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Comment l’IRSN a-t-il aidé les entreprises en France et au Japon à traverser la crise de Fukushima ? Quelques témoignages.

 

Compagnie aérienne : Rassurer les personnels navigants

« Nous avons travaillé avec le centre technique de crise de l’IRSN, se souvient Gérard Desmaris, médecin du travail d’Air France et spécialiste de radioprotection. Au Vésinet (Yvelines), 36 anthroporadiamétries (examen d’évaluation des doses reçues), toutes négatives, ont été réalisées pour les équipages de retour du Japon. Les mesures ont rassuré nos navigants et les organisations professionnelles. »

De son côté, la compagnie a acheminé du matériel de radioprotection, de l’iode, des balises Téléray… au Japon et dans les DROM-COM pour aider à la surveillance de l’environnement. « Nos salariés restent inquiets, notamment pour l’eau et la nourriture au Japon », déplore le médecin. « J’ai rapporté de l’eau du réseau de Tokyo et des échantillons alimentaires pour les faire analyser par l’IRSN. Les résultats devraient écarter les craintes, mais il reste beaucoup de pédagogie à faire. »

« Le personnel navigant d’Air France est déjà sensibilisé aux rayonnements ionisants », rappelle-t-il. « Depuis 2001, avec le soutien de l’IRSN, nous utilisons un système baptisé Sievert pour calculer les doses de rayonnements cosmiques accumulées par nos équipages. Nous avons développé des applications informatiques pour le suivi, sur 8 mois glissants, du personnel le plus exposé, et mis en place des systèmes d’enseignement assisté par ordinateur. Pour autant, la crainte de contamination à l’occasion de la crise nucléaire de Fukushima, pour les équipages des vols vers et depuis le Japon, était réelle. L’IRSN nous a permis de dissiper rapidement les inquiétudes. »

 

Média : Indiquer les mesures à prendre

Deux techniciens et quatre journalistes de Radio-France couvraient Fukushima au Japon. Partis pour le séisme et le tsunami, ils n’étaient pas protégés contre la radioactivité. Marie-Pierre Meteau, infirmière, a dû remplacer le médecin du travail, absent.

« J’ai sollicité l’IRSN et la cellule de crise du Quai d’Orsay. L’IRSN nous a indiqué les mesures à prendre. Dès leur retour, nos équipes se sont rendues au laboratoire d’analyses du Vésinet (Yvelines). Le matériel a été stocké afin d’être contrôlé. Un magnéto ayant été rapporté dans une rédaction, des techniciens sont allés y prendre des mesures. Aucune contamination n’a été relevée. »

 

Navigation : Évaluation des risques 

Le navire câblier qui a effectué la réparation. ©Louis Dreyfus Armateurs« Avant d’envoyer du personnel dans une zone susceptible d’être contaminée, il est capital d’évaluer la situation et de s’assurer de l’absence de risques », souligne Alain Coatanhay, directeur de la flotte de Louis Dreyfus Armateurs.

Un de ses navires devant réparer un câble de fibre optique sous-marin endommagé par le séisme à 120 km à l’est de Fukushima, il s’est tourné vers l’Institut. « Les informations fournies ont été essentielles pour rassurer l’équipage. Les experts nous ont aidés à présenter la situation radiologique et à mettre en place un processus de surveillance, comprenant des dosimètres individuels et des radiamètres pour le bateau. Un expert a accompagné le navire jusqu’à la zone d’intervention. Fort heureusement, l’exposition y était nulle ! »

  

Fournisseur de dosimètres : Qualité maintenue

Le principal fournisseur de dosimètres radiophotoluminescents de l’IRSN est japonais. Makoto Imai, son directeur, explique comment Chiyoda Technol, à Tokyo, a géré la situation :

« Dès l’accident, lors de visioconférences avec l’IRSN, nous avons précisé l’état de nos installations et de notre capacité de production. L’IRSN avait commandé 30 000 dosimètres longtemps avant l’accident. Par précaution, la date de livraison a été avancée. Pour éviter tout risque de contamination, les dosimètres sont fabriqués dans des régions éloignées de Fukushima. Ils sont aussi contrôlés à l’arrivée par l’IRSN. »

  

Robotique : Les salariés protégés

Intervention en milieu hostile à l’aide d’un robot découpeur.©JAPC/E-Energy/Cybernétix« Il y a une grande différence entre intervenir en milieu radioactif confiné sur un chantier et dans un milieu ouvert susceptible d’être contaminé et sur lequel on n’a pas de maîtrise », rapporte Olivier Bernard, ingénieur et personne compétente en radioprotection de Cybernétix.

Au moment du séisme, cette société spécialisée en robotique pour les interventions en milieu hostile participait au démantèlement des générateurs de vapeur de la centrale de Tokai-Mura, au sud de Fukushima.

« Dès le 11 mars, nous avons demandé à l’IRSN des informations sur la situation. La difficulté était de caractériser le risque, la dispersion des radioéléments et le niveau de contamination. Nous avons décidé de rapatrier nos deux salariés. À leur arrivée, ils se sont rendus au Vésinet (Yvelines) pour des anthroporadiamétries. Les résultats étaient négatifs.

Avant que nous renvoyions du personnel au Japon, la cellule santé de l’Institut nous a aidés à quantifier les risques et à déterminer les mesures à prendre. Nos salariés ont emporté des dosimètres, des tenues de radioprotection et des compteurs. »

 

Musée : Contrôler la radioactivité d’œuvres d’art 

Alain Savary, expert de l’IRSN, réalise des mesures sur des œuvres d’art. ©OlivierChabanis/IRSNIl faut sauver Dalí, Miró et Picasso ! Au moment de l’accident de Fukushima, 170 oeuvres du Centre Pompidou sont exposées au National Art Center de Tokyo. La direction du Centre et du musée d’Art moderne prend les dispositions nécessaires pour récupérer la collection prêtée au terme de l’exposition. En mai, Brigitte Léal, conservatrice, se rend sur place, accompagnée de deux régisseurs et du responsable du service des prêts.

« Dès que nous avons été alertés du risque de contamination, nous avons contacté le centre technique de crise de l’IRSN », relate la conservatrice. « Nous étions très inquiets, c’était la première fois que nous étions confrontés à une telle situation. Nous ignorions si les œuvres étaient susceptibles d’être dégradées, irradiées, et s’il était possible de les manipuler sans risque pour le personnel du musée. On craignait que les œuvres, à leur retour, ne contaminent tout le musée…

Très rapidement, les spécialistes de l’IRSN ont effectué à Tokyo des analyses des œuvres, des caisses de transport et des salles d’exposition. Les résultats, détaillés dans un rapport précis, ont permis de rassurer tout le monde. Aujourd’hui, les œuvres ont regagné les réserves ou les salles du musée. Par mesure de précaution, et surtout pour lever tous les doutes, les caisses ont été détruites. » 

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