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Exposition au radon

Une exposition insoupçonnée à la radioactivité

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La question fait aujourd’hui consensus : le radon, présent dans l’air intérieur de nos maisons, augmente le risque de cancer du poumon.

Près de la moitié de l’exposition des Français à la radioactivité est due à un gaz naturel inerte, inodore et incolore : le radon. Issu de la chaîne de désintégration de l’uranium présents dans la croûte terrestre, cet élément radioactif peut être détecté partout à la surface de la terre. Principal risque ? Le cancer du poumon. Le radon augmenterait l’effet nocif du tabac et pourrait être la cause de ce type de cancer chez certains non-fumeurs.

Les descendants du radon 

 

Des niveaux d’exposition variables

L’émission du radon dans l’atmosphère dépend avant tout des propriétés du sol. « En règle générale, les sous-sols granitiques et volcaniques libèrent plus de radon que les terrains sédimentaires, en raison de leur plus grande concentration en uranium naturel », explique Roselyne Améon, experte du radon à l’IRSN. En France, la Bretagne et le Limousin sont les régions les plus concernées.

L’exposition des habitants diffère toutefois d’une maison à l’autre. Le radon entre en effet par différentes voies (fissures, passages de canalisations…) et s’accumule dans les endroits clos (cave, vide sanitaire…). Une maison étanche par rapport au sol et aérée exposera ainsi moins ses occupants qu’une maison mal ventilée.

Le radon peut aussi se dissoudre dans l’eau qui stagne ou circule dans les roches… et se retrouver à la sortie du robinet. Le risque associé à l’ingestion de cette eau est encore mal connu. « Quoi qu’il en soit, le fait de faire couler l’eau du robinet et de la laisser reposer quelques heures à l’air libre avant de la boire supprime presque totalement le risque », tempère l’experte.

 

Exposition moyenne au radon en France :  

  • La concentration du radon dans l’habitat en France présente une importante variabilité, puisque les mesures s’échelonnent entre 5 et près de 4 964 Bq/m3.
  • 2,3 % des mesures effectuées présentent des concentrations supérieures à 400 Bq/m3.
  • A titre de comparaison, l’exposition cumulée moyenne des anciens mineurs français d’uranium est de 17,8 WLM [1] sur l’ensemble de leur vie professionnelle, ce qui correspond à une exposition domestique de 230 Bq/m3 pendant 17,8 ans... ou à une exposition de 102 Bq/m3 pendant 40 ans.

 

Deuxième cause de cancer du poumon, après le tabac

Radon et risque de cancer

Radon et risque de cancer.©ArtPresse 

Gaz radioactif naturel, le radon pénètre dans les poumons avec l'air inspiré. Ses descendants (polonium, plomb, bismuth), produits de ses désintégrations successives, émettent un rayonnement alpha qui peut induire le développement d'un cancer.

C’est avant tout le risque de cancer du poumon qui motive la vigilance à l’égard du radon dans les habitations et autres locaux. D’abord mis en évidence chez les mineurs d’uranium, ce risque est aujourd’hui également reconnu dans la population générale.

« Les études épidémiologiques montrent qu’il existe à la fois chez les fumeurs et les non-fumeurs », précise Roselyne Améon. Les derniers résultats suggèrent que le radon pourrait jouer un rôle dans la survenue de 5 à 12 % des décès par cancer du poumon. « Ces études confirment une élévation du risque de cancer du poumon avec l’exposition cumulée au radon », souligne-t-elle.

Il est maintenant admis que ce risque est proportionnel à l’exposition au radon et qu’il est significatif pour des expositions domestiques continues pendant trente ans à partir de concentrations de radon supérieures à environ 200 Bq/m3. Il est ainsi plus « risqué » de passer sa vie dans une maison avec une concentration moyenne que de passer quelques heures dans un bâtiment où la teneur est très élevée.  

  

Les autres études épidémiologiques

De nombreuses études épidémiologiques menées ces dernières années ont confirmé l’existence d’un risque cancérigène au niveau pulmonaire chez les mineurs de fond mais aussi dans la population générale. Les résultats de l’ensemble de ces études épidémiologiques sont concordants et montrent une élévation du risque de cancer du poumon avec l'exposition cumulée au radon et à ses descendants radioactifs. Les derniers résultats obtenus en population générale montrent que ce risque lié au radon existe à la fois chez les fumeurs et chez les non fumeurs.    

De nombreuses évaluations du risque de cancer du poumon associé à l’exposition domestique au radon ont été effectuées à travers le monde, notamment aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne.

Mesurer l’activité du radon

L’activité du radon est mesurée en becquerels par mètre cube (Bq/m3) d’air, selon les normes Afnor. Le radon peut être mesuré à l’aide d’un dosimètre contenant un film polymère sensible aux particules alpha émises par ce gaz et ses descendants. Ces particules “impriment” le film en le traversant et créent des traces latentes. Ces impacts sont révélés par un procédé chimique, puis dénombrés pour évaluer l’activité de l’air.

 

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Note :

1- Le WLM (Working Level Month) est l’unité de mesure de l’exposition utilisée dans les études sur les mineurs de fond.

 

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