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Minéraux radioactifs

Comment l’IRSN aide les musées et les collectionneurs à maîtriser les risques

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Conserver des minéraux radioactifs nécessite un entreposage spécifique afin de réduire l’exposition du personnel et du public aux rayonnements ionisants. L’IRSN aide les musées et les collectionneurs à réaliser les aménagements adéquats.

Au Museum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN), 5 000 minéraux sur 130 000 ont été identifiés comme radioactifs. « Cela représente 2,8 tonnes de matériel disséminés dans dix réserves et plusieurs salles d’exposition du musée », indique Caroline Noyes, gestionnaire des collections de géologie du musée parisien.

Suite à ce recensement, le MNHN a dû réaliser des travaux. Durant le chantier, les minéraux les plus radioactifs ont ainsi été entreposés à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Quant à l’aménagement de la nouvelle réserve, il a été réalisé en suivant les recommandations de l’IRSN : localisation, ventilation mécanique, revêtement, aménagement intérieur…

« Pour s’assurer de la radioprotection du personnel, nous avons également fait appel à l’IRSN », ajoute Caroline Noyes. « Un suivi dosimétrique passif et actif a été mis en place, en plus d’équipements de protection individuels tels que tabliers et visières plombés, masques et gants », précise Caroline Noyes.

 

Collectionneurs privés : ne pas hésiter à solliciter les experts

Les collectionneurs privés sont, pour certains, conscients de la nature radioactive de leurs roches. Cependant, ce n’est pas toujours le cas de leurs héritiers. « Quand on est confronté à cette situation, la première chose à faire est de solliciter des experts. Eux seuls peuvent juger s’il y a un danger », conseille un particulier qui a fait appel en mars 2015 à l’Andra pour évacuer la collection de son père.

Alertée, l’ASN a saisi l’IRSN pour la mise en sécurité d’environ 240 kg de minerais répartis dans six fûts en métal. L’Andra a pour sa part, conditionné et évacué les minéraux et tout ce qui avait été en contact et contaminé : cagettes en bois, en carton ou polystyrène entreposées dans une cave.

 

Eviter l'accumulation de radon

Le Muséum d’histoire naturelle de Nice dispose d’une collection de 175 minéraux radioactifs collectés au fil des ans par le Service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes (SDIS 06). « En 2009, nous avons décidé qu’un inventaire et une évaluation des risques étaient indispensables », se souvient Olivier Gerriet, chargé de conservation.

Avec l’aide de l’IRSN, 175 minéraux radioactifs ont été recensés et caractérisés. Les spécialistes en radioprotection de l’Institut ont fait des mesures ponctuelles et sur deux mois en différents endroits. Ils les ont comparées à la radioactivité et à la présence naturelle de radon dans la région.

« Nous avons effectué des mesures radiamétriques et des mesures de radon à proximité de l’armoire de stockage, dans la salle attenante et dans les lieux plus éloignés, fréquentés par le public et l’ensemble du personnel », ajoute Carol Soria, spécialiste en radioprotection à l’IRSN.

Une fois ce travail achevé, l’IRSN a proposé des solutions pour réduire les risques radiologiques. Les minéraux ont été déplacés dans une pièce moins fréquentée et aérée. « Les résultats ont conduit à déplacer l’armoire de stockage dans un endroit moins fréquenté de la pièce, à préconiser son remplacement par une enceinte plombée et à mieux ventiler la pièce pour éviter l’accumulation de radon », explique Carol Soria.

En 2014, un nouveau local, à accès restreint et isolé des lieux de passage, a été aménagé avec le soutien financier de la ville de Nice. La collection de minéraux y a été déplacée par le SIDS 06 fin 2014.

 

Nicolas Benoit, chargé d’affaires en sites et sols pollués à l’Andra: « L’Andra conditionne et prend en charge les déchets concernés. L’IRSN  intervient lorsqu’il existe un risque d’exposition pour le public. »

Quand l’Andra intervient-elle  pour des minéraux radioactifs ?

L’Agence évacue les minéraux radioactifs, au même titre qu’elle collecte les objets anciens contenant du radium. Nous intervenons à la demande d’un particulier, d’un musée ou de l’État. Nous travaillons souvent avec les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) pour les objets et minéraux isolés facilement identifiables. La prise en charge nous permet d’évacuer les déchets détenus par les particuliers via une subvention publique. Cet été, nous avons indiqué au détenteur d’une collection privée le coût de son évacuation – environ 100 000 euros, supporté à 100 % par la collectivité.

Quelle est la répartition des rôles entre l’IRSN et l’Andra ?

L’Andra conditionne et prend en charge les déchets concernés : minéraux et objets qu’ils ont contaminés. L’IRSN intervient lorsqu’il existe un risque d’exposition pour le public. Il évalue  la situation et met en sécurité les lieux le cas échéant. Puis il s’assure que le lieu a bien retrouvé le niveau de radioactivité moyen de la région.

Que deviennent les minéraux pris en charge par l’Andra ?

Pour l’Agence, les minéraux radioactifs sont des déchets de faible activité à vie longue (FAVL). Ils sont conditionnés et entreposés en tant que tels.  En attendant un site de stockage pour ce type de déchets ultimes, ils sont entreposés au Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires), situé sur les communes de Morvilliers et de La Chaise, dans l’Aube.

 

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