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Les sites et les sols pollués par des substances radioactives

Prise en charge des sites pollués : une méthodologie

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L’assainissement d’un site pollué par des substances radioactives peut revenir à plusieurs millions d’euros. Aussi, les solutions doivent être adaptées  sur la base d’un bilan coût-avantage, à savoir adapter la dépollution à la nature des usages existants et privilégier l’assainissement là où les riverains subissent une radioactivité non négligeable.

 

La mise au jour d’un site pollué suscite l’inquiétude des occupants, des usagers ou des riverains, et peut contribuer à la dépréciation de biens immobiliers.

Par exemple, à Bordeaux, en 2015, la découverte de radium 226 a entraîné l’arrêt d’un chantier de construction d’une crèche. À l’arrivée des terres excavées au centre d’enfouissement, les portiques de détection ont signalé leur contamination. La mairie a du repenser entièrement son projet : situé sur une friche, le site n’était en effet pas prioritaire pour obtenir une aide au financement des travaux d’assainissement. Or, les coûts de traitement peuvent atteindre plusieurs millions d’euros.

 

Des actions à plusieurs millions d’euros à la charge de l’État

Les anciens exploitants étant pour la plupart non identifiés ou insolvables, le principe du pollueur-payeur a ses limites. Pour cette raison, c’est l’État qui prend en charge les nombreuses actions de dépollution. La stratégie nationale initiée depuis la fin des années 1990 prend en compte la concertation avec les acteurs concernés et les particularités des sites : usage, actuel ou futur, et les enjeux sanitaires.

À partir de 2007, avec la création de la Commission nationale des aides dans le domaine radioactif (Cnar), les travaux d’assainissement des sites dont le responsable n’est pas connu, introuvable ou insolvable, ont été poursuivis de façon plus soutenue. Fin 2015, avec l’orientation à la baisse de la subvention annuelle, la Cnar s’est prononcée pour un financement prioritaire des sites à enjeux sanitaires comme à Pargny-sur-Saulx, dans la Marne.

 

Pargny-sur-Saulx : avant et après les interventions réalisées

À Pargny-sur-Saulx (Marne), une usine de fabrication de briquets a généré la pollution radiologique du site, des berges, de la peupleraie… Les analyses et l’évaluation de l’exposition des habitants ont permis de réaliser des travaux adaptés en concertation avec les acteurs locaux.

Pargny-sur-Saulx : avant et après les interventions réalisées
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Source : Antoine Dagan/Spécifique/IRSN

 

Quelle que soit la situation d’un site contaminé par des substances radioactives, l’assainissement complet sert d’option de référence. Toutefois, la faisabilité technique et le coût peuvent rendre sa mise en œuvre déraisonnable. Il faut dans ce cas envisager d’autres solutions.

 

Des alternatives à l’assainissement

L’option choisie va se faire sur la base d’un bilan coût-avantage. Cette doctrine a été explicitée en 2011 dans un guide méthodologique réalisé par l’IRSN à la demande du ministère de l’Écologie et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ainsi, la solution la plus réaliste consiste le plus souvent à adapter la dépollution aux usages actuels et futurs, même s’il est toujours nécessaire d’envisager le retrait de l’ensemble de la pollution.

Pour trouver la meilleure solution, il faut d’abord tenir compte des caractéristiques des pollutions, des possibilités de retrait et d’élimination des terres contaminées, de la nature des usages existants ou prévus et des dispositions envisageables pour confiner de façon durable les contaminations laissées en place.

« Pour que les mesures soient comprises et respectées, il faut également les expliciter », ajoute Geneviève Baumont, experte senior à l’IRSN, qui a travaillé à la rédaction de cette publication. La guide méthodologique propose d’impliquer davantage les riverains sur le choix des actions à mener. Par exemple, sur le site radiocontaminé de Pargny-sur-Sault (Marne), il est important d’expliquer qu’il n’est plus possible de construire ou de replanter des arbres car la couche d’argile qui isole les déchets ne doit pas être percée.

Les recommandations du guide sont tirées de l’expérience acquise à la fin des années 1990 : la découverte de radioactivité dans l’école Pierre-et-Marie-Curie de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) avait alors provoqué une situation très tendue entre la mairie et les parents d’élèves. L’établissement avait été construit sur le site d’une ancienne usine de fabrication de radium.

 

Manque de filières d’élimination

Enfin, même quand elles sont identifiées en amont, gérer les pollutions radioactives posent des problèmes de traitement. « Il n’existe pas encore de filières d’élimination pour tous les types de terres contaminées. La filière existante est limitée en volume et en niveau de contamination », observe Nicolas Michel-dit-Laboelle, chargé de mission radioprotection à la direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère de l’Environnement. Il n’existe qu’un seul site disponible en France : le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires), exploité par l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs (Andra) dans le département de l’Aube. 

 

​  Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires)
Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires)
Le Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) est le seul site disponible en France pour les déchets issus des chantiers d'assainissement des sites pollués (Crédit photo : Andra)

 

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