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1986-2011 - L'accident de Tchernobyl et ses conséquences pour l’environnement et la santé

Les dépôts radioactifs en Europe

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​​​​(Mise à jour) Pour un bilan actualisé en 2016, lire notre dossier « Tchernobyl, 30 ans après l'accident nucléaire »​​

Au sein des masses d’air contaminées, les radionucléides non gazeux rejetés lors de l’accident ont été transportés sous forme de particules de l’ordre du micromètre, appelés aérosols. Au fil du temps, ils ont fini par retomber au sol sous forme de dépôt sec et, lorsqu’il pleuvait, de dépôt humide.

L’importance des retombées radioactives (dépôts) dépendait des trajectoires des masses d’air contaminées, de la distance parcourue par le panache et de l’intensité des pluies (plus d'information). En dehors de la région de Tchernobyl, seul le césium 137 a conduit à une contamination durable des territoires.

 

Distribution des retombées radioactives au niveau du sol

Les dépôts recouvrent aussi bien les végétaux, les sols, les eaux de surface mais aussi les surfaces bâties et les lieux de vie. Lorsque le dépôt est formé par les pluies, il se distribue au gré de l’écoulement de l’eau en surface ou dans le sol.

Formation des dépôts secs et humides lors du passage du nuage de particules radioactives 

Schéma illustrant les retombées atmosphériques sèches et humides et leur répartition entre le couvert végétal et le sol, ainsi que la redistribution du dépôt humide sous l’effet du ruissellement de l’eau de pluie à la surface du sol. L’activité rémanente dans le sol est le résultat de ces processus de dépôt ; elle est présente en surface mais aussi en profondeur, en raison de l’infiltration de l’eau dans le sol.  

  

L’importance des dépôts en Europe est variable en fonction de très nombreux facteurs : 

  • Les particules les plus grosses et massives, notamment les débris de combustible nucléaire, retombent au voisinage immédiat de la centrale, formant des dépôts d’activité très élevée, à l’intérieur de la zone d’exclusion de 30 kilomètres autour de la centrale.
  • L’importance de la concentration des éléments radioactifs dans l’air et la durée de la contamination de l’air ambiant entraînent des dépôts d’activité
    élevée dans les trois pays les plus touchés : l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie.
    Les dépôts sont fortement amplifiés dans les zones où il a plu. Leur activité est jusqu’à 10 fois plus importante que celle des dépôts secs formés aux mêmes endroits. Des « taches » de contamination se constituent ainsi en fonction des épisodes pluvieux.
  • Dans les zones montagneuses, où les pluies sont plus abondantes, l’activité des dépôts est plus importante. Dans les zones forestières, le feuillage des arbres capte facilement les poussières radioactives contenues dans l’air, ce qui contribue à augmenter l‘activité des dépôts radioactifs comparée à celle des dépôts sur les prairies. Il en résulte des dépôts d’activités très hétérogènes, les plus importantes étant réparties autour du site de Tchernobyl et dans les pays limitrophes de la centrale. Le césium 137 est un bon indicateur de la répartition des dépôts à l’échelle de l’Europe.

 

Les dépôts à l'échelle de l'Europe

A l'échelle de l'Europe, les retombées ont formé de vastes zones de dépôt discontinues. Sous l’égide de la Commission Européenne, un travail de reconstitution des dépôts de césium 137 à l’échelle de l’Europe a abouti à la publication d’un Atlas en 1998, basé sur les mesures fournies par les différents pays européens, réalisées en 1986.

L'Ukraine, la Biélorussie et la Russie ont été les pays les plus touchés par ces retombées radioactives. Ces pays ont reçu environ 60 % de la radioactivité totale rejetée, et détiennent de vastes territoires (près de 150 000 km²) où les dépôts de césium 137 dépassent 40 000 Bq/m² et atteignent souvent plusieurs centaines milliers de Bq/m².

Hors de l’ex-Union soviétique, on trouve des dépôts dépassant 40 000 becquerels par mètre carré en Scandinavie (sud de la Finlande, partie centrale et orientale de la Suède, centre de la Norvège), en Europe centrale, notamment dans le sud de la Roumanie, au niveau de la frontière entre la République tchèque et la Pologne, en Autriche et au nord de la Grèce, ainsi que sur des surfaces plus réduites au Royaume-Uni, en Suisse, en Bavière et en Italie (région des lacs et massif des Dolomites).

Carte des dépôts de césium 137 après l'accident de Tchernobyl à l'échelle de l'Europe 

Carte des dépôts de césium 137 après l'accident de Tchernobyl à l'échelle de l'Europe
(source : Atlas européen EC/IGCE 1998 et IRSN).
Aucune donnée n'est disponible pour les Balkans.

 

En France

En raison de l’appauvrissement du panache radioactif et de la courte durée de la contamination de l’air en France (environ une semaine) les dépôts sont d’une activité généralement faible, plus importante à l’est qu’à l’ouest du pays.

 

Reconstitution des retombées de césium 137 en mai 198 à l'échelle de la France  

Reconstitution des retombées de césium 137 en mai 198 à l'échelle de la France à l'aide d'une modélisation fondée sur l'intensité des pluies tombées début mai 1986 (IRSN 2005).

Ainsi, les dépôts secs de césium 137 sont estimés autour de 1 000 becquerels par mètre carré dans l’est et à environ 100 becquerels par mètre carré dans les départements les plus à l’ouest.

Toutefois, des pluies fortes et localisées, notamment entre le 2 et le 4 mai, provoquent des dépôts humides plus importants à l’est d’une ligne allant globalement de la Moselle jusqu’à la Corse.

Certains endroits reçoivent des dépôts dont l’activité dépasse 10 000 becquerels par mètre carré, voire localement, 20 000 becquerels par mètre carré. Les départements du nord-est, de Franche-Comté, du sud des Alpes et de la Corse sont les plus concernés.

Très localement, à l’échelle de quelques kilomètres carrés, des averses très intenses conduisent à des dépôts encore plus importants.

En montagne, la concentration du dépôt sous l’effet de l’écoulement des eaux superficielles dans des cuvettes en pied de pente, de l’égouttement des arbres et de la fonte des amas de neige provoquent des taches de forte activité sur de très faibles surfaces (plusieurs becquerels par kilogramme de terre sur quelques décimètres carrés).

Dans le détail, de forts contrastes peuvent être observés au sein d’un même département, pouvant atteindre un facteur 10 à 15 entre les extrêmes. Une cartographie très précise de ces dépôts n’est donc pas réalisable. L’iode 131 a qualitativement le même comportement que le césium 137 en termes de dépôt, avec une activité initiale environ 10 fois plus élevée. Toutefois, sa courte demi-vie (huit jours) entraîne sa disparition rapide dans les sols, contrairement au césium (80 jours après l’accident, l’activité de l’iode 131 a diminué d’un facteur 1 000 alors que celle du césium 137 n’a pratiquement pas changé).

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