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Les programmes de recherche initiés après l'accident

Mieux prévenir et traiter les effets sanitaires

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​​​​(Mise à jour) Pour un bilan actualisé en 2016, lire notre dossier « Tchernobyl, 30 ans après l'accident nucléaire »​​
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L’évaluation des effets sanitaires montre que ce sont avant tout les effets des fortes doses et les cancers de la thyroïde.

 

Prévention des cancers de la thyroïde

Comme l’a montré l’accident de Tchernobyl, le risque médical qui concerne le plus grand nombre de personnes est un excès de cancers de la thyroïde. Dû principalement aux iodes radioactifs, ce risque apparaît primordial, notamment chez les enfants. D’où la mise en place de prévention par l’iode stable. Le principe de cette prévention est d’absorber de l’iode stable qui est absorbé par la thyroïde, à la manière d’une éponge. Une fois saturée, la thyroïde absorbera très peu d’iode et donc très peu d’iode radioactif.

 

Traitement des grands irradiés

L’IRSN soutient les hôpitaux spécialisés en matière de traitement de ces grands irradiés, domaine dans lequel la France est leader. En tant qu’acteur important de ce secteur, l’Institut a contribué a établir un consensus national et européen sur la question suivante : « Comment prendre en charge simultanément, au plan médical, un grand nombre de personnes irradiées ? ».

L’IRSN a organisé, en mai 2003 aux Vaulx-de-Cernay, une conférence réunissant une cinquantaine de spécialistes en hématologie, radiopathologie et dosimétrie. Un consensus national a été trouvé sur :

  • le tri des personnes irradiées, dans une perspective de traitement,
  • les actions à réaliser dans les 48 premières heures,
  • les stratégies thérapeutiques à mettre en œuvre (thérapies de support par cytokines),
  • le report au 21ème jour de la décision de greffe allogénique de cellules hématopoïétiques (« greffe de moelle osseuse »).
      

L’une des recommandations était de développer la recherche en thérapie cellulaire par cellules souches mésenchymateuses.

Afin d’étendre ce consensus à l’ensemble de l’Europe, une seconde conférence de consensus a été organisée par le European Cooperative Group for Blood and Marrow Transplantation, l’IRSN et l’Université de Ulm en 2005.


Le volet sanitaire du programme ENVIRHOM

Les résultats obtenus par le programme ENVIRHOM mettent en défaut l’un des paradigmes importants du système de radioprotection, tout au moins pour le modèle rat contaminé par ingestion d’uranium. Les expositions chroniques par contamination interne ont eu, en effet, des résultats inattendus en termes de cible (organes atteints) et d’effets biologiques.Cependant, il n’est pas démontré que ces effets biologiques ont des conséquences sanitaires et conduisent à des développements de pathologies. De même, il reste à déterminer dans quelle mesure les résultats obtenus sur un modèle expérimental sont extrapolables à l’homme, et valables pour d’autres radionucléides.

Le système actuel de radioprotection explique que les rayonnements ionisants augmentent le risque d’apparition de cancer. Cette augmentation est fonction de la dose reçue selon l'hypothèse d’une relation linéaire sans seuil entre la dose reçue et le risque encouru. Les coefficients qui relient la dose et le risque sont issus principalement des études réalisées sur les survivants de Hiroshima et Nagasaki. Or ces survivants ont été exposés à de fortes doses résultant d’une irradiation externe avec des rayons gamma et des neutrons.

Ce mode d’exposition est différent de celui rencontré chez les personnes du public après l’accident de Tchernobyl. Celles-ci sont, en général, soumises à des doses beaucoup plus faibles. Ces faibles doses proviennent souvent d’une contamination interne chronique, c'est à dire régulière, comme c’est le cas si la personne consomme habituellement une nourriture (faiblement) contaminée.

L’objectif du travail réalisé a été de vérifier si les effets de la contamination chronique pouvaient être prédits à partir d’expositions aiguës.Le premier radioélément étudié a été l’uranium, car celui ci peut être présent à des concentrations élevées dans les eaux souterraines de certaines régions (Finlande, Etats-Unis, Canada, etc.). Les résultats obtenus chez le rat de laboratoire montrent que les effets des expositions chroniques ne peuvent pas être extrapolés à partir des connaissances des effets desexpositions aiguës.

Les principaux enseignements des expérimentations réalisées sont que :

  • les vitesses d’accumulation et d’excrétion de l’uranium en situation d’exposition chronique sont fonction de la durée d’exposition,
  • elles diffèrent quantitativement et qualitativement des modèles issus des expositions aiguës,
  • les organes cibles après exposition chronique sont différents de ceux après exposition aiguë,
  • certains de ces organes présentent des anomalies fonctionnelles non liées à des cancers, qui entraînent notamment des modifications des comportements et du sommeil, ainsi que des effets sur le métabolisme des xénobiotiques (polluants, médicaments).


Le projet EPICE

Afin de vérifier s’il existe un lien entre le césium et les pathologies observées chez certains enfants, notamment les pathologies non cancéreuses liées aux retombées de Tchernobyl, l’IRSN a mis en place le projet EPICE (Évaluation des Pathologies Induites par les contaminations chroniques en CEsium.

