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Constats radiologiques régionaux de l'environnement

Des territoires français sous surveillance

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Eau, air, sol, denrées : l’IRSN évalue leur niveau de radioactivité dans les différentes régions françaises. Ces « constats radiologiques »  permettront de mieux évaluer l’impact d’un éventuel incident nucléaire. 

Un incident survient dans une installation nucléaire. Des radionucléides sont rejetés dans l’environnement. Est-ce grave ? Peut-on consommer les productions locales ? Quand le niveau de radioactivité reviendra-t-il à la normale ?

C’est en partie pour pouvoir mieux répondre à ces questions que l’IRSN a mis en place, en 2008, les constats radiologiques régionaux, sentinelles de l’environnement. Il s’agit de référentiels actualisés des niveaux de radioactivité aussi bien dans des zones qui peuvent être sous influence des rejets des installations que dans des zones plus lointaines.

Ils complètent la surveillance permanente assurée par l’Institut et ont pour objectif de couvrir l'ensemble du territoire français.

 

Objectif des constats radiologiques régionaux

Les constats radiologiques régionaux ont pour objectif d’établir sur un territoire étendu (plusieurs départements), un référentiel actualisé des niveaux de radioactivité dans certains compartiments de l’environnement caractéristiques du territoire concerné. Selon l’emprise du constat et le milieu étudié, l’accent est mis sur  les productions agricoles végétales et animales typiques du territoire concerné, les produits de la pêche ou les (bio)indicateurs naturels.

Ce référentiel doit rendre compte, d’une part, du « bruit de fond »  radiologique lié à la radioactivité naturelle et à la rémanence des retombées atmosphériques anciennes (essais d’armes nucléaires et accident de Tchernobyl) et, d’autre part, de l’influence des rejets actuels ou passés des installations nucléaires éventuellement présentes sur ce territoire. En cas de rejet incidentel ou accidentel, ce référentiel servirait de base de comparaison et contribuerait à l’orientation du déploiement d’une surveillance renforcée.

Pour établir cet état de référence, l’IRSN met en œuvre les méthodes de prélèvement, de traitement et de mesurage des échantillons les plus performantes. Selon la complexité du territoire, l’établissement d’un constat nécessite de trois à quatre ans entre son démarrage et sa restitution finale. Un constat est destiné à être actualisé selon une périodicité de l’ordre de  huit à dix années environ. Les membres des CLI, autorités et administrations locales sont avisés de l’élaboration de la stratégie d’échantillonnage à laquelle ils peuvent coopérer. Ils sont informés des résultats et sont destinataires des rapports édités à l’occasion de chaque étude.

 

Les trois étapes d'un constat radiologique. © Hervé Bouilly

* Ces réunions rassemblent l'IRSN, des partenaires de la société civile (Commissions locales d'information, associations locales), des partenaires institutionnels (Autorité de sûreté nucléaire, Direction générale de l'alimentation...) et des exploitants.

 

Les constats aujourd'hui

Divers constats ont été entrepris ou sont programmés sur l’ensemble du territoire métropolitain (carte ci-dessus). Après le prototype Val de Loire deux grandes régions ont été investiguées depuis 2009 avec les constats en cours d’achèvement Sud-Ouest et Vallée du Rhône, suivis de l’étude Nord-Est.  Le Bassin Parisien puis la Bretagne seront étudiés ultérieurement. La façade maritime est également investiguée avec les constats Manche-Mer du Nord et Méditerranée (adaptation de la méthodologie au milieu marin). Des constats relevant d’une thématique  particulière sont  en outre prévus : Zones de rémanence (état radiologique actuel des territoires où les retombées des essais aériens d’armes nucléaire et Tchernobyl avaient été les plus élevées), Sites miniers (extension des zones de surveillance d’anciennes mines d’uranium à l’aval hydraulique lointain. Par ailleurs, le constat Nouvelle Calédonie est en cours de réalisation.

 

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UNE METHODOLOGIE ADAPTEE AUX CARACTERISTIQUES DU TERRITOIRE

 

Chaque constat est évidemment basé sur une méthodologie adaptée aux caractéristiques du territoire (milieu terrestre, fluvial, marin…), à la présence contemporaine ou passée des installations à l’origine de rejets environnementaux, ainsi qu’aux types de radionucléides susceptibles d’être mesurés.

 

Les constats prennent en compte la localisation des installations nucléaires, en distinguant les zones potentiellement influencées de celles qui peuvent être considérées comme étant, en fonctionnement normal, hors de leur influence (figure 2). Lorsqu’existent des rejets atmosphériques, les zones non influencées sont celles situées à une distance suffisante (plusieurs dizaines de km) des points de rejets et hors des vents dominants. Comme ce sont des parties du territoire sur lesquelles des prélèvements sont habituellement rares ou inexistants, une majorité d’échantillons y sont collectés.

