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Faire avancer la sûreté nucléaire

La Recherchev2

RST 2008

L’homme et les rayonnements ionisants

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La radioprotection de l’homme est un domaine qui sollicite des compétences pluridisciplinaires et très complémentaires. Un tel plateau technique s’est avéré indispensable à la bonne réalisation de l’expertise d’incidents ou d’accidents radiologiques survenus récemment. Le retour d’expérience de ces événements a fait la preuve qu’une expertise de qualité, rapide et efficace, ne peut s’opérer que dans un environnement technique performant qui s’appuie sur des programmes de recherche dynamiques.

 

  • L’IRSN s’est fait depuis de nombreuses années une renommée, tant nationale qu’internationale, dans la gestion médicale des accidents d’irradiation. Des équipes pluridisciplinaires ont permis, dans plusieurs cas concrets, de faire une expertise sur les causes et les conséquences médicales et sanitaires des accidents. Le premier article de ce chapitre retrace les derniers accidents survenus en radiothérapie et en radiochirurgie, et présente les recherches de l’Institut sur les mécanismes biologiques des complications des traitements de radiothérapie. Le retour d’expérience des expertises de ces accidents a effectivement souligné l’importance de maintenir une recherche active dans ce domaine. Les travaux en radiopathologie devraient, dans les années à venir, renforcer les connaissances à la fois sur les risques inhérents à la radiothérapie, mais également sur l’utilisation de la thérapie cellulaire dans le traitement des brûlures radiologiques.

 

  • L’estimation de la dose reçue au niveau de l’organisme ou de l’organe cible demeure encore aujourd’hui une difficulté dans les situations de contamination interne. Il est donc primordial de connaître précisément la localisation et le temps de résidence des radionucléides dans l’organisme. Depuis plusieurs années, l’Institut poursuit ses recherches sur l’utilisation de techniques innovantes pour améliorer l’évaluation du risque dans de telles situations d’exposition. L’article sur la microscopie ionique analytique met en valeur les travaux de recherche qui ont permis de déterminer les sites d’accumulation préférentiels de l’uranium à l’échelle tissulaire et cellulaire. Sur des modèles expérimentaux mis en place dans le cadre du programme ENVIRHOM (versant santé et environnement), des cartographies très précises situant la microlocalisation de l’uranium au sein de divers organes sensibles ont été pour la première fois réalisées, grâce à l’analyse par microscopie ionique analytique. Ce type d’études devrait permettre de mieux appréhender à la fois les mécanismes biologiques mis en jeu, mais également les conséquences physiologiques, voire pathologiques des phénomènes de bioaccumulation de radionucléides.

 

  • L’impact sanitaire et environnemental des installations nucléaires représente une question récurrente sur les effets des faibles doses. Si toutes les classes de population sont concernées, la population infantile est particulièrement étudiée. Une publication allemande, parue fin 2007, a déclaré un risque accru de leucémies chez les enfants (0 à 4 ans) résidant à moins de 5 km des installations. L’IRSN a réalisé, à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire, une revue critique des études publiées dans ce domaine. Il en ressort que de nombreux travaux ont cherché à expliquer des excès de leucémies observés localement autour de certains sites nucléaires en s’intéressant à de multiples facteurs de risque potentiels. Ces études, de natures très diverses, présentent le plus souvent des limites méthodologiques qui rendent difficile la mise en évidence d’un lien de causalité. Même si l’hypothèse infectieuse liée au brassage de population autour des sites nucléaires semble la plus étayée, la détermination des causes des excès de leucémies observés localement est limitée par un manque de connaissances sur les facteurs de risque des leucémies infantiles. C’est dans ce domaine que devraient être initiées des études épidémiologiques de grande ampleur, au niveau national ou international.

 

Manipulatrice d'appareil de radiologie (ici un scanner) : le suivi de l'exposition des travailleurs est une des préoccupations m
 
  • Le suivi de l’exposition des travailleurs est une des préoccupations majeures de l’Institut. Au travers de ses diverses activités, l’IRSN a le souci d’améliorer en permanence ses compétences dans l’estimation des doses reçues. La mise en place récente de nouveaux outils d’évaluation des risques reflète cette volonté. Ainsi, le dernier article décrit la méthodologie qui a été mise en place pour mieux estimer les éventuels effets cancérigènes d’une contamination interne chez les travailleurs de l’industrie nucléaire française (Areva). De nouvelles investigations ont été menées pour évaluer rétrospectivement, aux différents postes de travail, l’exposition à l’uranium et aux produits chimiques associés. La création d’une base de données appelée « matrice emploi-exposition » (MEE) a permis une reconstitution des expositions individuelles. Dans un contexte d’absence de données individuelles d’exposition interne, la MEE constitue une alternative pour l’évaluation rétrospective de cette exposition. Elle peut facilement être transposée à d’autres établissements de l’industrie nucléaire. Cette approche permettra d’envisager de nouvelles études épidémiologiques, dont le but est de mieux quantifier les risques associés aux expositions des travailleurs aux rayonnements ionisants.

 

Patrick GOURMELON
Direction de la radioprotection de l’homme