email :

Mot de passe :


Dernière mise à jour en septembre 2014



​Le projet PRIODAC (Prophylaxie répétée par l’iode stable en situation accidentelle), lancé en mars 2014 pour une durée de 5 ans et coordonné par l’IRSN, vise à déterminer les modalités d’administration d’iode stable aux personnes se trouvant dans une zone de rejets accidentels radioactifs répétés ou prolongés tels que ceux qui ont été observés à Fukushima. L’objectif est de déterminer la posologie et le rythme d’administration optimaux et d’évaluer les effets secondaires potentiels pour les différentes catégories de populations (nourrissons, enfants, adultes, femmes enceintes...). PRIODAC est un projet retenu et soutenu financièrement par l’Agence nationale de recherche (ANR) dans le cadre du programme Investissements d’avenir « nucléaire de demain » RSNR 2012.

 

 

Contexte et objectifs
 
Les accidents survenant sur le cœur du réacteur d’une centrale nucléaire ont pour conséquence le rejet dans l’environnement de fortes quantités de radioactivité sous forme de particules et de gaz, notamment du césium 134, du césium 137, de l’iode 131 et d’autres isotopes à vie courte de l’iode. Ces particules et gaz contaminent les territoires touchés par les dépôts et peuvent être inhalés par les populations exposées au panache. L’un des principaux risques de l’exposition aux différents isotopes de l’iode est l’apparition de cancers de la thyroïde, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants. Cette relation exposition/effet est en particulier observée depuis 1991 dans les territoires les plus contaminés par les retombées de l’accident de Tchernobyl en Biélorussie, Russie et Ukraine.
 
Afin de se prémunir d’une exposition aux iodes radioactifs, trois types de mesures de protection de la population peuvent être mise en œuvre : évacuation, mise à l’abri, administration de comprimés d’iode stable. Cette dernière mesure a pour objectif de saturer la glande thyroïde par de l’iode non radioactif afin d’éviter la fixation des iodes radioactifs du panache. En France, la « doctrine iode » préconise la prise unique – éventuellement renouvelable une fois en cas d’impossibilité d’évacuation des populations – de comprimés d’iodure de potassium qui, pour être efficace doit avoir lieu entre deux heures avant l’exposition et six heures après. Cependant, l’actuelle autorisation de mise sur le marché (AMM) des comprimés d’iode n’envisage pas la situation de populations exposées à des rejets répétés et/ou prolongés d’iodes radioactifs. Deux questions se posent : 1/ sur les conditions de prises répétées d’iode stable (effets secondaires, fréquence de prise, etc.), 2/ d’un point de vue réglementaire, sur la possibilité de faire évoluer l’AMM des comprimés d’iodure de potassium qui ne prévoit pour le moment qu’une prise unique, renouvelable éventuellement une fois.
 
Le projet PRIODAC vise à déterminer les modalités d’administration répétées d’iode stable en situation de rejets radioactifs chroniques, à faire évoluer l’actuelle AMM des comprimés d’iodure de potassium dosés à 65 mg, à évaluer les effets indésirables d’administrations répétées d’iode stable sur les grandes fonctions physiologiques de l’organisme (par exemple, fonction cardiovasculaire ou système nerveux central), et à acquérir de nouvelles connaissances sur les mécanismes moléculaires du métabolisme de l’iode. L’objectif final est de proposer aux autorités sanitaires de nouvelles solutions opérationnelles pour la prévention des expositions aux iodes radioactifs et de faire évoluer la « doctrine iode » en cours.
 
 
Axes de recherche et déroulement
 
Le premier axe de recherche vise à déterminer les modalités d’administration répétées d’iode stable et ses effets secondaires potentiels. Cet axe se décline en plusieurs tâches :
  • la détermination des conditions optimales d’administration répétées d’iodure de potassium à toutes les tranches d’âge de la population (quantité à administrer pour chaque prise, délai à respecter entre les prises, durée maximale du traitement) ;
  • l’évaluation des effets secondaires engendrés par ces administrations répétées, sur la thyroïde ainsi que sur le système cardiovasculaire, le système nerveux central, le système immunitaire, la fonction rénale ;
  • la réalisation de test de mutagénicité (capacité à provoquer des mutations génétiques) et des études BPL (Bonnes pratiques de laboratoire) de toxicologie, étape indispensable pour proposer une évolution de l’autorisation de mise sur le marché des comprimés d’iodure de potassium dosés à 65 mg.

 

Le deuxième axe de recherche a pour objectif d’acquérir de nouvelles connaissances sur la régulation du métabolisme de l’iode. Il se décline ainsi en plusieurs tâches :

  • l’étude du transfert de l’iode via le placenta ;
  • l’étude de l’élimination de l’iode par l’urine et les selles ;
  • la caractérisation des mécanismes moléculaires qui induisent la rétention des précurseurs hormonaux (les composés impliqués dans la production des hormones) ainsi que ceux qui inhibent l’accumulation de l’iode par effet Wolff-Chaïkoff (diminution de l’activité de la thyroïde suite à un afflux d’iode très important) ;
  • l’étude in vivo des inhibiteurs du transporteur de l’iode.
 
Les premiers résultats sont attendus d’ici cinq ans, avec, au terme du projet, la proposition de modifier l’actuelle autorisation de mise sur le marché des comprimés d’iodure de potassium et la proposition d’une nouvelle « doctrine iode » en cas d’accident nucléaire.


Caractéristiques

​Dates : mars 2014-février 2019

Partenaires : CEA, Université de Nice Sophia-Antipolis, Université d'Aix-Marseille, Pharmacie Centrale des Armées

Laboratoires IRSN impliqués

Résumé du projet

Contact