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Santé radiologique des rivières

Réseaux d’épuration : les risques des rejets hospitaliers

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​Les activités diagnostiques, thérapeutiques et de recherche des établissements de santé rejettent des radionucléides à vie courte.

Echantillons d'eaux usées prélevés en aval de centres hospitaliers« Les rejets des services de médecine nucléaire se limitant à des radioéléments à vie courte, ils ont été très tôt jugés sans risque. Peu d’études détaillées étaient menées à ce sujet. Les choses ont changé ces dernières années », constate Alain Rannou, expert en radioprotection à l’IRSN.

Comme tous les producteurs de déchets radioactifs, les établissements de santé qui utilisent des sources de rayonnements ionisants doivent gérer leurs rejets selon les meilleures règles de sûreté et de radioprotection. S’agissant des effluents liquides, seuls ceux contenant des éléments de période radioactive inférieure à 100 jours peuvent être rejetés dans les égouts. Cela limite en théorie la présence d’activité dans les réseaux d’eaux usées, donc dans les cours d’eau. 

« Au-delà des effluents hospitaliers autorisés, une partie des rejets provient des patients traités en ambulatoire ou des sanitaires des services hospitaliers échappant aux circuits spécifiques », analyse Erwan Manach, ingénieur en télémesure dans l’environnement.

 

Un impact sanitaire insignifiant

Les mesures réalisées depuis 20 ans par l’IRSN mettent en évidence la présence quasi systématique d’iode 131 et de technétium 99 métastable dans les stations d’épuration des grandes agglomérations.

« L’iode 131, dont la période est de huit jours, et le technétium 99 métastable (six heures), représentent 90 % des rejets », précise Erwan Manach. « On trouve en faibles proportions d’autres radioéléments comme le thallium 201 (3 jours), l’iode 123 (13 heures) ou l’indium 111 (2,8 jours). »

L’IRSN a développé des outils de calcul pour évaluer leur impact sanitaire. « Celui-ci est insignifiant pour la population susceptible d’être contaminée via les différents usages de l’eau », confirme Alain Rannou. « Les éléments à vie courte ne s’accumulent pas dans l’environnement et la dilution est forte entre le point de rejet et l’Homme. » 

 

Pas de risque pour les égoutiers

La problématique diffère un peu pour les professionnels des réseaux d’assainissement, car les boues d’épuration concentrent la radioactivité, notamment l’iode 131. L’IRSN est régulièrement sollicité à la suite de déversements non autorisés d’effluents hospitaliers. Ces derniers ne sont pas rares du fait du sous-dimensionnement des cuves de décroissance.

En 2012 et 2013, l’Institut de cancérologie Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) a déclaré auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), des vidanges volontaires d’effluents où la concentration en iode 131 dépassait la valeur autorisée de 100 Bq/L. L’IRSN a conclu à l’absence de risque pour les agents du réseau d’assainissement.

En 2011, une étude menée à Nantes à la demande d’hôpitaux et du gestionnaire du réseau des eaux usées a confirmé des niveaux de contamination faibles. « La dose maximale annuelle reçue par les égoutiers nantais, calculée avec des hypothèses majorantes, s’élève à 0,13 mSv », précise Pascal Bechard, personne compétente en radioprotection au Centre hospitalier universitaire de Nantes. « Un chiffre environ 20 fois inférieur à celui de l’exposition moyenne des Français aux rayonnements d’origine naturelle ou à la dose reçue lors de soins médicaux. »

L’IRSN participe depuis 2013 à une réflexion nationale sur les effluents hospitaliers, aux côtés de l’ASN et des parties prenantes. « Les rejets médicaux sont encadrés et globalement maîtrisés », indique Alain Rannou. « Cela n’empêche pas de consolider les bonnes pratiques pour renforcer la fiabilité du dispositif. » 

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