En matière de gestion de crise, l’accident de Tchernobyl appelle plusieurs constats. Ces constats intéressent l’Union Soviétique, l’Europe et la France. Globalement, il apparaît que personne n’était correctement préparé pour une telle crise.
En France, des leçons en matière de gestion de crise ont été tirées à divers niveaux. Elles concernent d’abord les capacités de mesure de la radioactivité dans l’environnement — qui sont évidemment cruciales. Les réseaux de surveillance de la radioactivité ambiante ont été particulièrement développés. De nouvelles méthodes d’expertise de crise ont également été développée et sont mises en œuvre lors d’exercices réguliers, ce qui fait probablement du nucléaire un des secteurs industriels aujourd’hui les mieux préparés à gérer une situation d’urgence d’origine accidentelle.
La gestion à moyen et à long terme, après un accident nucléaire, est plus complexe. La doctrine française est en cours d’élaboration. Elle impliquera une organisation différente de celle de la situation d’urgence. Elle prendra en compte les leçons tirées de l’accident de Tchernobyl en général, dans les pays de l’Est, au niveau des institutions internationales (notamment les exercices internationaux INEX organisés par l’Agence pour l’Energie Nucléaire de l’OCDE), ainsi que des programmes internationaux susceptibles d’améliorer la gestion post-accidentelle (Euranos, CORE).