SharePoint
Aide
 

Fukushima en 2015

Impact environnemental en 2015 de l’accident de Fukushima Daiichi

Fermer

Authentification

Email :

Mot de passe :

Près de 4 ans après les rejets radioactifs qui ont suivi l’accident de mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, l’IRSN fait un nouveau point sur la contamination environnementale et les expositions des personnes à partir des évolutions observées.

L’institut analyse également les impacts des rejets radioactifs en milieu marin, notamment le césium 137. Ces investigations concernent trois aspects : la modélisation de la dispersion des rejets dans l’ensemble du Pacifique nord, la contamination des sédiments et les conséquences sur les espèces marines.

Pour le milieu terrestre, une synthèse est consultable dans le document ci-dessous. Des notes portant sur chaque thématique sont également à votre disposition au fil de cette page. 

Télécharger la synthèse « Actualisation des connaissances relatives à l’évolution de la pollution radioactive du milieu terrestre issue du site accidenté de Fukushima Daiichi » (PDF, 516 Ko)

Pour le milieu marin, l’ensemble des analyses des chercheurs et experts de l’IRSN sont présentées dans le document ci-dessous : 

Télécharger la note « Actualisation des connaissances à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer, des sédiments et des espèces marines » (PDF, 1030 Ko)

  

Contamination de l’environnement et de l’air

Dépôts en césiums dans l’environnement et débits de dose dans l’air

Le devenir du césium 134 et du césium 137 déposées sur les territoires (calculés en becquerels, Bq/m2) et des débits de dose dans l’air (calculés en microsievert par heure, µSv/h) qui en résultent sont des éléments déterminants pour guider les stratégies de gestion des populations, notamment le retour des habitants dans les zones évacuées, et les stratégies de décontamination.

L’évolution de la situation radiologique a été caractérisée au travers de multiples campagnes de mesures du débit de dose dans l’air : des mesures par avion ou hélicoptère, des mesures lors de trajets routiers, et des mesures ponctuelles in situ à l’aide de détecteurs statiques ou mobiles.

Toutes ces campagnes de mesures fournissent des résultats complémentaires et globalement convergents qui attestent d’une nette diminution du débit de dose dans l’air extérieur ; d’un facteur 2 à 3 entre mi-2011 et fin 2013 dans les 80 km autour de l’installation accidentée.

Cartographies des débits de doses dans l’air extérieur à 1 m du sol (µSv/h) établies à partir de mesures aéroportées.  

Cartographies des débits de doses dans l’air extérieur à 1 m du sol (µSv/h) établies à partir de mesures aéroportées. Diminution au fil du temps des surfaces présentant les débits de dose les plus importants.

 

Cette diminution très soutenue durant les deux premières années, plus lente à partir de 2013, s’explique en partie par la décroissance radioactive du césium 134 (période de 2 ans). Les autres phénomènes à l’origine de cette diminution sont le lessivage des sols par les pluies, la migration des radionucléides dans le sol, l’effet des labours et les actions de décontamination. 

Évolution des débits de dose mesurés par l’ensemble des dispositifs déployés et évolution attendue. 

Évolution des débits de dose mesurés par l’ensemble des dispositifs déployés et évolution attendue. Les valeurs représentées sont des valeurs moyennes dans un rayon de 80 km autour de la centrale.

    

Télécharger la note « Activités de césium déposés sur les territoires et débits de dose extérieurs ambiants associés » (PDF, 1506 Ko)

 

Contamination de l’air en césium

La remise en suspension par le vent et l’incinération de bois ou de végétaux entretiennent la persistance d’une contamination de l’air en césium. Néanmoins, la dose par inhalation susceptible de résulter de ces particules appelées « aérosols » est tout à fait négligeable, notamment au regard de la dose potentiellement liée à l’ingestion de denrées.

