La catastrophe de Tchernobyl amène plusieurs constats dans le domaine de la transparence et de l’information.
S’agissant du domaine de compétence de l’IRSN et des retombées de Tchernobyl en France, on peut faire un triple constat :
- l’évaluation et la gestion du risque radiologique n’étaient pas séparées ;
- les mesures de radioactivité ont été handicapées par un manque de préparation et de moyens, et la restitution de ces mesures a été limitée ;
- il y a eu peu d’échanges d’information entre les différents pays impliqués.
Des leçons ont été tirées de ces constats tant au niveau international qu’au niveau français. Quatre conventions internationales ont été signées sur :
- la notification rapide d’un éventuel accident nucléaire ;
- la sûreté nucléaire ;
- l’assistance mutuelle ;
- la gestion des déchets et des combustibles usagés.
Outre les conventions qui les lient, les pays coopèrent activement au jour le jour, l’accident de Tchernobyl ayant renforcé leur engagement dans cette coopération. Deux organismes internationaux travaillent principalement, aux côtés d’autres, à la sûreté nucléaire : l’AEN et l’AIEA (l’Agence pour l’EnergieNucléaire de l’OCDE et l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique respectivement). Ces deux institutions ont des rôles complémentaires.
Afin de mieux informer le public des incidents et accidents, une échelle de gravité des risques a été élaborée en France pour être ensuite reprise, avec quelques modifications au niveau international. Un Système de notification des incidents (IRS) fournit une information réciproque au niveau international. Les événements étant notifiés, on peut donc les évaluer, analyser leurs causes premières et en tirer des enseignements du point de vue de la sûreté (pour en savoir plus).
En France, les institutions qui contrôlent les activités nucléaires ont évolué jusqu’à la mise en place d’une loi sur la transparence dans le nucléaire. À côté des industriels, de l’Autorité de Sûreté, et de l’institut public d’expertise nucléaire (aujourd’hui l’IRSN), un tissu associatif riche s’est créé donnant ainsi plus de poids à un acteur important : le public.
La confiance en les autorités et la crédibilité de l’information peuvent se mesurer. Le Baromètre IRSN des risques réalise chaque année un sondage qui révèle des structures relativement stables de la perception des risques par les Français. Le secteur nucléaire n’y apparaît pas comme un bloc homogène. Les retombées de Tchernobyl y recueillent les plus mauvais scores de confiance et de crédibilité. Les scientifiques et les experts y apparaissent comme les sources les plus compétentes aux yeux des Français (avec un bon score de confiance), alors que les associations sont considérées comme disant la vérité (avec un bon score de compétence).
D’une façon plus générale, la transparence et l’information évoluent de façon positive dans le monde et en France. C’est ainsi que notre pays a signé la convention d’Aarhus et que deux directives européennes sur l’information ont été promulguées par l’Europe. Indépendamment de ces textes internationaux, la législation française a créé une Commission nationale du débat public et trois débats publics récents ont concerné le secteur nucléaire. Les exploitants ont également évolué dans ce sens. L’Autorité de Sûreté française publie une revue riche et ouverte, la revue Contrôle, et les organisations internationales, comme l’Agence de l’Énergie Nucléaire, organisent un forum sur la confiance des parties prenantes. De son côté, l’IRSN met en œuvre des démarches innovantes d’implication du public.