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En cas d’accident nucléaire ou radiologique, l’IRSN a pour mission d’évaluer la situation et ses conséquences potentielles. Par son expertise, il aide les pouvoirs publics à prendre les décisions les plus adéquates pour la protection des populations et de l’environnement.   

 

La gestion de l'alerte

L’alerte nucléaire ou radiologique peut être déclenchée de plusieurs manières. Elle peut être donnée par l’exploitant d’une installation si l’accident a lieu sur son site, par la sécurité civile s’il survient dans le domaine public (renversement d’un véhicule transportant des matières radioactives par exemple) ou par les autorités publiques en cas de catastrophe dans un autre pays. Le réseau Téléray de l'RISN, qui mesure en permanence la radioactivité dans l’air ambiant en France, peut également détecter une hausse anormale de la radioactivité.

Quel que soit le cas de figure, toute une organisation se met en marche pour limiter au plus vite les conséquences sur la population et l’environnement. L’exploitant fait en sorte de ramener l’installation concernés à un état de sûreté maîtrisé, tandis que les pouvoirs publics s’organisent pour limiter au plus vite les conséquences sur la population et l’environnement. Ils sont aidés en cela par l’IRSN, en tant qu’expert public de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

  • Au niveau départemental, le Préfet met en œuvre un plan particulier d’intervention (PPI), déclinaison du plan Orsec (plan d’organisation de la réponse de la sécurité civile) pour les sites présentant un risque technologique.

 

  • À l’échelle gouvernementale, le plan national de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur, présenté en février 2014, complète le dispositif. Une cellule interministérielle de crise, pilotée par le Premier ministre (ou son représentant), en assure la conduite opérationnelle, en présence des ministères concernés et de l’Autorité de sûreté nucléaire compétente – l’ASN pour les accidents concernant une installation civile, ou l’Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND) pour les sites relevant de sa compétence.


L’IRSN y est représenté en qualité d’expert public
et a vocation d’une part à établir des avis et recommandations techniques sur saisine des autorités et pouvoirs publics, et d’autre part à participer à la communication publique concernant un événement et ses conséquences. L’Institut dispose à cet effet de son propre dispositif de crise, fondé sur le savoir-faire de plus de 400 experts qui ont reçu une formation à la crise. En fonction de la nature et de la gravité des événements, le directeur général de l’IRSN décrète du grément de tout ou partie de ce dispositif de crise, dont le commandement est assuré par un directeur de crise.

 

Première évaluation dans l’heure

Chaque semaine, l’Institut désigne un cadre d’astreinte capable de répondre à une alerte téléphonique 7j/7, 24h/24. En fonction de l’ampleur de la situation, celui-ci peut décider, en accord avec la Direction générale, d’activer le centre technique de crise (CTC). Bipée, l’équipe d’astreinte – 24 personnes couvrant un large spectre d’expertise (spécialistes de telle ou telle installation nucléaire, médecins, etc.) – rejoint dans l’heure ce « quartier général », situé à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).

Première mission : évaluer la situation à partir des premières informations disponibles. Certaines données sont envoyées de manière automatique (par les réacteurs EDF, par les balises Téléray, etc.). D’autres parviennent sous forme de messages pré-formatés, diffusés à intervalles réguliers par les exploitants et les autorités locales.

Un partenariat avec Météo France permet de disposer tout au long de la crise de prévisions météorologiques précises.

Un premier bilan de la situation est établi une heure à peine après l’activation du centre. En fonction du type et de la gravité de la situation, d’autres experts – parmi un vivier mobilisable de près de 400 spécialistes de toutes disciplines – peuvent être appelés en renfort.

Si besoin, l’IRSN peut envoyer une cellule mobile sur les lieux de l’accident pour coordonner les prélèvements et mesures de la radioactivité dans l’environnement, de même qu’une équipe chargée d’évaluer la contamination interne des personnes potentiellement exposées. Placés sous la responsabilité du Préfet, ces effectifs apportent un appui technique aux pouvoirs publics et aux structures médicales et sanitaires sur place.

 

L’organisation de crise de l’IRSN

 

Le CTC est composé de plusieurs groupes de travail.

L'organisation de crise de l'IRSN 

La cellule « évaluation des installations » est chargée d’établir en temps réel le diagnostic de la situation – évaluation de l’état des installations et de leurs éventuels rejets radioactifs – et de dresser un pronostic de son évolution, au moins pour les 24 heures à venir.

La cellule « conséquences radiologiques » (CCR) estime les conséquences prévisibles des rejets sur l’environnement et les doses de rayonnements potentiellement reçues par les populations. Ces analyses servent à l’ASN – ou à l’ASND – pour s’assurer du bienfondé des actions menées ou prévues par  l’exploitant, et au Préfet pour décider des actions de protection des populations à mettre en œuvre et pour identifier les territoires exposés. Les instances gouvernementales les utilisent pour engager les actions qui leur incombent (information de pays tiers, etc.).

En liaison avec la CCR, la cellule « santé » anticipe les besoins, notamment ceux du ministère de la Santé et de l’Institut de veille sanitaire, en matière d'évaluation des éventuelles conséquences pour la santé des personnes exposées. Elle répond aussi bien aux demandes d’expertise des autorités qu’aux interrogations des exploitants, des élus locaux, des journalistes et des citoyens postées sur son adresse électronique.

« Par exemple, lors de l’accident de Fukushima, en 2011, il fallait prendre en charge les ressortissants français revenant du Japon (expatriés, journalistes, personnels navigants) dès leur descente d’avion », explique Jocelyne Aigueperse, directrice de la protection de l’homme à l’IRSN. « Notre flotte mobile anthroporadiométrique a réalisé sur eux plusieurs centaines de mesures de la contamination interne. Nous avons mis en place une permanence téléphonique pour répondre à ceux qui étaient encore présents au Japon. »

La cellule « surveillance de l’environnement » (CSE) travaille en liaison avec la cellule mobile chargée des mesures de la radioactivité sur le terrain. Mais elle suit les zones plus éloignées, non susceptibles d’avoir été impactées par les rejets radioactifs. Elle adapte le système de surveillance permanente de l’environnement aux besoins de l’urgence.

« Lors de l’accident de Fukushima, cela s’est traduit sur le territoire français par des analyses plus spécifiques, comme l’augmentation de la fréquence du changement des filtres des stations de prélèvements d’aérosols et par l’installation de cartouches de charbons actifs pour piéger l’iode sous forme gazeuse. De même, les fréquences de prélèvements de lait, de végétaux et de légumes feuilles ont été augmentées », explique Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement à l’IRSN. L’objectif ? « Élaborer les plans de mesures les plus pertinents possibles et fournir au public une information transparente et pédagogique sur le niveau de radioactivité observé. »

 

Fournir une information transparente et pédagogique

« Comme le précise le nouveau plan national, l’IRSN est le porte-parole technique et institutionnel auprès du public, des médias et des parties prenantes », souligne Marie-Pierre Bigot, la directrice de la communication. « Sans remettre en cause sa mission historique d’expert public en appui des pouvoirs publics, il se voit désormais confier un devoir explicite d’information en cas de crise. »

La cellule « communication » est responsable des actions de communications auprès du public, des médias et des parties prenantes. Objectifs : assurer une information rapide, réactive, continue, transparente et pédagogique.  

L’ensemble de cette organisation a vocation à se prolonger vers la phase post-accidentelle, surtout si des rejets radioactifs ont eu lieu. Ses outils et ses méthodes sont testés chaque année au cours de la quinzaine d’exercices de crise nationaux auxquels participe l’Institut. Comme les retours d’expérience, ceux-ci sont moteurs d’amélioration.

 

Irène Korsakissok (IRSN)  : « Je ne voulais pas rester spectatrice »​

​« J’ai été engagée à l’IRSN le 1er mars 2011. Dix jours plus tard, l’accident de Fukushima se déclarait… Devant l’ampleur de l’événement, je me suis impliquée dans la gestion de crise en faisant, avec des collègues, des simulations de dispersion atmosphérique à l’échelle du Japon pour les médias et l’ambassade de France à Tokyo », explique Irène Korsakissok, spécialiste à l’IRSN de ces modèles de dispersion utilisés pour prévoir les conséquences radiologiques d’un rejet accidentel. « Je ne voulais pas rester spectatrice pendant que la majorité de mes collègues étaient sur la brèche 24 heures sur 24. Depuis, je me suis investie dans la formation des salariés et l’élaboration des exercices de crise. »

Ce témoignage illustre l’implication des collaborateurs et l’importance de son vivier de personnels mobilisables en cas de crise. « Pour les équipes d’urgence, 2 000 heures de formation sont programmées chaque année », précise Sylvie Supervil, directrice de la crise de l’IRSN. Près de 400 spécialistes couvrant vingt domaines de compétences sont mobilisables. « La cohésion est synonyme d’efficacité. Une "école interne de la crise" a été créée pour sensibiliser et former à terme l’ensemble du personnel à ses enjeux. »

 

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