Télécharger la note « Concentrations en césium dans l’air » (PDF, 445 Ko)

Afin d’améliorer sa capacité d’expertise, l’IRSN effectue des travaux de recherche au Japon en collaboration avec des scientifiques japonais. Le projet Amorad (Amélioration des modèles de prévision de la dispersion et d’évaluation de l’impact des radionucléides au sein de l’environnement) étudie d’une part, les flux de césium dans les cours d’eau qui drainent les territoires contaminés et alimentent le milieu marin côtier et d’autre part, le devenir du césium radioactif en milieu forestier, la forêt représentant 75% du territoire contaminé.

 

Devenir du césium en milieu forestier

L’accident à la centrale de Fukushima a contaminé en césium 134 et en césium 137, de vastes étendues forestières représentant 75% du territoire contaminé, principalement des forêts d’arbres à feuilles persistantes de type conifère.

La contamination des espaces forestiers dans la durée et les risques de contamination des écosystèmes voisins est étudié dans le cadre du programme de recherche Amorad. Selon les premiers résultats de la campagne de 2013 effectuées sur le cèdre, il existe une différence de répartition du stock de césium entre les aiguilles anciennes, directement contaminées par le panache de 2011, et les aiguilles nouvelles.

Si on prend l’hypothèse que le renouvellement complet des aiguilles est de 3 ans pour le cèdre, cet écart ne perdura pas au-delà de 2013.

Télécharger la note « Étude du devenir du césium en milieu forestier » (PDF, 146 Ko)

 

(Mise à jour du 24 novembre 2015)
Conséquences écologiques des expositions chroniques aux rayonnements ionisants dans les territoires contaminés après l’accident de Fukushima

Diverses études dédiées aux conséquences des accidents nucléaires sur la faune et la flore rapportent des effets notables pour des débits de dose estimés si faibles que leurs conclusions remettent en cause les connaissances en radiobiologie.

Télécharger la note d’information - Mieux estimer la dose aux espèces non humaines pour évaluer les conséquences écologiques des expositions chroniques aux rayonnements ionisants dans les territoires contaminés après l’accident de Fukushima (PDF)

Lire la publication scientifique - Radiological dose reconstruction for birds reconciles outcomes of Fukushima with knowledge of dose-effect relationships

 

(Mise à jour du 10 novembre 2015)
Analyse d’une étude ayant mis en évidence des anomalies morphologiques sur des pins japonais

Une équipe de chercheurs japonais a identifié une augmentation des anomalies sur des pins situés en zone contaminée, des faits déjà observés après l’accident de Tchernobyl. L’IRSN comme les auteurs restent néanmoins prudents quant au lien de causalité avec le niveau de radioactivité ambiant.

Lire la note de lecture – Analyse par l’IRSN d’une étude ayant mis en évidence des défauts morphologiques sur des populations de pins japonais autour de la centrale de Fukushima (PDF, 579 Ko)

Lire la publication publiée dans Nature Scientific Reports – Morphological defects in native Japanese fir trees around the Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant


Flux de césium dans les cours d’eau

La préfecture de Fukushima présente un réseau hydrographique très dense, avec de nombreux petits fleuves côtiers qui se jettent dans l’océan Pacifique au nord de la centrale de Fukushima Daiichi, et le fleuve de l’Abukuma qui traverse la ville de Fukushima et rejoint, un peu plus au nord encore, également le Pacifique.

Le césium 134 et le césium 137 dans l’eau brute (dissous + particules en suspension) restent en dessous de 1 Bq/L depuis fin 2011 environ pour la quasi-totalité des cours d’eau figurant dans le plan de surveillance de l’environnement. Le fleuve Ukedo, qui draine les bassins les plus contaminés par l’accident, connait cependant des activités épisodiquement significatives. Par ailleurs, les activités varient dans le temps, et peuvent augmenter d’un facteur 10 en période de typhons par rapport aux conditions normales.

Bien que modérés, les niveaux de césium (134 et/ou 137) dans les cours d’eau de la préfecture de Fukushima restaient, à l'automne 2013, jusqu'à 1 000 fois supérieurs à ceux enregistrés dans les eaux filtrées du Rhône aval (fleuve le plus nucléarisé de France). Quant aux matières en suspension, elles présentent des activités jusqu'à 100 000 fois plus élevées que celles des particules en transit dans le Rhône aval.

Télécharger la note « Études des flux de césium dans les cours d’eau » (PDF, 110 Ko)

 

Impacts pour la population

Dose externe individuelle reçue par la population

La dose externe individuelle effectivement reçue par les personnes ne peut pas être directement déduite des mesures de débit de dose effectuées dans l’air à l’extérieur. En effet, une personne passe une grande partie de son temps à l’intérieur de constructions dans lesquelles le débit de dose est plus faible qu’à l’extérieur.

Les suivis dosimétriques individuels effectués depuis fin 2011 sur des dizaines de milliers de personnes, en particulier à Date (à 70 km de la centrale), Koriyama (60 km) et Fukushima-ville (70 km), montrent qu’une grande majorité des habitants ont reçu une dose inférieure à 1 mSv/an et pour plus de 90% d’entre-elles une dose inférieure à 2 mSv/an.  Les doses reçues par les enfants sont inférieures à celles reçues par la plupart des adultes du fait notamment d’un faible temps passé à l’extérieur.

Télécharger la note « Doses externes individuelles » (PDF, 361 Ko)

 

Travaux de décontamination

Différentes actions pour réduire le débit de dose dans l’air ont été menées en zone non évacuées et se poursuivent en zone évacuée là où se prépare le retour des populations. Elles consistent à retirer une partie du césium fixé en retirant les premiers centimètres de terre, en coupant une partie de la végétation ou en nettoyant et décapant les surfaces artificielles.

L’efficacité de la décontamination est variable suivant le type d’environnement et le débit de dose initial : plus il est élevé plus la réduction apportée par les actions de décontamination sera importante. Des taux de réduction moyens compris entre 20 et 50% sont régulièrement rapportés des opérations menées sur différentes localités.

Télécharger la note « Travaux de décontamination » (PDF, 1249 Ko)

Lire la page suivante pour en savoir plus sur la gestion des déchets issus des opérations décontamination

 

Retour de la population dans certaines zones évacuées

La diminution du débit de dose dans l’air extérieur et les mesures individuelles qui attestent que la dose externe effectivement reçue par les personnes est de l’ordre de 4 à 10 fois plus faible que celle dans l’air extérieur, ont permis dès 2012 aux autorités japonaises d’envisager le retour des populations dans certaines zones évacuées.

Zonage des territoires évacués en octobre 2014.  

Zonage des territoires évacués en octobre 2014. Bilan à cette date des personnes évacuées en fonction de leur lieu de résidence d’origine

 

Une fois l’ordre d’évacuation levé, le retour effectif de la population et les intentions même de retour sont très variables d’une localité à l’autre. Si la santé reste la préoccupation principale des habitants qui se posent la question du retour, les raisons financières, liées à l’emploi et la vie sociale, viennent immédiatement après.

La levée de l’ordre d’évacuation nécessite d’abord la restauration préalable des infrastructures (eau, gaz, voiries, télécommunications) et des services publics (médical, postal, éducatifs). Ils dépendent également de la perception du risque radiologique mais aussi des conditions socio-économiques. Fin 2014, suite à la levée en avril et octobre des ordres d’évacuation d’une partie des communes de Tamura et Kawauchi respectivement, la moitié des populations concernées était revenue chez elles.

Télécharger la note « Préparation au retour de la population dans certaines zones évacuées » (PDF, 385 Ko)

 

Impact sur les denrées alimentaires

Contamination des denrées alimentaires

L’autre voie d’atteinte radiologique de la population est l’ingestion de denrées contaminées. Depuis mars 2011, le Ministère de la Santé et du travail japonais a régulièrement publié sur son site Internet les résultats de mesure de contamination des denrées alimentaires produites au Japon.

Contamination des denrées japonaises produites sur les localités les plus touchées par les dépôts radioactifs  

Contamination des denrées japonaises produites sur les localités les plus touchées par les dépôts radioactifs situées en périphérie des zones évacuées (ponct.=ponctuellement).

 

Les niveaux les plus importants ont été atteints immédiatement après les dépôts radioactifs et n’ont concerné que les quelques cultures maraichères en cours de production à cette période hivernale (épinards, salades, choux…). Ainsi, la plupart des denrées japonaises ont été relativement épargnées en raison de la date de l’accident : la contamination des productions agricoles est restée majoritairement très en-deçà des normes de commercialisation de 500 Bq/kg pour les radiocésiums et 2 000 Bq/kg pour l’iode 131, y compris dans la préfecture de Fukushima.

A partir de 2012 et à de rares exceptions près, les dépassements de la nouvelle norme de commercialisation japonaise de 100 Bq/kg n’ont plus concerné que les denrées sauvages (gibiers, champignons saisonniers), les denrées issues de végétaux qui avaient des feuilles au moment des retombées radioactives (pousses de bambou, crosses de fougères…) et quelques échantillons de denrées agricoles (végétales) cultivées dans les localités situées en périphérie de la zone évacuée, notamment du riz, du sarrasin, des graines de soja et des haricots rouges. 

En 2014, plus des 96% des échantillons de denrées végétales produites dans la préfecture de Fukushima avaient une teneur inférieure à la norme de 100 Bq/kg.

Télécharger la note « Contamination des denrées alimentaires » (PDF, 1417 Ko)

 

Doses internes résultant de la consommation de denrées contaminées

Les doses internes résultant de la consommation de denrées ont été limitées en raison de la contamination modérée des produits issus de l’agriculture et de l’élevage, mais aussi grâce à l’évacuation des territoires les plus touchés et aux interdictions de consommation.

Les doses par ingestion potentiellement les plus élevées ont concerné les trois premiers mois qui ont suivi les dépôts radioactifs. Pour les très rares personnes qui ont consommé des produits locaux très contaminés en iode 131 (légumes-feuilles et champignons essentiellement), les doses à la thyroïde ont alors pu atteindre quelques dizaines, voire la centaine de millisievert.

Pour le reste de l’année 2011, les doses dues aux seuls césiums 134 et 137 (l’iode ayant quasiment disparu par décroissance radioactive au terme des trois premiers mois) ont été très faibles au regard de l’importance des dépôts radioactifs. Les résultats de la campagne d’examens anthroporadiométriques, réalisées sur plus de 106 096 résidents de la préfecture de Fukushima à partir de juin 2011, montrent que la valeur de 1 mSv n’a été dépassée que pour 26 personnes.

Les doses plus élevées résultent vraisemblablement de la consommation de produits naturels (gibiers ou champignons) contaminés au-dessus des normes de commercialisation. Ainsi, la consommation d’un kilogramme de viande de sanglier présentant une teneur en radiocésiums égale à l’activité maximale mesurée en 2013, serait de l’ordre de 1 mSv.

Télécharger la note « Doses potentiellement dues à l’ingestion de denrées contaminées » (PDF, 71 Ko)

 

Impact sur le milieu marin

Courants de surface devant les côtes est du JaponLa centrale de Fukushima est située sur la côte de l’océan Pacifique, à proximité de la zone d'interaction de deux courants, qui entraînent des courants giratoires variables. Ces courants sont déterminants pour la dispersion de la pollution radioactive à moyen et long terme.

Les rejets en mer continuent depuis le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et l’ensemble du Pacifique Nord est maintenant marqué par le césium 137 jusqu'à environ 500 mètres de profondeur. Les outils de modélisation ne permettent pas de s’affranchir des mesures sur des prélèvements en mer pour estimer la dispersion de la contamination.

Les espèces marines sont encore parfois contaminées en radiocésium à un niveau qui dépasse la limite fixée par les autorités sanitaires japonaises (100 Bq.kg-1), essentiellement dans la préfecture de Fukushima, comme indiqué dans le rapport de l’Agence des Pêches Japonaises. Dans ce contexte, il est important que les mesures de contrôle des produits de la pêche soient maintenues dans la région de Fukushima.

 

Télécharger la note « Actualisation des connaissances à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer, des sédiments et des espèces marines » (PDF, 1030 Ko)

Page 1 de 234