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Radioactivité artificielle dans les eaux du Rhône aval. Conséquences des crues sur les niveaux d’activité des eaux et sur les flux à la mer.


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Frédérique Eyrolle, Rolland Benoît, Christelle Antonelli et J.M. Métivier
Environnement, risques et santé, Vol.5, N°2, 83-92

Type de document > *Article de revue

Mots clés > crue, eaux douces/de mer, environnement, radioactivité, sédiment

Unité de recherche > IRSN/DEI/SESURE/LERCM

Auteurs > ANTONELLI Christelle, EYROLLE Frédérique, METIVIER Jean-Michel

Date de publication > 23/03/2006

Résumé

Malgré la mise en place de stratégies analytiques permettant d’atteindre des niveaux de détection des radionucléides artificiels de l’ordre de quelques centièmes de milli-becquerels par litre d’eau filtrée, les seuls radionucléides artificiels émetteurs gamma aujourd’hui régulièrement détectés dans les échantillons d’eau du Rhône aval sont les 137Cs, 60Co et 241Am. Depuis le démarrage des opérations de démantèlement de l’usine de retraitement du combustible irradié de COGEMA-Marcoule, fin 1997, des éléments radioactifs tels que les 51Cr, 54Mn, 63Ni, 110mAg et 65Zn, sont régulièrement répertoriés dans la liste des éléments rejetés réglementairement. Ces derniers éléments ont été émis dans le Rhône à des niveaux 10 à 1000 fois inférieurs à ceux du 137Cs ou du 60Co. A l’échelle du bassin rhodanien, les rejets liquides du complexe de Marcoule ne constituent plus le terme source prépondérant de 137Cs, radionucléide artificiel également introduits dans le Rhône via le drainage des sols de son bassin versant marqué par les retombées atmosphériques des tirs aériens effectués par le passé et de l’accident de Tchernobyl.
Nos derniers travaux soulignent, qu’actuellement, les épisodes de crue du Rhône peuvent générer une augmentation de plus de deux ordres de grandeur des activités volumiques en 137Cs dans les eaux du Rhône aval par apport de matières en suspension marquées issues du bassin versant mais également issues de reprises sédimentaires. Les crues sont également à l’origine de flux importants de matière et
de contaminants associés vers la mer Méditerranée. Ainsi, d’août 2002 à août 2003, parmi les 173±22 GBq de 137Cs qui ont été exportés vers la mer, 111±9 GBq l’ont été durant les deux épisodes extrêmes de crue de septembre et novembre 2002, soit plus de 60% de l’export annuel exporté en seulement 15 jours, et près de dix fois les quantités de 137Cs rejetées aujourd’hui annuellement par Marcoule. La contribution à ces flux du remaniement des stocks sédimentaires du Rhône, marqués continuellement par les rejets liquides du centre de retraitement au cours des quarante dernières années, fait aujourd’hui l’objet de travaux de recherches spécifiques.