Le radon 222 (1), gaz radioactif de la chaîne de désintégration de l’uranium 238, est présent naturellement dans la croûte terrestre. Certains types de roches, notamment le granit, en contiennent davantage. Une partie du radon ainsi produit peut être transférée vers l’atmosphère, via la porosité des roches et du sol. Il peut également être dissous dans l’eau qui stagne ou circule dans les roches. Ces deux modes de propagation lui permettent, malgré sa période radioactive relativement courte de 3,82 jours (pour le radon 222 ; période au bout de laquelle la radioactivité initiale du radon est diminuée de moitié) d’entrer en contact avec la surface et ainsi entraîner une exposition de l’Homme.
Tout comme l’aération des bâtiments permet d’éviter l’accumulation de radon dans l’air, le dégazage de l’eau (eau du robinet qui a reposé quelques heures à l’air libre) atténue presque totalement le risque d’exposition par ingestion. Ainsi, pour les usages courants, le risque lié à l’ingestion d’eau contenant du radon est beaucoup plus faible que celui issu de l’inhalation au sein de locaux mal aérés (2).
En France, la politique de prévention du risque sanitaire associé au radon repose essentiellement sur la réduction du radon dans l’air ambiant des espaces confinés. Cette politique prend en compte de fait le radon dissous dans l'eau puisque son dégazage rapide contribue à la concentration en radon de l'atmosphère des locaux où cette eau arrive au robinet. Actuellement, pour les eaux destinées à la consommation humaine, la réglementation n'aborde pas explicitement la question du radon et de ses descendants radioactifs à vie courte.
Les effets sanitaires liés à l’ingestion de radon dans l’eau sont globalement moins étudiés que ceux dus à l’inhalation du radon dans l’air et il convient de rester prudent dans l’interprétation des résultats des quelques études disponibles.
Pour en savoir plus, téléchargez les fiches "radon dans l'eau" :
Caractéristiques physiques
Conséquences dosimétriques et sanitaires de l'ingestion de radon dissous dans l'eau de boisson
Aspects réglementaires
Notes :
1- Classé cancérigène par le CIRC.
2- Aucune étude épidémiologique n'a mis en évidence de lien direct entre l'ingestion de radon par l'eau de boisson et son effet cancérigène.