Démarré par une étude pilote en 2005-2006 ayant confirmé la faisabilité logistique et l’acceptabilité par les populations pour une étude plus grande ampleur, le programme s'est ensuite concentré sur le dépistage systématique des troubles du rythme cardiaques chez 18 000 enfants vivants sur les territoires contaminés et non contaminés de l’oblast de Bryansk en Russie. Cette deuxième phase du programme EPICE qui s'est terminée en 2013 devrait se poursuivre jusqu’en 2018 par une troisième phase s’intéressant au dépistage systématique des cataractes.


Résultats de la première phase

Au cours de la phase pilote, l'IRSN avec la collaboration de chercheurs russes du MRRC (Médical Radiation Research Centre, Obninsk) et du BCDC (Bryansk Clinical Diagnosis Centre) se sont rendues dans les hôpitaux locaux de Krasnaya Gora, Novozybkov et Gordejevka.

Un échantillon de 44 enfants a été constitué parmi ceux présentant une des pathologies suivantes : troubles du rythme cardiaque, cataracte, ulcère gastroduodénal, anémie. Pour ce faire, les médecins ont procédé à un tirage au sort dans la base de données du suivi médical des enfants âgés de 1 à 18 ans et vivant sur les territoires présentant une forte contamination en césium 137 (supérieure à 555 kBq/m²). Puis, les médecins du MRRC et du BCDC ont ajouté 5 enfants présentant les niveaux les plus élevés de contamination par le césium 137 ont été ajoutés à l’échantillon.

L'échantillon de 49 enfants a ensuite suivi les examens suivants :

  • des mesures anthroporadiamétriques de la répartition du césium 137, en particulier, le cœur, la thyroïde et le foie ;
  • un électrocardiogramme ;
  • des échographies cardiaque, thyroïdienne et hépatique ;
  • un interrogatoire visant à préciser leurs antécédents médicaux.

Les doses reçues par chaque enfant ont ainsi été reconstituées et les diagnostics des pathologies observées précisés à partir des informations recueillies dans la base de données, des examens réalisés sur leterrain et des explorations conduites en milieu hospitalier.

Cette phase pilote n’a pas permis de dessiner des conclusions définitives en raison de la faible taille de l’échantillon étudié. Cependant, elle a permis de s’assurer de la faisabilité logistique et de l’acceptabilité par les populations concernées pour la mise en place de campagnes de dépistage systématique sur les territoires contaminés et les territoires non contaminés.


Résultats de la deuxième phase

En mai 2009 a été lancée la deuxième phase du programme EPICE qui consiste à mettre en œuvre un dépistage des troubles du rythme cardiaque chez 18 000 enfants russes en âge d’être scolarisés (9 000 dans les territoires contaminés, 9 000 dans les territoires non contaminés).

Pour le « Arythmies cardiaques », tous les enfants ont bénéficié d’un électrocardiogramme, d’une échographie cardiaque et d’une mesure anthroporadiamétrique du césium 137. De plus, sur une partie d’entre eux ont été réalisés un enregistrement sur 24 heures des paramètres électriques du cœur (« Holter ») ainsi qu’un bilan sanguin des principaux marqueurs cardiaques.

Menée avec la collaboration du centre de diagnostic clinique et biologique de la ville de Bryansk (Russie), cette deuxième phase du programme EPICE a permis de statuer sur une éventuelle augmentation des troubles du rythme cardiaque chez les enfants vivants sur les territoires russes contaminés par les retombées de Tchernobyl et sur un éventuel lien de cause à effet avec l’ingestion chronique de césium 137 via l’alimentation.

La troisième phase du programme EPICE s'intéresse jusqu’en 2018 au diagnostic des cataractes chez les mêmes groupes d’enfants étudiés au cours de la deuxième phase du programme.


Le projet santé de l'IFA

De nombreuses études ont été menées sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl en Ukraine, Biélorussie et Russie. Elles ont souvent conduit à des résultats épars, hétérogènes, parfois contradictoires et à l’origine de controverses. . À l’occasion de la conférence internationale organisée par l’AIEA 10 ans après l’accident de Tchernobyl, les ministres français et allemand de l’environnement ont lancé une initiative franco-allemande. Celle-ci visait à constituer une base d’information sûre et objective, utile à la planification de contremesures, à l’information du public et aux travaux scientifiques ultérieurs.

Les travaux dans le domaine de la santé ont été ciblés sur les indicateurs susceptibles de prouver une incidence excédentaire de cancers (cancers de la thyroïde, leucémie, cancers solides) dans les régions exposées après une période de latence relativement longue.

La banque de données sanitaires qui a été créée dans le cadre de l’IFA constitue aujourd'hui un outil international unique au service des décideurs, des chercheurs et du public. Il est important qu’elle puisse continuer à rassembler les connaissances qui seront produites sur les trois sujets traités. Pour qu’elle demeure performante, il faut continuer de la développer et de la compléter.



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Pour en savoir plus sur les traitement des grands iradiés:


Pour en savoir plus sur le volet sanitaire du programme ENVIRHOM