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Crise

Mission d’information : Relever le défi de la transparence

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Pendant l’accident de Fukushima, l’Institut a informé de manière rigoureuse et en temps réel les pouvoirs publics, les médias, le public et la société civile en mobilisant les experts et la cellule communication.

« En France, nous vivons depuis plus de vingt-cinq ans avec le souvenir du ‘mensonge’ de Tchernobyl », rappelle Marie-Pierre Bigot, directrice de la communication, qui a piloté la cellule de communication du centre technique de crise (CTC) de l’IRSN.

Depuis sa création en 2002, l’Institut mène une politique active d’information. Ainsi, répondre au besoin d’information des pouvoirs publics, des médias, du grand public ou encore de la société civile s’est naturellement imposé durant l’accident du Japon. « Le travail au quotidien avec les experts depuis presque dix ans, la compréhension mutuelle des contraintes de nos métiers ont été très utiles durant cette crise. »

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Informer les pouvoirs publics

  "L’IRSN nous tient informés et nous rendons tout ceci public de manière tout à fait transparente et immédiate."

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, le 16 mars 2011, lors de son audition à l’Assemblée nationale. 

Visite des ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson au CTC.©Grégoire Maisonneuve/IRSN 

Tout a commencé selon le modus operandi habituel. « Nous avons informé par téléphone les principaux cabinets ministériels, à savoir l’Écologie et l’Industrie, et celui du Premier ministre », se rappelle Michel Brière, directeur général adjoint, chargé de coordonner la mobilisation de l’IRSN durant l’accident. « Très vite, au regard de la gravité des événements, nous avons armé le centre technique de crise et prévenu de plus en plus de responsables politiques et décideurs. » 

C’est en effet à un drame sans précédent que l’IRSN faisait face. « Sollicités de toute part, nous avons mis en place des bulletins électroniques quotidiens, synthétisant notre analyse de l’état des centrales nucléaires japonaises et des conséquences pour les populations et l’environnement. » La quasi-totalité des cabinets ministériels ont demandé à y être abonnés.

En parallèle, l’IRSN a participé, chaque matin, aux réunions de la cellule interministérielle de crise, pilotée par le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, un service du Premier ministre.

L’Institut a été sollicité par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui informe le Parlement et éclaire ses décisions. « J’ai été convoqué pour une présentation sur les lignes de défense des réacteurs », illustre ainsi Martial Jorel, directeur du CTC.

 

La direction de l’IRSN au service de l’État  

 

L’amp​leur du séisme et du tsunami qui ont frappé le Japon a, dès le premier jour, conduit à la mobilisation des structures gouvernementales françaises de gestion de crise, en soutien à la communauté française expatriée, et aux efforts de sécurité civile des autorités nippones.  Dès qu’il est apparu que cette catastrophe allait se doubler d’une crise nucléaire, à partir du 12 mars, l’IRSN a été étroitement associé à cette mobilisation.  ​

La Présidente du Conseil d'administration et le Directeur Général ont ainsi participé aux réunions quotidiennes organisées par le secrétaire général de l’Élysée et le directeur de cabinet du Premier ministre, aux réunions de la cellule de crise du Quai d’Orsay, et à celles du comité interministériel de crise présidé par le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale.     

Ainsi, les analyses produites par le Centre technique de crise de l’Institut étaient, quasiment en temps réel, portées à la connaissance des plus hautes autorités de l’État, éclairant leurs prises de décision. 

 

Répondre aux médias de façon compréhensible

Également sur le pont, la cellule de communication a répondu chaque jour à plus de cent demandes d’interview, avec des impératifs de délais.

« Le Monde boucle à 10 h 30 le matin : il leur fallait un expert au plus tard à 9 heures », raconte Pascale Portes, responsable du service de presse. « Les radios avaient besoin de flashs d’information réguliers et la télévision d’alimenter les journaux de 13 heures et 20 heures. »

Conférence de presse animée par des porte-paroles de l’IRSN.©Grégoire Maisonneuve/IRSNRapidement, trois porte-paroles sont désignés sur des domaines distincts : sécurité des installations, environnement et santé. Leur plus grande difficulté : « Informer en temps réel tout en prenant le temps de valider et de remettre dans leur contexte les éléments qui nous parvenaient : que signifie cette température de cuve mesurée ? » résume Thierry Charles, porte-parole de la partie installations. 

« Nous étions l’un des seuls instituts à donner autant d’information digérée et interprétée, ce qui explique sans doute la progressive affluence de médias de Chine, Japon, Corée, États-Unis, Grande -Bretagne ou Suisse. »  Pendant ce temps, Olivier Isnard, expert de l’IRSN dépêché au Japon, assure des interviews sur place pour les Français séjournant au Japon.

