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Conséquences au Japon

Impact dosimétrique et gestion des territoires contaminés

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Estimation des doses susceptibles d’avoir été reçues par les personnes exposées au panache radioactif au Japon

En mars 2011, l’IRSN a estimé les doses susceptibles d’avoir été reçues par une personne exposée au panache radioactif au Japon, en supposant qu’elle ait séjourné sans protection (à l’extérieur) dans la même localité du 12 au 22 mars. Pour ces calculs de dose, l’IRSN a considéré un enfant d’un an qui est le plus sensible à l’iode 131.

En cas d’accident, les valeurs de doses "corps entier" à partir desquelles des actions de protection sont recommandées sont de 10 mSv pour la mise à l’abri et de 50 mSv pour l’évacuation. En dessous de 10 mSv, le risque pour la santé est jugé suffisamment faible pour ne pas rendre nécessaires ces actions de protection. A titre de comparaison, la dose annuelle moyenne reçue en France due à la radioactivité naturelle et aux expositions médicales est de 3,7 mSv.

En cas d’accident, l’ingestion d’iode stable est recommandée au Japon pour des valeurs de doses à la thyroïde de 100 mSv.

Les simulations qui suivent montrent l’évolution des doses au cours du temps, sur la période de simulation.

 

Doses corps entier susceptibles d’avoir été reçues par un enfant de 1 an en l’absence de protection pendant les rejets

 

Doses à la thyroïde susceptibles d’avoir été reçues par un enfant de 1 an en l’absence de protection pendant les rejets : 

 

Gestion radiologique des territoires contaminés à la suite de l’accident de Fukushima

Très tôt, dès le 21 mars, l’IRSN a conclu sur la base de l’observation du déroulement de l’accident que les rejets radioactifs étaient « très importants », et pouvaient être de l’ordre de grandeur d’un dixième de ceux survenus à Tchernobyl. Cette appréciation a été corroborée par les résultats des mesures de la contamination atmosphérique à très longue distance, puis par les estimations du « terme source » retenues par les autorités japonaises. 

Pendant la période concernée par ces rejets, la météorologie a été globalement favorable, les vents étant principalement dirigés vers l’Océan Pacifique. Toutefois, les 15 et 16 mars 2011, ces rejets ont été orientés vers le nord-ouest du site, et, en raison à la fois des précipitations importantes ces jours là, et de très la faible altitude du panache radioactif, des dépôts radioactifs substantiels se sont produits dans un secteur de territoire s’étendant bien au-delà de la zone évacuée de 20 km autour du site, et même au-delà de la zone de mise à l’abri, entre 20 km et 30 km autour du site. 

Un mois après l’accident, l’IRSN publiait une première carte proposant une estimation dosimétrique dans les territoires concernés par ces rejets. Malgré d’importantes incertitudes liées à l’époque à l’absence de résultats de mesure des dépôts radioactifs sur le terrain, cette carte montrait déjà que  des mesures de gestion du risque radiologique seraient probablement nécessaires pour les populations habitant ces territoires, au-delà de la zone des 20 km.

Fukushima - Estimation des doses reçues par irradiation externe la 1ere année. IRSN

Cliquer sur la carte pour une version agrandie

 

 Lire la note d'information du 12 avril 2011 : « Estimation des doses reçues au Japon par irradiation externe due aux dépôts radioactifs provoqués par l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi » (pdf)

 

Le 16 mai 2011, les autorités japonaises ont publié un plan d’évacuation des populations vivant dans certaines communes situées sous les rejets intervenus les 15 et 16 mars.

Cette mesure intervient notamment sur la base de la cartographie des dépôts radioactifs publiée par le ministère japonais MEXT, et de la décision de principe de retenir une valeur de 20 mSv comme limite maximale admissible de la dose externe reçue du fait de ces dépôts au cours de la première année d’exposition.

Outre le fait que certaines parties prenantes contestent le bien fondé de ces décisions, l’IRSN s’est intéressé à ce que serait l’étude d’une recommandation aux autorités françaises en pareilles circonstances, puisque telle serait bien l’une des missions de l’Institut en situation d’accident radiologique sur le territoire national, selon les textes en vigueur.

A cette même période, l’IRSN a rendu public son rapport d’analyse de la situation radiologique au Japon.  

Ce rapport analyse la situation autour du site de Fukushima-Daiichi au regard des
informations disponibles qui permettent d’estimer les doses qu’il serait possible d’éviter aux habitants de certains territoires en fonction des mesures de gestion pouvant être retenues, ainsi que du calendrier d’exécution effective de ces mesures.  

Il présente également une comparaison avec la situation des populations ayant vécu dans les territoires significativement contaminés de Russie, Biélorussie et Ukraine après l’accident de Tchernobyl. Cette comparaison est en effet pertinente car les niveaux de contamination élevés rencontrés au Japon dans la zone de 20 km et au-delà sont comparables, bien qu’affectant des territoires moins vastes et des populations moins importantes, à ceux constatés dans certains territoires de Russie, Biélorussie et Ukraine.

En conclusion, compte tenu de la composition présumée des rejets et de leur répartition géographique et de l’importance des populations concernées, ce rapport indique que l’IRSN proposerait de prendre en compte un seuil de contamination de 600 000 Bq/m² pour les césiums 137 et 134 (correspondant à une dose externe maximale de 10 mSv pour la première année) comme limite au-delà de laquelle une évacuation du territoire serait nécessaire. Ces mesures seraient à compléter par une surveillance active de la qualité radiologique de l’alimentation (respect des normes) et par un apprentissage des pratiques d’autoprotection vis-à-vis de l’exposition radiologique résiduelle (pratiques agricoles, pratiques alimentaires). Il est à noter que de telles recommandations s’inscriraient dans la logique des doctrines en cours d’élaboration au plan national français dans le cadre du CODIR-PA.

 

 Lire la note d'information de l'IRSN du 23 mai 2011 : « Gestion radiologique des territoires contaminés à la suite de l’accident de Fukushima : l’IRSN rend public son rapport d’analyse de la situation »

 Télécharger le rapport de l'IRSN en version française : « Evaluation au 66ème jour des doses externes projetées pour les populations vivant dans la zone de retombée nord-ouest de l’accident nucléaire de Fukushima » (pdf)

 Télécharger le rapport de l'IRSN en version anglaise : « Assessment on the 66th day of projected external doses for populations living in the north-west fallout zone of the Fukushima nuclear accident » (pdf) 

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