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Le césium 137 : un perturbateur de la fonction physiologique ?


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Environnement, risques et santé / Volume 12, numéro 2, mars-avril 2013

Type de document > *Article de revue

Mots clés >

Unité de recherche > IRSN/PRP-HOM/SRBE/LRTOX

Auteurs > SOUIDI Maâmar, GRISON Stéphane, DUBLINEAU Isabelle, AIGUEPERSE Jocelyne, LESTAEVEL Philippe

Date de publication > 01/03/2013

Résumé

Aujourd'hui, dans le monde et particulièrement en France, la radioprotection est devenue un des enjeux majeurs pour la filière nucléaire. En effet, la catastrophe de Fukushima Daichi en 2011 a fait ressurgir une nouvelle fois les interrogations sur le risque lié au nucléaire civil. Le risque de rejet accidentel de molécules radioactives, notamment le césium 137 (137Cs), ne peut pas ^etre totalement éliminé au niveau de telles installations. Les conséquences sanitaires postaccidentelles d'une exposition chronique à ce radionucléide en termes d'effets biologiques non cancéreux restent encore mal connues. Après absorption, 137Cs se distribue de façon homogène dans l'organisme et sa toxicité résulte essentiellement de ses propriétés radiologiques. Des études chez l'homme ont rapporté que le 137Cs induit une atteinte du système immunitaire, des malformations congénitales ainsi que des troubles neurologiques. Il semblerait aussi que les enfants soient plus sensibles aux effets toxiques du 137Cs que les adultes. Chez l'animal, et plus particulièrement chez le rongeur, une contamination interne à faible dose par le 137Cs entraîne des perturbations du cycle veille-sommeil, mais sans troubles comportementaux.

 

Une atteinte du système cardiovasculaire a également été observée. Des systèmes physiologiques tels que lesmétabolismes de la vitamineD, du cholestérol et des hormones stéroïdiennes sont modifiés, mais sans l'apparition de pathologies avec symptomatologie clinique. Récemment, une étude métabolomique basée sur des niveaux de contamination postaccidentelle comparable à celle de l'environnement proche de Tchernobyl ont permis de montrer qu'il était possible d'identifier des rats contaminés chroniquement par de faibles doses de 137Cs, alors que les taux de marqueurs cliniques classiques n'étaient pas affectés. En conclusion, les données scientifiques actuellement disponibles, et plus particulièrement les données décrites sur des modèles expérimentaux, après contamination chronique, suggèrent que le 137Cs est susceptible d'affecter de nombreuses fonctions physiologiques et métaboliques. Ainsi, il pourrait contribuer, avec d'autres substances artificielles présentes dans l'environnement, à l'augmentation des risques d'apparition de pathologies non cancéreuses dans certaines régions du globe.