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Fukushima en 2015

Impact sur la santé en 2015 de l’accident de Fukushima Daiichi

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​L’IRSN publie sur cette page ses notes d'information sur les impacts sanitaires de l’accident de Fukushima Daiichi pour les habitants de cette région et le suivi des personnels qui travaillent sur le site de la centrale.

 

L’Université médicale de Fukushima (FMU) coordonne un vaste programme de suivi médical des habitants de la préfecture de Fukushima. Il repose sur quatre études épidémiologiques d’une durée de 30 ans, dont la première auprès des 2,1 millions de personnes qui se trouvaient dans la préfecture de Fukushima au moment de l’accident. Par ailleurs, trois populations à risque font l’objet d’un suivi plus poussé : les enfants, les évacués et les femmes enceintes.

Télécharger la note « Bilan des études épidémiologiques conduites sur les habitants de la préfecture de Fukushima – Point de situation en mars 2015 » (PDF, 233 Ko)

Quant aux travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale de Fukushima Daiichi, ils font l’objet d’un suivi spécifique par l’exploitant du site Tepco. Ce sont les seules informations disponibles à ce jour quant aux doses reçues par les employés de Tepco et les sociétés sous-traitantes qui travaillent sur le site.

Télécharger la note « Situation des travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi - Mars 2015 » (PDF, 138 Ko)

 

Bilan des études épidémiologiques conduites sur les habitants de la préfecture de Fukushima en mars 2015

Dès la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires japonaises ont conçu et mis en place des quatre études épidémiologiques afin d’évaluer l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs et de suivre l'évolution de l'état sanitaire au cours du temps.

Prévues pour une durée d’environ 30 ans, le pilotage de ces études a été confié à la FMU en collaboration avec d’autres centres médicaux japonais.

 

Enquête de base à destination de tous les habitants de la préfecture de Fukushima

Selon le dernier bilan réalisé au 31 décembre 2014, 554 241 personnes parmi les 2 055 383 habitants de la préfecture de Fukushima avaient répondu au questionnaire depuis que celui-ci a commencé à être distribué.

Répartition des doses externes maximales reçues par la population de la préfecture de Fukushima 

Répartition des doses externes maximales reçues par la population de la préfecture de Fukushima (à l'exclusion des travailleurs) au cours des quatre premiers mois après l'accident, selon les résultats de l'enquête

Parmi les 448 948 résidents de la préfecture de Fukushima (hors travailleurs de la centrale) pour lesquels une dose externe a été estimée, 279 118 personnes (soit 62,2% des personnes évaluées) auraient reçu au cours des 4 premiers mois après l’accident des doses externes inférieures à 1 mSv et 12 personnes (soit moins de 0,003% des personnes évaluées) auraient reçu des doses supérieures à 15 mSv. La dose externe maximale reçue est estimée à 25 mSv.

Aucune évolution significative dans le temps de ces statistiques n’est observée.

 

Suivi de la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs

Afin d’évaluer la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs, l’Université médicale de Fukushima a débuté une vaste campagne de dépistage du cancer de la thyroïde auprès des 360 000 enfants présents dans la préfecture de Fukushima au moment de l’accident.

Au cours de la première campagne de dépistage (avril 2011 - avril 2014) auprès de 298 577 enfants ayant répondu à la convocation pour une échographie thyroïdienne, 86 cas de cancers de la thyroïde ont été diagnostiqués et 23 enfants font l’objet d’un suivi particulier afin d’observer l’évolution des résultats des examens complémentaires jugés douteux.

Dans le cadre de la deuxième campagne de dépistage (avril 2014 - avril 2016), 106 068 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien. Au 31 décembre 2014, le bilan thyroïdien a été interprété pour 75 311 enfants et 611 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. Il est à ce stade beaucoup trop prématuré pour se prononcer sur la significativité des chiffres mentionnés pour la deuxième campagne de dépistage. Aucun élément ne permet d’affirmer à ce jour s’il y aura ou non une augmentation des cancers thyroïdiens chez les enfants de la préfecture de Fukushima.

 

Suivi des personnes évacuées

Environ 210 000 personnes évacuées dans les semaines qui ont suivi l’accident sont conviées une fois par an pour un bilan médical approfondi.

Un rapport produit par l’Université médicale de Fukushima le 25 décembre 2014 montre que plus de temps s’écoule depuis l’accident, moins les personnes se présentent pour leur bilan médical. Cette évolution semble dénoter une moindre inquiétude des personnes évacuées qui semblent se sentir de moins en moins concernées par les éventuelles conséquences sur leur santé des expositions qu’elles auraient subies au moment de l’accident.

Les observations tirées de ces bilans de santé réalisés depuis 2011 montrent également une tendance globale à l’amélioration de l’état de santé physique des personnes évacuées, très probablement liée à une amélioration de leur hygiène de vie.

S’agissant de l’évaluation des conséquences psychologiques de l’accident, 3 493 personnes (473 enfants et 3 020 adultes) ont bénéficié d’un soutien téléphonique. Chez les enfants, les problèmes étaient principalement : des émotions exacerbées, un caractère irritable, des problèmes relationnels avec leurs amis, un comportement de rébellion (31,4%). Chez les adultes, un syndrome dépressif était le principal problème évoqué lors des entretiens téléphoniques.

