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La protection de l’environnement contre les rayonnements ionisants vue par la CIPR.


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F. Bréchignac

Actes du Congrès SFRP, Montpellier, 11-13 juin 2003 (document in French)

Type de document > *Article de revue, *Congrès/colloque

Mots clés > radioprotection

Unité de recherche > IRSN/DEI/SECRE/LME

Auteurs > BRECHIGNAC François

Date de publication > 03/07/2003

Résumé

  Poussée par l’apparition de problèmes environnementaux de vaste ampleur, la protection de l’environnement est en train d’acquérir une place importante parmi les préoccupations des sociétés humaines. Les activités industrielles et économiques font l’expérience d’impacts qui s’avèrent néfastes, et qui parfois se révèlent tardivement, rendant difficile ou illusoire la mise en œuvre de mesures correctrices. On vise donc désormais une meilleure capacité d’anticipation assortie d’efforts de réglementation dans le but de promouvoir un développement qui soit « durable », c’est-à-dire s’attachant à équilibrer l’innovation technologique et la maîtrise des risques afférents. Ainsi, on réalise aujourd’hui toute la portée des relations que l’homme entretient, a toujours entretenu, et devra encore entretenir avec l’environnement dans lequel son espèce évolue, et à quel point sa santé se trouve liée à celle de l’environnement.

C’est dans ce contexte général que la radioprotection est aujourd’hui sollicitée pour répondre non plus seulement au seul objectif de protéger l’homme, mais aussi à celui de protéger l’environnement et les être vivants qui s’y trouvent. Ceci a conduit la Commission Internationale de Protection Radiologique à engager une ré-évaluation de sa position antérieure qui stipulait que la protection de l’homme assurait implicitement une protection suffisante de l’environnement. Etant restée dénuée de tout fondement scientifique explicite, cette affirmation n’a pu résister en particulier à l’identification de quelques contre-exemples. Ainsi, la Commission Principale de la CIPR, inspiratrice des principes mis en œuvre en radioprotection humaine, a formé en Mai 2000 un Groupe de Travail spécialement chargé d’examiner cette question. La lettre de mission de ce Groupe le chargeait de développer une approche et de suggérer un cadre pratique de protection de l’environnement qui soient tous deux fondés sur des principes scientifiques, éthiques et philosophiques. Les travaux de ce groupe ont été entrepris dans la perspective d’alimenter les débats de la Commission Principale qui se prépare à ré-actualiser ses recommandations à l’horizon 2005.

Le résultat de la première étape de ces travaux a été récemment publié par la CIPR et cette communication présentera dans ses grandes lignes l’approche qu’elle suggère. Fortement inspirée des principes actuels de la radioprotection humaine, elle est aussi attentive aux principes généraux qui guident la protection de l’environnement dans les domaines non-nucléaires. Il s’agit d’une démarche fondée sur une approche dosimétrique de l’exposition appliquée à quelques « organismes de référence » destinés à réduire la complexité de la biodiversité vivante, tant du point de vue de la géométrie des organismes que de celui de leurs modes de vie ou de leur appartenance à des groupes fonctionnels ou des écosystèmes différents. Une quantification des effets stochastiques étant jugée prématurée en regard de l’information scientifique disponible pour la faune et la flore, les cibles d’effet destinées à quantifier le risque ont été rassemblées dans quatre catégories pertinentes : la mortalité, la morbidité, le succès des processus de reproduction et les effets cytogénétiques. Pour des raisons pratiques, l’analyse du risque ainsi entreprise est centrée sur l’individu, et devra ensuite être étendue aux niveaux supérieurs d’organisation, populations et écosystèmes. Enfin, partant de la référence correspondant au niveau de radiation naturelle, la définition de différentes « bandes de niveaux de dose à considérer » est proposée pour classer l’intensité du risque, et définir les mesures appropriées à chaque bande.