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Incident à l'usine Socatri de Tricastin

Origine du marquage en uranium dans la nappe phréatique de la plaine du Tricastin

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L’étude menée par l’IRSN, à la suite de l’incident de Socatri en 2008, conclut que, alors que les valeurs plus élevées en uranium observées dans la nappe alluviale sur la commune de Bollène sont vraisemblablement liées à l’activité passée du site nucléaire, celles observées sur la commune de Lapalud seraient d’origine naturelle.

Suite au déversement accidentel dans l’environnement d’une solution contenant de l’uranium, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 dans l’usine SOCATRI (site nucléaire du Tricastin) et en réponse à une saisine du Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, l’IRSN a mené une campagne de mesures d’uranium dans les eaux de la nappe autour du site nucléaire du Tricastin en y faisant participer des associations et des laboratoires environnementaux locaux.

 

Les principales étapes de l'étude sur le site du Tricastin

Les étapes chronologiques de l'étude. © Art Presse/IRSN  

Une première étude, menée en 2007, mettait déjà en évidence des teneurs en uranium plus élevées qu’attendu en quelques points de la nappe phréatique de la plaine du Tricastin. L’IRSN, en partenariat avec AREVA et les DDASS de la Drôme et de Vaucluse, a donc décidé de lancer durant l’automne 2008, une deuxième étude. Les objectifs de celle-ci étaient de mieux caractériser la variabilité spatiale des teneurs en uranium dans la nappe du Tricastin et de chercher à en expliquer l’origine. 

Conformément à la volonté de transparence exprimée dans son contrat d’objectif, l’IRSN, en accord avec ses partenaires, a proposé à la Commission Locale d’Information pour les Grands Equipements Energétiques du Tricastin (CLIGEET) la constitution d’un groupe pluraliste pour le suivi et l’orientation de ces travaux. L’IRSN, Areva et les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) n’ont donc pas travaillé seuls : près de 25 personnes d’origines diverses (scientifiques, élus, associations de protection de la nature, représentants des autorités de sûreté…) se sont réunies à huit reprises entre février 2009 et mai 2010.

« Les résultats nous ont été présentés au fur et à mesure, et nous discutions des actions à mettre en oeuvre », témoigne Jean-Pierre Morichaud, administrateur de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) et membre du groupe de suivi. « Ce type d’initiative pluraliste est louable, mais elle ne doit pas noyer nos evendications », tient à préciser Jean-Pierre Morichaud. « De notre point de vue, le principal sujet d’inquiétude n’est pas le marquage en uranium de la nappe, mais les risques d’incidents graves liés au vieillissement des installations. Par ailleurs, la Cligeet, à la demande de la Frapna, a demandé aux pouvoirs publics une étude approfondie sur les facteurs de risque de cancer du pancréas. En effet, une étude réalisée récemment par la Cligeet a montré une incidence de ce cancer chez la femme. »

 

Principaux résultats de cette étude

Parmi les 400 prélèvements d’eau de nappe effectués dans la plaine du Tricastin,  moins de 1,5% des points présentent des concentrations en uranium supérieures à la valeur-guide pour les eaux de boisson de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui est de 15 µg/L. Tous les habitants dont les forages présentaient des teneurs supérieures à la valeur de l’OMS sont désormais raccordés au réseau d’eau potable. Les points présentant les teneurs les plus élevées en uranium se répartissent dans deux zones géographiques distinctes : l’une située directement au sud du site nucléaire (commune de Bollène), l’autre localisée au sud-ouest (commune de Lapalud). 

Parmi les trois hypothèses étudiées quant à l’origine de ces teneurs plus élevées (hypothèse géologique, activités humaines non liées au site nucléaire, activités nucléaires du site du Tricastin), l’IRSN estime qu’un faisceau d’éléments permet, en l’état actuel des connaissances, d’étayer l’hypothèse que les valeurs plus élevées en uranium observées dans la nappe alluviale sur la commune de Bollène sont vraisemblablement liées à l’activité passée du site nucléaire. Pour ce qui concerne la zone située sur la commune de Lapalud, les teneurs observées pourraient être expliquées par la présence locale de formations géologiques riches en uranium.

 

Cheminement de l’uranium du site vers la nappe phréatique.©ArtPresse/IRSN 

Cette étude a fait l’objet d’un rapport présenté le 17 septembre 2010 lors d’une réunion extraordinaire de la CLIGEET, au Conseil Général du Vaucluse, en Avignon.

Le 22 septembre 2010, l'IRSN a organisé une réunion-débat autour de la présentation de cette étude aux habitants de la région. Le débat public, qui s'est tenu à Pierrelatte (Drôme), a réuni environ 140 personnes, parmi lesquelles des élus locaux, des représentants d'AREVA et des associations.

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