L’accident de Tchernobyl a conduit à évaluer la sûreté des réacteurs nucléaires des pays de l’Europe de l’Est dès que la coopération entre ces pays et les pays occidentaux est réellement devenue possible, au début des années 90. Des points faibles ont été mis en évidence dans la conception des réacteurs, la qualité de leur construction et la fiabilité de leur exploitation. Quant au site même, 20 ans après l’accident, il ne produit plus d’électricité ce qui réduit fortement les risques. Il faut encore parfaire la sécurisation du réacteur accidenté et procéder au démantèlement des trois tranches non accidentées.
On peut ici rappeler le scénario de ce 26 avril 1986.
À l’Est, des leçons ont été tirées au niveau des réacteurs eux-mêmes, aussi bien les réacteurs RBMK (le type des réacteurs installés à Tchernobyl) que les réacteurs à eau pressurisée (les VVER, dont la conception d’ensemble se rapproche de celle des réacteurs occidentaux). La modernisation des réacteurs, mais aussi l’amélioration de leur exploitation et de leur contrôle, ainsi que le devenir du site ont fait l’objet de programmes d’aide et de coopération internationale, notamment européenne, ainsi que d’une initiative franco-allemande. Il est indispensable que ces programmes soient poursuivis, que la vigilance ne s’étiole pas et que les pays de l’Europe de l’Est parviennent à assurer un niveau de sécurité satisfaisant de leurs installations nucléaires.
À l’Ouest, la sûreté des centrales s’est améliorée au cours des 20 dernières années. L’accident de Tchernobyl a plus spécialement relancé les études sur les accidents de réactivité. Des recherches poussées ont débouché sur un résultat nouveau : les périodes d’arrêts programmés des réacteurs présentent des dangers. On a notamment trouvé des séquences accidentelles mettant en jeu la dilution du bore, un élément permettant la maîtrise de la réaction nucléaire. Des travaux initiés après l’accident de Three Mile Island ont abouti à la réduction des conséquences d’un possible accident, notamment le passage des éventuels rejets dans un filtre qui réduit leur nocivité et la mise en service de recombineurs pour éviter une explosiond’hydrogène.
D’autres études ont été menées sur les accidents graves. C’est ainsi que le programme Phébus PF a étudié les produits de fission. L’IRSN est reconnu mondialement dans ce domaine des accidents graves et, pour cette raison, a été choisi pour diriger un réseau d’excellence européen, le réseau SARNET. D’autres programmes internationaux ont également été lancés.
Ces études ont amené des évolutions de la conception des réacteurs, tout particulièrement du réacteur EPR.
La notion de culture de sûreté est un produit direct de l’accident de Tchernobyl. Elle a été reprise par tous les secteurs exposés à des risques importants. Cette notion, délicate à cerner, met l’accent sur les responsabilités partagées de la gestion des risques. Partagées entre l’ingénierie, le personnel d’exploitation, les managers, les directions, les organismes de contrôle et l’État.