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Les sites et les sols pollués par des substances radioactives

Origine et localisation des pollutions radioactives

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​​Plusieurs industries sont à l’origine des pollutions radioactives, en particulier le radium qui a été très utilisé au début du 20e siècle. Souvent situés dans des zones urbaines, les sites concernés doivent faire l’objet d’un assainissement.

Les secteurs industriels à l’origine des pollutions radioactives sont l’extraction du radium ainsi que la fabrication et l’application de peintures radioluminescentes. Sont également concernés les industries exploitant des minerais comme la monazite – utilisée pour les nouvelles technologies employant des terres rares et, autrefois, pour les pierres à briquet – ou les zircons – utilisés en fonderie, céramique, verrerie. Enfin, la production d’engrais, d’acide phosphorique, d’énergie par les centrales thermiques à charbon a pu ou peut générer des résidus radioactifs.

Le radium est toutefois responsable d’une grande partie des pollutions. Découverte par le couple Curie en 1898, la substance radioactive été très utilisée dans l’industrie (peintures luminescentes, horlogerie, engrais, etc.), la médecine (radiothérapie) ou la recherche. Au début du 20e siècle, des crèmes de beauté contenant du radium étaient même vendues en pharmacie afin d’obtenir une peau « rayonnante ».

 

​  Découverte et essor du radium au début du 20e siècle

Découverte et essor du radium au début du 20e siècle
À gauche, Marie Curie manipulant du radium. À droite, montage de réveils à peinture luminescente au radium dans les usines Bayard, en France en 1922 (Source: DR)

 

Pour répondre à la demande en radium, des usines se sont alors lancées dans l’extraction de radium à partir de minerais uranifères. Les procédés chimiques utilisés ont engendré des déchets dont la gestion et les précautions de manipulation n’inquiétaient personne à l’époque. Ainsi, quand le radium a été remplacé à partir des années 1960 par des éléments radioactifs artificiels, comme le tritium pour la radioluminescence, les anciens sites industriels, souvent situés dans des zones urbaines, ont parfois été réaménagés en logements ou en bâtiments publics.

 

Évaluer le risque sanitaire

Ancienne usine contaminée à Pargny-sur-Saulx (Marne)
Ancienne usine contaminée d’Orflam-Plast, à Pargny-sur-Saulx (Marne), avant sa démolition (Source : Andra) 

Concrètement, il reste dans les bâtiments ayant abrité des recherches et des opérations industrielles des traces de contamination radioactive localisées sur certains murs, sols, canalisations et paillasses. On retrouve également une pollution radioactive dans les gravats et la terre ayant reçu les déchets et effluents liquides.

La présence d’éléments radioactifs naturels ou artificiels peut être due au dépô​t de résidus de procédés chimiques de fabrication (boue, déchets) ou à un incident (rupture d’une canalisation transportant un liquide radioactif, incendie). Leur découverte, des années plus tard, ne signifie pas dans tous les cas l’existence de risques sanitaires importants.

« Aujourd’hui, la réglementation fixe comme limite d’exposition à ne pas dépasser pour le public 1 millisievert (mSv), en plus du bruit de fond. « C’est une valeur de gestion et non une donnée à partir de laquelle il existe un risque sanitaire », précise Jérôme Guillevic, expert en radioactivité à l’IRSN.

Il est donc important d’estimer le niveau de contamination d’un site, d’évaluer l’exposition du public pour vérifier si, pour un usage déterminé, l’exposition reste très inférieure à la limite règlementaire. Il est indispensable de s’appuyer sur une méthodologie robuste d’évaluation de l’impact, sur des critères dosimétriques permettant d’objectiver la notion de compatibilité radiologique et chimique du site avec son usage.

Une réglementation en cours de révision

Si le rôle des acteurs impliqués dans la gestion de sites pollués ne devrait pas évoluer dans les prochaines années, la réglementation va être modifiée. « Elle est en train de changer en profondeur », résume Nicolas Michel-dit-Laboelle, chargé de mission radioprotection à la direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère de la Transition écologique et solidaire.

La circulaire de novembre 2008, relative à la prise en charge de certains déchets radioactifs et de sites de pollution radioactive, est en cours de révision. La transposition de la directive 2013/59/Euratom demande la mise en place de niveaux de référence dans des situations de sites et sols pollués permettant d’établir des actions afin de mieux protéger les populations. Au-dessus de ces niveaux, des actions devront être entreprises, obligatoires et prioritaires. Aujourd’hui, ces niveaux ne sont pas clairement définis. Il est souvent fait référence à la limite d’exposition à ne pas dépasser pour le public fixée à 1 millisievert (mSv) et utilisée dans le cadre des activités nucléaires. Or, les sites pollués ne sont pas des activités nucléaires. »

Nicolas Michel-dit-Laboelle ajoute que les organismes intervenants sur les sites pollués auront besoin d’une habilitation confirmant leur compétence en radioprotection en plus de celles en dépollution de sites.

 

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