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Visites décennales

Réévaluer la sûreté de la deuxième génération

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Diagnostic : Les uns après les autres, les réacteurs nucléaires du palier 900 MWe vont subir un arrêt entre 2009 et 2019, pour une période de trois mois environ. Objectif : réaliser la troisième visite décennale. 

Tous les dix ans, cela recommence. Chaque réacteur nucléaire de puissance doit être mis à l’arrêt pour que soit effectuée une série de contrôles ciblés. L’exploitant des trente-quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de 900 MWe, construits entre 1977 et 1987, procédera à leur arrêt prolongé l’un après l’autre.

Au cours de cette troisième visite décennale, qu’on peut comparer à une sorte de "check-up", est notamment vérifiée l’étanchéité de deux des trois barrières de confinement, c’est-à-dire des équipements étanches permettant de retenir les matières radioactives au sein de l’installation en cas d’incident ou d’accident. Le circuit primaire, qui transporte la chaleur générée par le combustible nucléaire, est alors testé à une pression nettement plus élevée que les 155 bars qu’il connaît habituellement en fonctionnement. Quant à l’enceinte de béton qui abrite la cuve où se trouve le combustible nucléaire, elle est "gonflée" à 4 ou 5 bars, soit 4 à 5 fois la pression atmosphérique terrestre, afin de connaître son taux de fuite et, si celui-ci est trop important, de réduire ces fuites par des réparations appropriées.

 

Le réexamen de sûreté

« Ces contrôles décennaux sont particulièrement lourds en temps et en organisation », note Christian Pignolet, chef du bureau des réexamens de sûreté à l’IRSN. « C’est pourquoi l’exploitant, EDF, met à profit les arrêts que ces contrôles nécessitent pour réaliser d’autres travaux et modifications sur les réacteurs. » En particulier ceux qui ont été décidés à l’issue du réexamen de sûreté.

La sûreté n’attend pas

Pas question de devoir attendre le lancement d’un réexamen de sûreté, procédure durant plusieurs années, pour améliorer la sûreté des installations. À chaque arrêt de tranche – unité de production électrique caractérisée par le type et la puissance de son réacteur –, l’exploitant est susceptible d’intégrer de nouvelles modifications si la situation l’exige. Par exemple, depuis la grande canicule de 2003, les systèmes de refroidissement des centrales ont été renforcés.

Au cours de cette importante revue de sûreté prévue par la loi relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (TSN) et lancée tous les dix ans, « on s’assure que les installations sont bien conformes aux exigences prévues à la conception », détaille Christian Pignolet. « Dans le respect de leurs missions respectives, l’ASN et l’IRSN étudient et effectuent les modifications jugées importantes pour améliorer la sûreté de l’ensemble des réacteurs de 900 MWe. » À noter que ces améliorations dites "génériques" sont possibles car les trente-quatre réacteurs concernés sont tous bâtis sur un même modèle.

Pour déterminer les modifications génériques à mettre en œuvre, les ingénieurs prennent en compte les connaissances les plus récentes. Ces dernières regroupent les enseignements tirés des précédentes visites décennales, les dernières études scientifiques, le retour d’expérience de l’exploitation d’installations similaires, en France ou à l’international, et les exigences appliquées à l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération. Bien sûr, des améliorations au cas par cas sont également apportées aux installations en prenant en compte leur situation et leur histoire propres.

 

Une tâche délicate

À noter que, en plus des cinquante-huit réacteurs de puissance français destinés à produire de l’électricité, dont ceux de 1 300 MWe et 1 450 MWe, environ soixante-dix laboratoires, usines et réacteurs de recherche sont également soumis à une obligation de réexamen de sûreté tous les dix ans depuis la loi TSN de 2006. Avec une importante différence par rapport aux réacteurs producteurs d’électricité : chaque installation est un modèle unique. Ce qui rend la tâche d’autant plus délicate.

Au terme de la visite décennale et du réexamen de sûreté, l’Autorité de sûreté (ASN), s’appuyant sur l’expertise technique fournie par l’IRSN, autorise ou non l’installation nucléaire de base à être exploitée pour une nouvelle période de dix ans. Mais une telle autorisation accordée ne constitue pas pour autant un blanc-seing donné à l’exploitant. L’ASN peut à tout moment demander l’arrêt d’une installation si la situation l’exige.

Dans le cas du premier palier (les REP 900 MWe), l’IRSN considère que le réexamen de sûreté réalisé à l’occasion de la troisième visite décennale a permis de mieux apprécier et de conforter le niveau de sûreté des installations.

 

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