 

Suivi des femmes enceintes au moment de l’accident et leurs enfants

Cette étude porte sur le suivi d’environ 20 000 femmes se trouvant dans la préfecture de Fukushima et ayant déclaré une grossesse à partir du 1er août 2010, et d’un suivi des éventuelles anomalies génétiques et congénitales diagnostiquées chez les enfants nés de ces femmes. 

Les principaux enseignements tirés de cette enquête sont les suivants :

  • le taux de fausses couches n’a pas connu d’évolution significative ;
  • le taux de naissances prématurées, après avoir augmenté entre 2011 et 2012, est à la baisse en 2013 ;
  • le taux de malformations à la naissance est resté relativement stable depuis août 2010. Il est comparable à la moyenne nationale japonaise qui est comprise entre 3 et 5%.

  
S’agissant de la santé mentale des mères, 24,5% des femmes interrogées en 2012/2013 ont répondu se sentir triste ou déprimée et/ou se sentir désintéressée au cours du dernier mois, contre 25,5% en 2011/2012 et 27,1% en 2010/2011.

Par ailleurs, 1 098 femmes ont exprimé le souhait d’un soutien psychologique par téléphone ou dans le cadre d’une consultation. La raison invoquée était liée à des symptômes dépressifs pour 67,5% d’entre elles et à la peur des conséquences de la radioactivité sur leur grossesse pour 17,1% d’entre elles (chiffre en nette diminution, à comparer aux 29,2% en 2010/2011 et 23,7% en 2011/2012).

Télécharger la note « Bilan des études épidémiologiques conduites sur les habitants de la préfecture de Fukushima – Point de situation en mars 2015 » (PDF, 233 Ko)

 

Situation des travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Doses reçues par les travailleurs et effets observés

Les seules informations disponibles à ce jour quant aux doses reçues par les travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale de Fukushima Daiichi sont celles fournies par l’exploitant du site TEPCO qui publie un bilan mensuel depuis le mois d’avril 2011. Ces informations ne concernent que les employés de TEPCO ainsi que ceux des sociétés sous-contractantes. 

La dose moyenne reçue entre le 11 mars 2011 et le 31 décembre 2014 par ces travailleurs est de 23,11 mSv pour les salariés de TEPCO et de 10,85 mSv pour les salariés des sociétés sous-contractantes, soit en légère diminution par rapport au bilan publié en février 2014 (-0,5 mSv pour les travailleurs TEPCO et -0,11 mSv pour les salariés des sociétés sous-contractantes).

A ce jour, neuf décès de travailleurs ont été enregistrés, parmi lesquels aucun n’est attribuable à une exposition aux rayonnements ionisants, selon les indications des autorités japonaises.

 

Suivi sanitaire

Chaque travailleur, y compris ceux qui ne sont plus engagés dans les opérations en cours à la centrale de Fukushima Daiichi, bénéficie d’un bilan médical de base comprenant des examens ophtalmologique, auditif, pulmonaire, cardiovasculaire, digestif, ainsi que des analyses biologiques et une évaluation de son état psychologique et psychiatrique.

A notre connaissance, aucun bilan précis et complet de ce suivi sanitaire n’a été publié à ce jour, ni par les autorités japonaises, ni par TEPCO ou ses sociétés sous-contractantes.

 

Informations recueillies suite à la publication des rapports de l’OMS et de l’UNSCEAR

Le Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR) a confirmé dans son rapport publié en 2014 qu’aucun syndrome aigu d’irradiation n’avait été observé à court terme, ni était attendu compte tenu que les doses reçues par les travailleurs les plus exposés sont toujours restées inférieures aux seuils d’apparition de tels effets.

L’UNSCEAR a également évalué quels étaient les risques à long terme pour la santé des travailleurs. Ses conclusions globalement concordantes avec celles de l’Organisation mondiale sur la santé (OMS) publiées en février 2013 sont les suivantes :

  • L’augmentation du risque de cancer est faible pour les 174 travailleurs ayant reçu plus de 100 mSv. Entre 2 et 3 cas de cancers additionnels pourraient survenir en plus des 70 cancers environ attendus en l’absence d’exposition. Chez ces mêmes individus, 1 cas de leucémie pourrait être induit par l’exposition.
  • Il est peu probable qu’une possible augmentation de l’incidence du cancer radio-induit soit détectable pour les 2 000 travailleurs environ qui ont reçu une dose à la thyroïde supérieure à 100 mGy. Il n’est par contre pas exclu que soient observés des cas d’hypothyroïdie (diminution de la fonction thyroïdienne).
  • Pour les travailleurs ayant reçu les doses efficaces les plus élevées, la probabilité d’un excès de maladies circulatoires existe, au moins théoriquement selon les connaissances scientifiques actuelles, mais reste très faible.
  • Les données ne sont pas suffisantes sur le plan statistique pour pouvoir se prononcer quant à une possible augmentation de l’incidence de la cataracte.
  • Il existe des risques de troubles de stress post-traumatique. Une enquête menée 2 à 3 mois après l’accident a d’ailleurs révélé l’apparition de tels troubles chez certains travailleurs.


Télécharger la note « Situation des travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi » (PDF, 138 Ko)

 

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