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Sûreté et radioprotection du parc électronucléaire

Appréciation de l'IRSN pour l'année 2010

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L’IRSN constate qu’en 2010, aucun incident susceptible d’affecter de manière significative la sûreté de l’installation, l’environnement ou la population, n’est survenu sur le parc de réacteurs d’EDF. L’IRSN note une légère baisse du nombre d’évènements significatifs, d’environ 10% par rapport à 2009 ; mais la nature et la typologie de ces évènements ne met pas en évidence d’évolutions significatives par rapport aux principales tendances relevées en 2009.

Malgré des disparités, parfois importantes, entre les centrales, on constate, d’une manière générale, que nombre d’évènements révèlent des difficultés rencontrées par l’exploitant pour assurer la maîtrise et la surveillance des opérations de maintenance, opérations majoritairement sous-traitées lors des arrêts de tranche. Les évènements significatifs montrent également des faiblesses dans la préparation des activités, alors que celle-ci est déterminante pour le bon déroulement et la qualité des interventions. L’IRSN note également une baisse du nombre d’évènements survenant lors des arrêts de tranche, quoique celle-ci doive être pondérée par un nombre moins important de visites décennales programmées en 2010 sur les réacteurs de 900 MWe ; ces visites sont en effet sources d’aléas du fait du nombre important d‘activités menées simultanément dans l’installation.

Bien que de manière différenciée selon les centrales, la tendance à la hausse du nombre des non-conformités aux spécifications techniques d’exploitation continue ; il représente en 2010 plus de 60% des évènements significatifs pour la sûreté. Les causes sont diverses et relèvent principalement de facteurs humains et organisationnels. Les conséquences pour la sûreté de ces évènements sont en général faibles, notamment parce que les non-conformités sont en général rapidement détectées et corrigées par l’exploitant. La hausse continue de ces évènements montre toutefois les limites du plan d’actions engagé au niveau national par EDF en 2007 en vue de les réduire, plan d’actions sur lequel l’IRSN avait déjà fait des réserves en 2009 quant à son adéquation pour résoudre les difficultés à l’origine des évènements. Il convient aussi de s’interroger sur l’efficacité dans la durée des actions correctives, comme le montre l’exemple de cette catégorie particulière de non-conformités aux spécifications techniques d’exploitation que sont les sorties du domaine d’exploitation ; la hausse du nombre d’évènements de ce type en 2009 et 2010 ne confirme pas les résultats encourageants observés en 2008.

L’IRSN constate par ailleurs un nombre relativement important de défauts et anomalies affectant certains composants des réacteurs. Du fait de la standardisation des réacteurs du parc EDF, plusieurs de ces anomalies affectent l’ensemble des réacteurs d’un même palier de puissance, voire l’ensemble des réacteurs du parc. Le traitement de ces anomalies par l’exploitant et les solutions proposées font l’objet d’évaluations par l’IRSN. Deux anomalies, parmi celles présentées dans ce rapport, affectent plus sensiblement la sûreté. La première concerne des déformations latérales d’assemblages de combustible, susceptibles de freiner, voire de bloquer la chute de grappes de commande. Ces déformations, détectées d’abord sur le réacteur n°2 de la centrale de Chooz B, sont susceptibles d’affecter tous les réacteurs de 1450MWe. Ceci a conduit EDF à effectuer de premières modifications sur les assemblages de combustible de ces réacteurs. La seconde anomalie est relative à l’usure prématurée des coussinets de bielle des moteurs diesels des groupes électrogènes de secours des réacteurs de 900 MWe. Cette anomalie a fragilisé les alimentations électriques de plusieurs réacteurs, ce qui a contraint EDF à intervenir rapidement sur plusieurs groupes électrogènes et à prendre des premières mesures provisoires de surveillance et de maintenance. Des investigations ont été engagées afin de caractériser ces défauts en vue de mettre en place une solution définitive.

Maintenir et améliorer le niveau de sûreté des installations tout au long de leur vie nécessite des études, des améliorations ou des réfections parfois importantes, soumises à l’expertise de l’IRSN. Parmi les sujets présentés dans le chapitre « évolutions significatives » de ce rapport, le dossier constitué par EDF pour démontrer la tenue mécanique des cuves des réacteurs de 900 MWe pour leur durée de vie prévisionnelle, a fait l’objet d’un examen approfondi.

Pour ce qui concerne la radioprotection, le nombre d’ évènements significatifs a également baissé en 2010 d’environ 10%. Parmi ces évènements significatifs, les non-respects des conditions techniques d’accès en zone restent prépondérants. Par ailleurs, l’IRSN constate en 2010 une nouvelle diminution des doses individuelles et collectives, reçues par les travailleurs ; ce qui confirme les progrès importants d’EDF observés depuis une dizaine d’années, en matière de radioprotection des travailleurs. Toutefois, comme le montrent quelques incidents, dont celui classé au niveau 2 de l’échelle INES, survenu en avril 2010 sur un réacteur de la centrale de Chinon, la vigilance reste de mise. En effet, une augmentation importante du volume des opérations de maintenance (liée notamment au vieillissement des réacteurs) est prévue dans les prochaines années, avec une forte sollicitation d’entreprises extérieures. Ces activités coïncideront avec une période de fort renouvellement de personnels résultant des nombreux départs en retraite, chez EDF comme chez les soustraitants; dans ce contexte général, tout relâchement des efforts actuellement fournis pourrait rapidement conduire à augmenter les doses individuelles et collectives.

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