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1986-2011 - L'accident de Tchernobyl et la sûreté des centrales d’Europe de l’Est

La sûreté des centrales nucléaires des pays d'Europe de l'Est

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​​​​(Mise à jour) Pour un bilan actualisé en 2016, lire notre dossier « Tchernobyl, 30 ans après l'accident nucléaire »​​
​Le constat : une sûreté insuffisante

Le principal constat de l’accident de Tchernobyl, c’est bien sûr l’insuffisance de la sûreté des centrales dans les pays d’Europe de l’Est. À l’Ouest, on savait relativement peu de choses du nucléaire civil soviétique qui faisait l’objet d’un secret très strict.
  
L’examen de la situation a révélé des défauts :

  • de conception, notamment sur le réacteur RBMK (type Tchernobyl), mais aussi, dans une moindre mesure, sur les réacteurs VVER ;
  • de construction ;
  • d’exploitation.

 

Huit pays d’Europe de l’Est, dont quatre sont aujourd’hui membres de l’Union européenne, exploitent au total 62 réacteurs électronucléaires de conception soviétique. Ces réacteurs complètent un parc de centrales thermiques dans l’ensemble très anciennes. 

Or, les experts internationaux ont constaté après 1986 des déficiences de sûreté plus ou moins graves selon les types de réacteurs, qui appelaient des améliorations ou la recherche d’un arrêt anticipé.

Les pays membres de l’Union européenne, ou candidats à l’adhésion, ont décidé d’arrêter de façon anticipée leurs réacteurs jugés les moins sûrs. Les autres, en revanche, s’orientent vers l’exploitation des réacteurs existants jusqu’à leur fin de vie. Voire, comme l’a annoncé la Russie, vers la prolongation de leur durée d’exploitation.

Le développement du programme électronucléaire de l’Union soviétique et de ses satellites en Europe de l’Est a reposé sur deux grandes filières de réacteurs utilisant des principes de fonctionnement très différents :

  • les réacteurs à eau sous pression (VVER) dont le principe de fonctionnement est proche de celui des réacteurs à eau sous pression occidentaux (50 réacteurs fonctionnent aujourd’hui en Russie, Ukraine, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie et Arménie) ;
  • les réacteurs à tubes de force (RBMK) de type Tchernobyl (12 réacteurs en Russie et Lituanie).

 

Les points faibles de sûreté les plus importants ont été constatés sur les réacteurs VVER les plus anciens et surtout sur les réacteurs RBMK. Moyennant la réalisation de programmes d’amélioration, les VVER des deux générations les plus récentes (VVER 440/ 213 et VVER 1000) peuvent être amenés à un niveau de sûreté suffisant pour la poursuite de leur exploitation jusqu’à leur fin de vie prévue.

S’agissant du site de Tchernobyl, il ne produit plus d’électricité depuis l’an 2000. Les risques associés sont essentiellement locaux. Il reste à régler les problèmes de démantèlement des réacteurs — problèmes qui se posent à toutes les centrales nucléaires —, à assurer un confinement adéquat du réacteur accidenté et à traiter les stockages de matériels et déchets contaminés, mis en place dans l’urgence en 1986 aux environs de la centrale.

 

Les leçons : une coopération soutenue pour améliorer la sûreté

La coopération internationale a soutenu l’amélioration des dispositifs techniques, le développement d’une culture de sûreté et le remplacement des réacteurs les plus anciens. Le site de Tchernobyl a fait, et fait encore, l’objet d’un soutien pour le réacteur accidenté et pour le démantèlement des trois autres réacteurs.  

A partir du début des années 1990, la communauté internationale a fait de la sûreté des réacteurs en Europe de l’Est l’une de ses priorités traitée dans le cadre d’une politique de coopération qui est encore suivie aujourd’hui. 

La politique alors mise en œuvre sous l’impulsion des pays du G7 a consisté à :

  • répondre aux problèmes les plus urgents rencontrés dans les centrales nucléaires (amélioration de la sûreté d’exploitation, amélioration des dispositifs techniques) ;
  • soutenir le développement d’une véritable culture de sûreté avec, notamment, le renforcement, voire la création, d’autorités de sûreté indépendantes. Au moment de la disparition de l’URSS, plusieurs pays ayant recours à l’énergie nucléaire ne disposaient pas d’une autorité de sûreté nationale et aucun ne possédait un régime réglementaire comparable à ceux alors en vigueur en Occident ;
  • favoriser une amélioration durable de la sûreté nucléaire en contribuant au remplacement des réacteurs les plus anciens par des sources d’énergie de substitution, en recherchant une meilleure maîtrise de l’énergie et en participant au financement des programmes d’amélioration des centrales nucléaires les plus récentes ;
  • assurer la mise en sécurité du réacteur accidenté à Tchernobyl en soutenant le projet d’une nouvelle protection et en renforçant le sarcophage actuel ;
  • aider au démantèlement de la centrale de Tchernobyl.

 

La coopération internationale mise en œuvre dans le cadre de cette politique s’appuie sur des actions bilatérales, sur celles menées par l’Union européenne et sur les fonds internationaux gérés par la BERD. Ces fonds ont été créés pour financer des améliorations techniques de sûreté, la construction d’un nouveau sarcophage à Tchernobyl et le démantèlement de réacteurs (en Ukraine, Bulgarie, Lituanie et Slovaquie). Au total, près de 4 milliards d’euros ont été consacrés à cette politique en une quinzaine d’années.

Au cours de cette période, la sûreté nucléaire en Europe de l’Est a enregistré des avancées importantes :

  • L’environnement juridique international a évolué de façon favorable à la sûreté nucléaire avec l’entrée en vigueur de conventions sur la sûreté nucléaire et sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs.
  • Une autorité de sûreté et une réglementation largement complétée sont maintenant en place dans chacun des pays. Les programmes de coopération, en grande partie financés par l’Union européenne, prévoient en outre qu’un appui (expertise de sûreté de référence) est fourni aux autorités nationales, principalement par le GEIE Riskaudit, filiale de l’IRSN et de la GRS, homologue allemand de l’IRSN.
  • S’agissant des réacteurs nucléaires, ceux qui ont été identifiés au début des années 1990 comme présentant les déficiences de sûreté les plus sérieuses, ont été définitivement arrêtés ou ont fait l’objet d’une décision de fermeture anticipée dans les pays membres de l’Union européenne ou candidats à l’adhésion En outre, le dernier réacteur de la centrale de Tchernobyl a été arrêté fin 2000.
  • Des programmes d’amélioration ont été réalisés sur les réacteurs les plus récents, ou sont en cours de mise en œuvre, pour les amener à un niveau de sûreté jugé acceptable au plan international pour une poursuite d’exploitation jusqu’à leur fin de vie.

 

Pour autant, les pays d’Europe de l’Est devront fournir un effort soutenu, sur la durée, pour achever l’amélioration de leurs réacteurs électronucléaires, démanteler les réacteurs les plus anciens ou les moins sûrs et maintenir un niveaude sûreté d’ensemble satisfaisant.

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