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Sûreté et radioprotection du parc électronucléaire

Appréciation de l'IRSN pour l'année 2012

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Pour le parc électronucléaire EDF, l’année 2012 montre une augmentation du nombre total d’événements significatifs, dont la grande majorité n’a eu toutefois qu’un faible impact sur la sûreté des installations. Les efforts d’EDF pour améliorer la détection des écarts ne sont pas étrangers à cette augmentation.

L’IRSN note qu’aucun incident susceptible d’affecter de manière significative la sûreté d’une installation, son environnement ou la population, n’est survenu en 2012 sur le parc de réacteurs d’EDF. Mais une hausse du nombre total d’événements significatifs pour la sûreté (ESS) a été constatée en 2012.

Une des spécificités de l’année 2012 est la part croissante des événements déclarés à la suite de la détection d’un écart de conformité générique à plusieurs types de réacteurs. Cette augmentation s’explique notamment par la mise en oeuvre par EDF d’un processus de détection et de traitement des écarts de conformité qui a fait émerger, en 2012, des écarts présents depuis plusieurs années dans les installations, mais non décelés jusqu’à présent. Il est par ailleurs intéressant de constater que la disparité du nombre d’ESS déclarés par centrale nucléaire se réduit progressivement entre 2009 et 2012.

L’évolution du nombre d’événements liés aux essais périodiques continue à rester stable depuis 2011, alors que l’on observe depuis plusieurs années une hausse continue des actions inappropriées sur des matériels au cours d’activités de maintenance ou de modifications matérielles (308 ESS en 2011, 395 en 2012), dans un contexte de renouvellement massif du personnel. Dans la mesure où la majorité des activités de maintenance est sous-traitée, EDF a engagé en 2012 une refonte de son processus de surveillance des activités confiées à des entreprises extérieures, dont la déclinaison opérationnelle sera réalisée fin 2013 sur les différents sites.

En matière de radioprotection, l’IRSN note que la majorité des travailleurs exposés a cumulé, sur 12 mois glissants, une dose efficace inférieure à la limite de dose fixée pour les personnes du public (1 mSv). Aucun travailleur exposé n’a reçu une dose individuelle comprise entre 16 et 20 mSv (limite réglementaire) sur 12 mois glissants (contre 2 personnes en 2011, 3 en 2010 et 10 en 2009). Cela pourrait être un effet bénéfique de l’abaissement du seuil de pré-alerte sur la dose individuelle de 16 à 14 mSv, mais cette hypothèse est à confirmer sur l’année 2013. Il faut noter une légère diminution de la dose collective reçue par les travailleurs qui se rapproche de celle de 2010 (0,67 H.Sv/réacteur en 2012 contre 0,71 H.Sv/réacteur en 2011 et 0,62 H.Sv/réacteur en 2010).

Par ailleurs, le nombre annuel d’événements significatifs concernant la radioprotection des travailleurs déclarés pour le parc des réacteurs d’EDF est en augmentation en 2012. Cette augmentation concerne principalement des événements liés à des tirs gammagraphiques, à des non-respects de port du dosimètre ou à des dépassements de la date d’échéance du contrôle périodique d’appareils mobiles de radioprotection. Des progrès restent donc à réaliser dans ces domaines. Par contre, le nombre d’événements liés à un défaut d’analyse des risques lors de la préparation d’une intervention reste stable depuis 2010.

Une anomalie peut concerner un matériel, mais aussi la surveillance du réacteur. Du fait de la standardisation des réacteurs du parc EDF, de telles anomalies peuvent affecter l’ensemble des réacteurs d’un même palier de puissance, voire l’ensemble des réacteurs du parc. Certaines de ces anomalies dégradent ou sont susceptibles de dégrader significativement la sûreté d’un réacteur. Elles font alors l’objet d’analyses et d’un suivi par l’IRSN. Quelques-unes de ces anomalies, jugées particulièrement significatives par l’IRSN, sont présentées dans le second chapitre du rapport. Par ailleurs, la présence de corps migrants dans les matériels a été observée à plusieurs reprises en 2012 et fait l’objet d’une analyse présentée dans ce rapport.

Les réacteurs nucléaires français font également l’objet de modifications tout au long de leur exploitation, en particulier dans l’objectif d’une d’amélioration continue de la sûreté. Ces modifications résultent pour la plupart d’études menées dans le cadre des réexamens de la sûreté des réacteurs, réalisés tous les dix ans, conduisant à définir de nouvelles exigences de sûreté et à implanter les modifications associées. C’est aussi le cas pour certains sujets dont l’étude, menée en parallèle des réexamens de sûreté, conduit à des évolutions, comme par exemple le nouveau guide de protection des installations nucléaires de base contre les inondations d’origine externe dont l’élaboration se situe dans la continuité des actions menées à la suite de la tempête qui a traversé la France fin 1999, entraînant l’inondation partielle du site du Blayais, ou le dossier « grands chauds », qui tire les enseignements de la période caniculaire de 2003.

Cette démarche a démontré toute sa pertinence lors de la définition des dispositions de protection des installations permettant de faire face à des agressions naturelles de niveau supérieur à ceux retenus à la conception (« noyau dur ») dans le cadre du retour d’expérience de l’accident de mars 2011 à la centrale japonaise de Fukushima Daiichi. Ces sujets ont fait l’objet en 2012 d’un examen détaillé par l’IRSN.

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