 

Dans le cas où des installations rejettent des radionucléides en milieu fluvial, les zones potentiellement influencées sont celles situées en aval de chacune des installations, les zones non influencées étant théoriquement situées en amont. Toutefois, la succession d’installations le long des grands fleuves (exemple sur la Loire) rend plus difficile la détermination de ces dernières, l’amont d’une installation correspondant à l’aval de la précédente.

 


Schéma des zones potentiellement influencées ou non

 

Schéma des zones potentiellement influencées (ZI) ou non (ZNI) par les rejets d’une installation.
Exemple d’installation ayant des rejets atmosphériques (ZI en jaune) et des rejets liquides dans un fleuve (ZI en bleu).

 

Dans le cas des zones de rémanence, les lieux et types d’échantillons qui témoignaient des niveaux les plus élevés (137Cs) lors des travaux antérieurs sont étudiées à nouveau afin d’en connaître l’évolution spatio-temporelle.

Dans le cas de l’étude particulière des sites miniers, des (bio)indicateurs prélevés, jusqu’à des distances bien supérieures à celles habituellement prises en compte, dans les petits bassins versants qui sont les exutoires potentiels des radionucléides issus de ces sites (lessivage, érosion), font l’objet de mesures des actinides.

 

Lorsque le constat concerne le milieu marin, les zones aquatiques sont à définir en fonction de l’existence de rejets littoraux directs (Manche-Mer du Nord) ou indirects (apports du Rhône en Méditerranée) et de la courantologie générale ; les compartiments étudiés sont évidement focalisés sur les pêches professionnelles ou de loisir et les indicateurs marins (algues…).

 

La méthodologie générale comporte trois étapes principales qui se déclinent de façon adaptée à chaque type de constat (exemple figure 3) :

 

  • l’étude documentaire (étape 1) composée d’une étude géographique et historique ainsi que d’une synthèse environnementale ;
  • l’étude de terrain (étape 2) qui comporte une phase de prospection et une phase d’échanges avec les parties prenantes locales qui en font la demande ;
  • l’étape de réalisation des prélèvements, de métrologie et d’exploitation des résultats (étape 3) puis leur restitution.

 

 

Méthodologie générale des constats radiologiques

 

Méthodologie générale des constats radiologiques

 

Cet exemple illustre la méthode déployée dans le cas des constats réalisés en milieu continental, englobant des installations nucléaires situées sur des grands fleuves et des territoires à dominante agricole (Val de Loire, Vallée du Rhône, Garonne…).

 

L’étape 1 comporte une phase essentielle de collecte et d’analyse des informations les plus pertinentes sur le territoire étudié (installations actuelles ou passées effectuant des rejets radioactifs dans l’environnement, productions agricoles représentatives, espaces naturels …). Les données acquises par l’IRSN dans le cadre de sa propre mission de surveillance ainsi que celles figurant dans les études régulièrement effectuées au voisinage des sites nucléaires par l’IRSN ou d’autres organismes sont synthétisées et exploitées.

 

Cette phase de collecte et de synthèse des données existantes bénéficie également des connaissances plus générales acquises par l’IRSN sur le bruit de fond naturel et rémanent en France, ainsi que sur le comportement des radionucléides dans l’environnement. Elle permet de juger, a priori, du niveau de contamination des secteurs étudiés et de prévoir les prélèvements et analyses les plus pertinents pour vérifier ou compléter ces données. En particulier les points qui témoignaient d’un marquage significatif dans le passé seront échantillonnés à nouveau pour connaître leur évolution récente, en sélectionnant les matrices (types d’échantillons) dans lesquelles les isotopes recherchés seront potentiellement les plus abondants.

 

À partir de ces informations, une stratégie d’échantillonnage (étape 2) est établie en concertation avec les acteurs locaux (notamment les Commissions locales d’information). La stratégie est précisée par l’identification des types et des lieux de prélèvements, l’établissement pratique du planning de prélèvement, incluant les contacts locaux (exploitants agricoles, associations). Les campagnes de prélèvement, le traitement des échantillons et leur mesure constituent l’étape 3. Différentes analyses sont réalisées au moyen des meilleures techniques disponibles sur les échantillons les plus appropriés pour quantifier les niveaux des principaux radionucléides naturels et artificiels présents en quantité mesurable dans l’environnement : analyses de tritium libre et lié, de carbone 14, spectrométrie gamma, radiochimie et spectrométrie alpha ou comptage bêta respectivement pour les isotopes du plutonium et pour le strontium 90, ICP-MS pour les isotopes de l’uranium…

 

Cette étape s’achève avec la publication des rapports et la restitution de l’étude aux différentes parties prenantes.