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Les lacs tueurs - dégazage des lacs volcaniques sous surveillance


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J.C. Sabroux - revue Pour la science - Avril/Juin 2006 - p. 36 - 37

Type de document > *Article de revue

Mots clés > géologie, risque

Unité de recherche > IRSN/DSU/SERAC

Auteurs > SABROUX Jean-Christophe

Date de publication > 03/04/2006

Résumé

En août 1986, la catastrophe du lac Nyos frappa le monde de stupeur. On croyait connaître toute la panoplie de phénomènes dont la nature dispose pour affecter l'humanité : catastrophes telluriques, météorologiques.. . On ignorait qu'elle puisse utiliser une arme bannie des champs de bataille : les gaz. Dans plusieurs villages d'une région montagneuse et difficile d'accès du nord-ouest du Cameroun, on découvrit les corps sans vie de 1 800 paysans et de leur bétail. Quel était cet ennemi invisible qui avait laissé intactes de frêles constructions, et aucune trace dans le paysage ? Très vite on identifia le coupable : un lac d'origine volcanique surplombe les villages sinistrés. Ses eaux turquoise avaient tourné au rouge brun, et des vagues gigantesques avaient dévasté ses rives. Un gaz mortel plus dense que l'air est sorti des eaux et s'est écoulé à 70 kilomètres par heure dans les vallées qui drainent le lac sur plus de 20 kilomètres de distance. II a asphyxié les paysans et les villageois camerounais dans leur sommeil. Ce gaz n'est autre que le dioxyde de carbone. Lorsqu'il est en concentration suffisante, il réduit la teneur en oxygène de l'air. L'exposition à une concentration de dix pour cent de gaz carbonique entraîne la mort en quelques minutes. A l'inverse, les grandes quantités de gaz carbonique n'ont pas affecté les plantes, car elles peuvent vivre pendant un certain temps sans oxygène. La région du lac Nyos est connue pour ses nombreuses sources de dioxyde de carbone. Celles-ci sont la manifestation tardive d'un volcanisme régional encore actif au mont Cameroun, qui est situé 300 kilomètres plus au sud. Les eaux du lac Nyos comblent un maar basaltique, c'est-à-dire un cratère qui s'est formé à la suite de l'explosion d'une nappe phréatique au contact d'une intrusion de lave basaltique. Elles reposent sur un bouchon de magma refroidi. Celui-ci libère du dioxyde de carbone, qui remonte jusqu'au lac. Les eaux contenaient-elles le gaz mortel sous forme dissoute, ou celui-ci était-il stocké dans une poche souterraine située sous le lac ?

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