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Conséquences au Japon

Impact environnemental au Japon

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Contamination radioactive de l’environnement terrestre

L’IRSN recueille et analyse régulièrement les données publiées relatives à la contamination de l’environnement terrestre au Japon. A la fin septembre 2011, la situation était la suivante :

Les résultats de mesure des dépôts radioactifs au Japon sont de plus en plus nombreux et permettent de préciser leur répartition spatiale. Ces résultats ont été acquis lors de campagnes de prélèvement systématique de sol réalisées en juin et juillet par un consortium d’universitaires japonais, sur un territoire allant jusqu’à une centaine de kilomètres autour de la centrale accidentée. 

Les césiums 134 et 137 sont désormais les deux radionucléides dominants dans les dépôts rémanents au Japon. Dans les zones où les dépôts sont les plus élevés, ces éléments radioactifs entraînent une situation d’exposition durable, principalement au rayonnement gamma ambiant, et un risque de contamination chronique de certaines productions alimentaires.

Les activités surfaciques les plus élevées sont observées immédiatement à l’ouest de la centrale (14 millions de Bq/m² en césium 134 et 15 millions de Bq/m² en césium 137, valeurs comparables à celles présentes à quelques kilomètres de la centrale de Tchernobyl). Au-delà de la zone d’exclusion des 20 km, des activités surfaciques dépassant 3 millions de Bq/m² ont été mesurées en 3 points situés sur la commune de Namie. A l’extérieur de la zone d’évacuation planifiée mise en place fin avril, aucune valeur mesurée ne dépasse 600 000 Bq/m².

L’iode 131 a pratiquement disparu de l’environnement, par décroissance radioactive. Il est confirmé que le rapport initial iode 131/césium 137 dans les dépôts était nettement plus important au sud de la centrale que dans la zone du nord-ouest qui a reçu les dépôts les plus élevés. L’IRSN est en train d’approfondir l’analyse de ces résultats qui sont importants pour estimer a posteriori les doses à la thyroïde (principalement dues aux iodes radioactifs) susceptibles d’avoir été reçues au moment de l’accident ou au cours des semaines suivantes. 

Depuis le 1er juillet 2011, les concentrations en radionucléides dans les produits végétaux terrestres ont continué de présenter une tendance générale à la baisse. Les dépassements des normes de commercialisation ou de consommation ont principalement concerné

  • des fruits cultivés dans la Préfecture de Fukushima, 
  • des feuilles de thé de la deuxième et de la troisième récolte de l’année dans plusieurs préfectures, 
  • certains champignons de la Préfecture de Fukushima, 
  • de la viande de boeuf issue des Préfectures de Fukushima, Miyagi, Iwate, Tochigi et Akita, ainsi que, plus récemment, de la viande de sanglier. 

 

Plus d'information : Synthèse des informations disponibles sur la contamination radioactive de l’environnement terrestre japonais provoquée par l’accident de Fukushima Daiichi

 

Impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l'accident

Une forte contamination radioactive du milieu marin s’est produite après l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi le 11 mars 2011. Elle a eu pour principale origine le déversement direct d’eaux contaminées depuis la centrale, qui a duré environ jusqu’au 8 avril, et dans une moindre mesure, les retombées dans l’océan d’une partie des radionucléides rejetés dans l’atmosphère entre le 12 et le 22 mars.

A proximité immédiate de la centrale, les concentrations dans l’eau de mer ont atteint fin mars et début avril jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de becquerels par litre (Bq/L) pour les césiums 134 et 137 et même dépassé 100 000 Bq/L pour l’iode 131. 

L’IRSN a estimé la quantité totale de césium 137 rejeté directement en mer du 21 mars jusqu’à mi-juillet. La valeur ainsi obtenue est de 27.1015 Bq, la majorité (82 %) ayant été rejetée avant le 8 avril. Ce rejet radioactif en mer représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé.  

Toutefois, la localisation du site de Fukushima a permis une dispersion des radionucléides exceptionnelle, avec un des courants les plus importants du globe qui a éloigné les eaux contaminées vers le large dans l'océan Pacifique. Ainsi, les résultats de mesure obtenus dans l'eau de mer et les sédiments côtiers laissent supposer que les conséquences de l'accident, en termes de radioprotection, deviendraient faibles pour les espèces pélagiques à partir de l'automne 2011 (concentrations faibles dans l'eau de mer et stockage sédimentaire limité).

Cependant, une pollution significative de l’eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps, à cause des apports continus de substances radioactives transportées vers la mer par le ruissellement des eaux de surface sur des sols contaminés. De plus, certaines zones du littoral, non encore identifiées, pourraient montrer des conditions de dilution ou de sédimentation moins favorables que celles observées jusqu’à présent. Enfin, la présence éventuelle d’autres radionucléides persistants, comme le strontium 90 ou le plutonium, n’a pas été suffisamment caractérisée par des mesures.

Les résultats de mesure récents montrent la persistance d’une contamination des espèces marines (poissons principalement) pêchées sur les côtes de la préfecture de Fukushima. Les organismes benthiques et filtreurs ainsi que les poissons au sommet de la chaine alimentaire sont, dans la durée, les plus sensibles à la pollution au césium. Il est donc justifié de poursuivre une surveillance des espèces marines prélevées dans les eaux côtières de Fukushima.

Plus d'information : Synthèse des connaissances relatives à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs du site nucléaire accidenté de Fukushima-Daiichi

 
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