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Les conséquences radiologiques de l'accident

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Impact radiologique sur la population japonaise : Première carte d’évaluation

28 jours après l’accident de Fukushima, l’IRSN a été le premier institut à publier une carte montrant l’impact radiologique sur les Japonais vivant près de Fukushima.

Un Japonais mesure le taux de radioactivité de la production de son verger.©TomaMark-MWay 70 000 Japonais, vivant jusqu’à 80 km de la centrale, sont susceptibles de recevoir des doses supérieures à 10 millisieverts (mSv) la première année suivant l’accident : tel est le résultat d’une évaluation réalisée en avril 2011 par des experts de l’IRSN.

Ils tirent la sonnette d’alarme, quatre semaines après l’accident. « En nous appuyant sur les mesures aéroportées réalisées par les États-Unis et sur les modélisations des rejets radioactifs de l’IRSN, nous avons établi une carte des doses que recevraient les Japonais, par exposition externe aux rayonnements émis par la contamination déposée sur les sols, dans l’année suivant l’accident », résume François Queinnec, alors animateur de la cellule dédiée aux conséquences radiologiques au centre technique de crise.

Les experts se sont notamment penchés sur une langue de contamination de 20 x 70 km située au nord-ouest de Fukushima, au-delà de la zone d’évacuation. « Entre 20 et 35 km sur cet axe nord-ouest, les doses atteignaient 100 à 500 mSv par an. »

Réagir vite pour protéger

Puis les experts de l’IRSN ont croisé cette première carte avec les données de répartition de la population dans cette zone. « Il ressortait de nos calculs que 2 200 habitants pourraient recevoir une dose externe annuelle dépassant les 100 mSv, 3 100 des doses comprises entre 50 et 100 mSv, 21 100 des doses allant de 16 à 50 mSv, 43 000 de 10 à 16 mSv et 292 000 de 5 à 10 mSv », précise François Queinnec.

« Vingt-huit jours après la catastrophe, l’IRSN a été le premier institut au monde à publier une carte montrant que l’impact dosimétrique sur la population non évacuée pouvait être significatif. Dix jours plus tard, une évaluation américaine [1] a confirmé les résultats français. Dans la foulée, une évaluation japonaise [2] obtenait des résultats 2 à 2,5 fois supérieurs, mais globalement cohérents avec ceux français et américains. »

Depuis, des mesures progressives d’évacuation ont été prises, permettant de réduire l’impact potentiel calculé. 

 

Logiciel Symbiose : Suivre les rejets dans l’environnement

Que deviennent les radionucléides rejetés par une installation nucléaire ? Symbiose, outil de modélisation des transferts de radionucléides dans l’environnement, apporte des réponses quantifiées, en appui aux investigations de terrain.

Il simule le devenir de radionucléides dans les milieux constitutifs d’un environnement continental : terres agricoles, rivières, zones habitées… » résume Marc-André Gonze, ingénieur au laboratoire de modélisation environnementale à l’IRSN et responsable du projet. « Et ce, en situation de fonctionnement normal, accidentel ou lors du démantèlement des installations. »

Dans les premiers jours qui ont suivi l’accident, ce laboratoire a collecté et traité des données caractérisant la région de Fukushima afin de “nourrir” les modèles : occupation des sols, productions agricoles, rations alimentaires, contamination des eaux de boisson…

« Partant d’une estimation du terme source et des dépôts atmosphériques, nos simulations ont permis une première évaluation de l’évolution sur quatre mois des niveaux de contamination attendus dans les sols et les denrées agricoles dans un rayon de 80 km. Bien que les activités prédites par Symbiose aient été surévaluées, les cinétiques de décroissance se sont avérées assez réalistes. »

Fin avril, les cartes des dépôts de césium radioactif, publiées conjointement par les États-Unis et le Japon, ont permis « d’affiner nos prévisions et d’appréhender avec plus de réalisme les niveaux de contamination en césium et leur variabilité spatiale ». 

L’objectif actuel de l’IRSN est d’analyser l’ensemble des informations qui lui  parviennent sur l’état de contamination des milieux et d’entamer un travail de qualification et de consolidation des modèles constituant Symbiose.

 

Réseau Téléray : Pour une meilleure surveillance de l’environnement

Davantage de balises, du matériel plus moderne : la modernisation du réseau Téléray était en cours depuis 2007. Fukushima lui a donné un coup d’accélérateur.

Une balise Téléray nouvelle génération installée sur le toit de l’état-major de la Marine, à Paris.©Arnaud Bouissou/MEDDTL/IRSN La rénovation de Téléray, réseau de surveillance de la radioactivité dans l’environnement de l’IRSN, avait démarré en 2007. « Nous projetions de tout rénover », explique Guillaume Manificat, responsable des réseaux de surveillance à l’Institut, « les sondes, la transmission du signal, la supervision des données, c’est-à-dire la gestion des alarmes et des réparations, et leur implantation, qu’il s’agisse des 160 sondes existantes ou de celles ajoutées. » 

Afin de détecter d’éventuelles anomalies ou accidents, le niveau de radioactivité de l’air du territoire français est ainsi suivi en temps réel. Et pour une surveillance plus fine, il était prévu de couvrir le territoire avec au moins une balise par département et jusqu’à 16 balises autour des centrales, dans des rayons de 10 à 20 km, et de 20 à 30 km.  

Collaboration exemplaire 

Candidat idéal : le toit des gendarmeries, qui disposent d’un mât et d’un réseau de transmission sur lequel les sondes sont connectables. « Les discussions étaient en cours, Fukushima les a accélérées, car il a fallu installer des balises avant l’arrivée des masses d’air contaminées au-dessus des Antilles. La collaboration a été exemplaire : rendez-vous le mardi matin, feu vert à 15 heures et 7 sondes fonctionnelles outre-mer le lundi suivant ! »

Aujourd’hui, une convention se conclut pour installer 260 sondes sur des gendarmeries. Ces sites s’ajouteront aux 160 actuels, qui seront dotés de balises neuves. Pour autant, Fukushima, dont les dépôts dépassent largement la zone de 30 km, fait déjà envisager un nouveau renforcement du réseau :« Fukushima a validé notre décision d’ajouter des sondes entre 10 et 30 km autour des centrales, mais soulève la question de savoir si un autre cercle de balises ne serait pas nécessaire à 50 km. » Soit 200 balises de plus. 


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Notes :

1- Réalisée par le DOE, le ministère américain de l’énergie.

2- Réalisée par le ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie.