Plus de 400 sondes couvriront bientôt le territoire français pour surveiller les élévations inhabituelles de rayonnement gamma dans l’air. Fukushima a conduit à accélérer le déploiement des sondes outre-mer.
L’Institut a lancé un vaste programme de rénovation de son réseau Téléray, dispositif de télésurveillance du rayonnement gamma ambiant en France. Il consiste à renouveler le parc de balises vieillissant par des équipements de nouvelle génération et à fiabiliser la transmission des données.
D’ici à 2015, 420 nouvelles balises seront installées par l’Institut, dans un rayon de 10 à 30 km autour des installations nucléaires ainsi que dans chaque département. La première génération de balises sentinelles avait été installée après l’accident de Tchernobyl.
Aujourd’hui, place au redéploiement et à la modernisation.
Notre pays comptera à terme près d’un millier de points de télésurveillance, en incluant les sondes installées par les exploitants autour des centrales nucléaires.
Ce maillage à la fois mieux réparti et plus serré s’accompagne d’un saut technologique. Un nouveau type de sonde est adopté, des compteurs proportionnels se substituant aux compteurs Geiger Müller pour une plus grande précision des mesures. Le système de transmission reliant chaque sonde à la salle de télésurveillance du Vésinet (Yvelines) est modernisé, avec une ligne ADSL privatisée.
Enfin, le système de supervision des sondes, couplé au système d’astreinte 24 heures sur 24, est lui aussi rénové. Il sera plus évolutif et permettra d’accueillir d’autres types d’équipements.
Suivre la radioactivité ambiante en quasi temps réel
L’accident de la centrale de Fukushima a d’ores et déjà permis de tester ce nouveau système et d’accélérer son déploiement outre-mer.
« À l’annonce de l’accident, nous avons bousculé notre planning d’installation des nouvelles sondes dans les Drom-Com [1], où il était prévu de remplacer l’ancien matériel », se souvient Nathalie Chaptal-Gradoz, spécialiste de la surveillance radiologique de l’environnement à l’IRSN.
Valise diplomatique, recours à la gendarmerie nationale, coopération interministérielle : les sondes ont été mises en place dans un temps record. L’ambassade de France à Tokyo a été équipée d’une balise nouvelle génération, dès le 18 mars, à peine une semaine après la catastrophe.
Ces sondes étaient en mesure de détecter toute élévation anormale de radioactivité dans l’air, à raison d’une mesure toutes les cinq minutes, envoyée au poste de supervision du Vésinet. En temps normal, seule la moyenne quotidienne des mesures de chaque sonde est publiée sur le portail de surveillance de l’environnement du site Internet de l’IRSN.
« À l’approche des masses d’air contaminées en France, notre site a été saturé » raconte Nathalie Chaptal-Gradoz. « Nous avons dû ouvrir un site dédié au suivi de Fukushima. Nous en avons profité pour donner des mesures mises à jour environ toutes les quatre heures, publiées à une fréquence non plus quotidienne mais horaire. Cela a permis aux internautes de suivre en quasi temps réel le niveau de rayonnement sur tout le territoire. »
Finalement, les sondes de Téléray n’ont rien détecté d’anormal, les niveaux de rayonnement émis par les masses d’air contaminées étant trop faibles. Mais elles ont offert à tous une information transparente.
Le réseau Téléray en 2015
Note :
1- Départements et régions d’outre-mer, collectivités d’outre-mer.