En parallèle, le service de presse scrute les médias. « Nous avons eu connaissance du séisme par les agences AFP et Reuters, et les premières informations sur les centrales nous sont venues par leurs dépêches », explique Pascale Portes. « Nous étions donc un relais entre experts et journalistes, et ce dans les deux sens. » 

Pascale Portes, responsable du service de presse, et Alexandra De Busni, attachée de presse © Grégoire Maisonneuve/IRSNSpécialiste scientifique à RTL, la journaliste Carole Laporte-Mani témoigne de l’apport de l’Institut : « Durant cette crise, l’IRSN a été très réactif à travers des points presse quotidiens, des interlocuteurs disponibles et une cellule presse habile à gérer les rendez-vous en respectant les délais des journalistes. C’est d’ailleurs devenu mon interlocuteur principal. Nous recevions du Japon beaucoup de données brutes, parfois contradictoires. L’IRSN les mettait en perspective, expliquant avec prudence pourquoi telle donnée justifiait de s’inquiéter ou non. On sentait la volonté des experts d’être le plus précis possible, dans la mesure des éléments dont ils disposaient. Le tout en apprenant à utiliser un langage rigoureux sans être trop scientifique. Seuls points négatifs : la difficulté d’accès en transports au CTC et le fait d’avoir toujours les mêmes porte-paroles. Les journalistes préfèrent varier les experts interviewés, aussi compétents soient-ils ! » 

 

Faire face à l’augmentation du trafic du site Internet

Christine Goudedranche, responsable du Web, et Michel Brière, directeur général adjoint.©Grégoire Maisonneuve/IRSNL’IRSN étant très présent dans les médias, le public s’est vite informé grâce à son site Internet. « Dès le samedi, le trafic du site irsn.fr a commencé à croître », témoigne Christine Goudedranche, responsable du Web.  

« Le 23 mars, le panache a survolé la France : nous avons enregistré 600 000 visites en un jour… contre 35 000 par mois habituellement ! »  

Autre défi technique à relever : rendre public l’accès, en quasi-temps réel, aux mesures des balises de surveillance de la radioactivité de l’environnement en France métropolitaine et en outre-mer (DROM-COM). « Pour notre base de données Criter, imaginée pour un usage interne à l'Institut, nous avons dû passer de 2 à plus de 20 serveurs et développer en quelques jours une version allégée du logiciel. » 

Accessibles et téléchargeables depuis le site Internet, les foires aux questions (FAQ) et les bulletins électroniques ont permis à la presse comme au grand public de suivre l’évolution de la situation avec une information de qualité. « Nous savons qu’ils ont même été traduits en japonais », précise Marie-Pierre Bigot, rapportant une information fournie par la radio NHK.   

 

Relayer l’information auprès des CLI

En chiffres...

Durant les quatre semaines ayant suivi l'accident :
- 5 000 retombées de presse.
- 1 365 demandes d’interviews.
- 50 notes d’information, de bulletins de suivi de la France publiés…
- 612 000 visites et 1,5 million de pages vues sur le site irsn.fr le 23 mars 2011.

De son côté, Michael Petitfrère, chargé des relations avec les commissions locales d’information, renseigne leurs présidents et chargés de mission.

« Nous leur avons fait suivre toutes les notes d’information, et nous avons identifié les experts du CTC qui pouvaient répondre à leurs questions, qu’elles portent sur le passage des masses d’air au-dessus de la France ou sur l’impact de l’accident sur la santé d’un enfant expatrié. »  

Mi-septembre, un séminaire a été mis sur pied avec l’Anccli [1] afin d’échanger sur les enjeux de sûreté après Fukushima, et notamment sur les évaluations complémentaires de sûreté déclenchées sur le parc nucléaire français.

 

Vue d'ailleurs : Efficacité et fiabilité de l’information fournie

Interview de Shohei Sato, directeur du département sécurité des systèmes nucléaires, au sein de la JNES [2], organisme technique de sûreté japonais.

« Après l’accident de Fukushima, la JNES a collecté des informations auprès de toutes les autorités de sûreté nucléaire étrangères et de leurs instituts techniques, afin de les diffuser au sein de notre organisme et de les transférer à notre autorité de sûreté, la NISA [3].

Parmi l’énorme quantité d’informations réunies, celles de l’IRSN étaient remarquables tant en qualité qu’en quantité. Nous avons particulièrement tenu compte de la simulation du panache radioactif de Fukushima mise en ligne peu de temps après l’accident. Les rapports sur la contamination et les effets environnementaux, en milieux terrestre et marin, étaient également à la fois complets et de grande valeur pour la JNES.

D'ailleurs, nous surveillons depuis des années, chaque semaine, les sites des différentes organisations nucléaires internationales, dont ceux de l'IRSN et de l'ASN, et traduisons les informations que nous jugeons pertinentes. Quelques-uns des rapports d'expertise s'avèrent très utiles et l'annuel “Point de vue de l'IRSN sur la sûreté et la radioprotection du parc électronucléaire français” est désormais résumé en japonais chaque année.

Il est à noter que le site de l'IRSN est disponible en français et en anglais, la partie française étant plus complète. Mais comme seule une petite partie du personnel de la JNES parle français, ce contenu est traduit automatiquement en anglais. » 

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