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La cohorte française des travailleurs du nucléaire d’EDF

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La cohorte française des travailleurs du nucléaire d’Electricité de France (EDF) inclut tous les agents statutaires d’EDF surveillés pour une exposition aux rayonnements ionisants et ayant travaillé au moins un an entre 1961 et 2003. Cette étude épidémiologique a été mise en place dans les années 1990 et son suivi est assuré par un comité scientifique constitué de représentants d’EDF et de l’IRSN. Elle est menée par les chercheurs du Laboratoire d’épidémiologie des rayonnements ionisants (LEPID) de l’IRSN dans le cadre d'une collaboration avec EDF.

 
Objectif : Connaître les risques de pathologies liées à une exposition chronique aux rayonnements ionisants (irradiation externe)  

Les études réalisées au sein de la cohorte française des travailleurs du nucléaire d’EDF visent à améliorer la connaissance des pathologies susceptibles de se développer tardivement après une exposition chronique aux rayonnements ionisants à faibles doses. Elles caractérisent le risque éventuel de mortalité pour différentes pathologies, en particulier pour le cancer du poumon et les leucémies, en fonction de l’exposition aux rayonnements ionisants et en tenant compte d’autres facteurs de risque potentiels tels que l’âge, le sexe et la catégorie socioprofessionnelle. Les études réalisées au sein de la cohorte sont conduites à des fins scientifiques et font l’objet d’une déclaration spécifique auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), autorisations 1185914 du 20/10/2006 et DR-2012-611 du 17/12/2012.
 

Description
En 2015, la cohorte est constituée de plus de 30 000 agents d’EDF ayant travaillé dans un centre nucléaire de production électrique (CNPE) pendant une période d’au moins un an entre 1961 et 2003, l’enregistrement des données dosimétriques individuelles ayant été réalisé à partir de 1961. Les données administratives (période d’emploi, type de travail, lieu de travail), le statut vital et, le cas échéant, les causes de décès sont recueillis pour chaque travailleur. À partir de ces informations anonymisées, des analyses statistiques permettant l’estimation des risques de mortalité en fonction de l’exposition aux rayonnements ionisants sont réalisées par le laboratoire d’épidémiologie de l’IRSN.
 

Principaux résultats
La constitution de la cohorte a connu trois étapes majeures. La cohorte initiale portait sur 22 393 agents d’EDF exposés aux rayonnements ionisants pour la première fois entre 1961 et 1994 (Rogel 2005). Puis la période de suivi de ces agents a été étendue de 1995 à 2003 (Rogel 2009, Laurent 2010). Enfin, la cohorte a été élargie aux 8 032 agents d’EDF ayant été exposés aux rayonnements ionisants pour la première fois entre 1994 et 2003. La cohorte complète inclut donc 30 425 agents d’EDF exposés aux rayonnements ionisants pour la première fois entre 1961 et 2003. Le travail de reconstitution du statut vital réalisé à ce jour (jusqu’au 31 décembre 2003) a permis d’obtenir un suivi moyen de 16 ans et un enregistrement de 892 décès.

Les analyses de cette cohorte ont permis d’observer un effet du « travailleur sain » très prononcé puisque la mortalité pour toutes causes confondues au sein de celle-ci est inférieure de moitié à celle de la population générale française. L’âge moyen des agents inclus est de 45 ans à la fin du suivi, ce qui ne permet pas encore d’observer la majeure partie de l’expression des risques de pathologies chroniques (cancers, maladies de l’appareil circulatoire). L’analyse par localisation de cancer ne montre pas d’excès statistiquement significatif par rapport à la population française. Des excès non statistiquement significatifs sont observés pour les cancers du pancréas, de la plèvre, du rein, et du cerveau.

La cohorte initiale des travailleurs d’EDF (période 1961-1994) a, par ailleurs, été intégrée dans un projet de recherche conçu par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) visant à analyser la mortalité de travailleurs de l’industrie nucléaire de 15 pays différents (Cardis 2007, Vrijheid 2007). Une augmentation statistiquement significative de la mortalité par cancer en fonction d’une exposition externe aux rayonnements ionisants a été mise en évidence sur plus de 400 000 travailleurs du nucléaire.

En 2012, les données des cohortes CEA-Areva NC (autre cohorte de travailleurs du nucléaire suivie par le LEPID) et des travailleurs d’EDF ont été regroupées. La cohorte conjointe ainsi constituée comprend près de 60 000 travailleurs suivis en moyenne sur 25 ans et constitue l’étude de travailleurs du nucléaire la plus importante réalisée en France. Cette cohorte conjointe a également été intégrée dans INWORKS , une nouvelle étude internationale sur les travailleurs du nucléaire coordonnée par le CIRC. Ce projet inclut les trois cohortes de travailleurs du nucléaire actuellement les plus informatives car présentant les meilleures puissances statistiques et qualités des données : les cohortes britanniques, américaines et françaises. L’IRSN est partenaire de ce projet.


Perspectives
Le suivi de la cohorte EDF se poursuit et va permettre le recueil de nouveaux facteurs de risque, ainsi que la collecte de nouvelles données de santé pour l’étude des risques sanitaires hors mortalité. Cette prolongation du suivi permettra aussi de confirmer ou non les excès de mortalité observés dans les analyses antérieures et d’étudier les pathologies susceptibles de se développer tardivement après une exposition aux rayonnements ionisants.

 
Références
  • Cardis E, Vrijheid M, Blettner M, et al. The 15-country collaborative study of cancer risk among radiation workers in the nuclear industry: estimates of radiation-related cancer risks. Radiat Res 2007; 167(4):396-416.
  • Laurent O, Metz-Flamant C, Rogel A, et al. Relationship between occupational exposure to ionizing radiation and mortality at the French electricity company, period 1961-2003. Int Arch Occup Environ Health 2010; 83(8):935-44.
  • Rogel A, Carré N, Amoros E, et al. Mortality of workers exposed to ionizing radiation at the French National Electricity Company. Am J Ind Med 2005; 47(1):72-82.
  • Rogel A, Joly K, Metz-Flamant C, Laurent O, Tirmarche M, Hubert D, Garcier Y, Laurier D. Cohorte des travailleurs du nucléaire à Electricité de France : Mortalité des agents statutaires sur la période 1968-2003. Rev Epidemiol Sante Publique 2009 ; 57(4):257-65.
  • Vrijheid M, Cardis E, Ashmore P, et al. Mortality from diseases other than cancer following low doses of ionizing radiation: results from the 15-Country Study of nuclear industry workers. Int J Epidemiol 2007; 36(5):1126-35.
  • Vrijheid M, Cardis E, Blettner M, et al. The 15-country collaborative study of cancer risk among radiation workers in the nuclear industry: design, epidemiological methods and descriptive results. Radiat Res 2007; 167(4):361-79.