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Les retombées de l'accident de Tchernobyl en Corse : contamination de la chaîne alimentaire et doses à la thyroïde associées


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P. Renaud, D. Robeau, M. Vidal, L. Pourcelot
Rapport IRSN/02-22, juin 2002

Type de document > *Rapport/contribution à GT (papier ou CD-Rom)

Mots clés > radioprotection, césium, Corse, dose, Tchernobyl, thyroïde

Unité de recherche > IRSN/DEI/SESURE/LERCM

Auteurs > POURCELOT Laurent, RENAUD Philippe

Date de publication > 03/06/2002

Résumé

L'évolution de la contamination en iode 131 et en césium 137 des denrées produites en Corse en 1986 peut ìtre reconstituée à partir des quelques mesures de ces radionucléides dans les produits agricoles locaux effectuées dans les trois mois qui ont suivi les dépôts. Cette contamination peut aussi être calculée à partir des estimations des dépôts radioactifs obtenues par l'IPSN sur le territoire corse. Comme cela a déjá été fait pour estimer la contamination moyenne des chaînes alimentaires dans les autres départements, l'utilisation du modèle ASTRAL permet de vérifier la cohérence des mesures entre elles et de reconstituer les évolutions complètes des activités dans les denrées, ponctuellement validées par les mesures disponibles.

Cet ensemble de mesures et de modélisation confirme que les départements corses font partie des départements où les retombées de l'accident de Tchernobyl ont été les plus importantes. C'est notamment le cas de la plaine orientale de l'île où les dépôts d'iode 131 ont pu atteindre 400 000 Bq.m-2 et oú les activités en iode 131 du lait de chèvre et des légumes feuilles ont pu atteindre respectivement 100 000 Bq.l-1 et 20 000 Bq.kg-1.

Pour pouvoir établir une évaluation réaliste des risques sanitaires liés à ces retombées, il faudrait disposer, au delà de l'évaluation de la contamination des denrées alimentaires locales, de données suffisamment précises concernant la proportion de produits frais consommés, la provenance des aliments, les délais de consommation et le recensement par classe d'âge des enfants ayant résidé dans la région Corse à cette époque. Avec les connaissances actuelles, quelques points de comparaison avec des études comme celles réalisées dans l'est de la France peuvent toutefois être établis.

Pour une majorité des enfants présents en Corse entre mai et juillet 1986, les doses à la thyroïde n'ont pas dû dépasser de manière importante la dose moyenne des enfants de l'est de la France, soit 10 mSv. Des doses plus importantes ont pu être reçues par des enfants qui, à cette époque, ont consommé des produits frais provenant des zones où les dépôts ont été les plus forts comme la plaine orientale ou par des enfants qui avaient un régime alimentaire particulier.

En Balagne, où les dépôts ont été similaires à ceux de l'est de la France, la charge thyroïdienne en iode d'un jeune garçon de 13 ans (en 1986) ayant ce type de régime alimentaire particulier, a été mesuré début juillet 1986. Elle confirme la cohérence entre les mesures et les estimations des transferts dans les chaînes alimentaires. Cette mesure d'activité thyroïdienne correspond bien à une consommation modérée mais régulière de produits locaux parmi lesquels du lait ou du fromage de chèvre, produits ayant également fait l'objet de mesures. Elle fournit également un élément de validation des évaluations dosimétriques. Ainsi, la dose à la thyroïde du jeune garçon de Balagne a été de l'ordre de 18,5 ± 8,5 mSv. Cette dose est cohérente avec ce régime alimentaire particulier et avec l'intensité des dépôts radioactifs ayant affecté la zone d'élevage caprin de la Balagne.

Des doses à la thyroïde plus élevées ont pu être reçues par des enfants ayant consommé du lait ou du fromage de chèvre et des produits frais provenant des zones les plus touchées comme la plaine orientale. Dans ce cas, les doses à la thyroïde ont pu dépasser 50 mSv et atteindre 150 mSv.