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Le démantèlement des centrales et des installations nucléaires

Démantèlement : une expertise en trois temps

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​​L’IRSN évalue à la fois la stratégie globale de démantèlement des exploitants et les dispositions de sûreté retenues pour démanteler chaque installation. Comme durant la phase de fonctionnement, un réexamen de sûreté de l’installation en cours de démantèlement doit être réalisé périodiquement par l’exploitant.

 

Un démantèlement est une opération dangereuse soulevant des questions de sûreté complexes et par conséquent de maîtrise des risques sur l’installation à démanteler. Saisi par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’IRSN évalue les dispositions de sûreté proposées par l’exploitant dans le dossier joint à la demande de décret de démantèlement. Cette expertise a pour finalité d’obtenir, après avis de l’ASN, le décret de démantèlement de l'installation concernée.

 

Anciennes installations : un démantèlement complexe

Le démantèlement est contraint par les choix effectués à la conception de l’installation nucléaire et par les pratiques d’exploitation. Par exemple, pour les réacteurs Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG, en photo ci-contre les trois réacteurs de Chinon en Indre-et-Loire), une technologie de première génération aujourd’hui obsolète, les opérations de démontage de l'empilement de graphite constituant le cœur n'ont pas été prises en compte à la conception.

De même, le choix des matériaux influe sur les caractéristiques des déchets issus de démantèlement. Pour les réacteurs UNGG, certaines impuretés présentes dans le graphite ont entraîné l’activation de l'isotope 36 du chlore, qui doit être prise en compte pour l'élimination des déchets.

En phase d’exploitation, l'expérience acquise apporte de nombreux enseignements en perspective du démantèlement. Par exemple, dans une usine, certains travaux programmés annuellement ou des renouvellements d'équipements de procédé peuvent s’apparenter à des opérations d'assainissement ou de démontage. Par ailleurs, les incidents survenus et les modifications réalisées peuvent induire des contraintes pour le démantèlement ultérieur.

 

Stratégie globale de démantèlement de l’exploitant

Le premier niveau d'examen par l’IRSN concerne la stratégie globale de démantèlement et de gestion des déchets de l’exploitant ayant de nombreuses installations à démanteler dans un avenir proche.

EDF, le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ou encore Orano (ex-Areva) sont aujourd’hui concernés par ces examens. Ils portent sur :

  • les priorités de sûreté dans les démantèlements à réaliser, compte tenu des risques liés aux agressions internes et externes, du vieillissement des installations et de l'échéancier global des démantèlements ;
  •  

  • la politique de gestion des déchets et des effluents générés lors du démantèlement, en particulier la disponibilité des filières associées, la réalisation d’entreposage et la reprise et la gestion des déchets anciens ;
  •  

  • la faisabilité technique des scénarios de démantèlement, notamment les opérations qui présenteront des difficultés techniques ou de sûreté spécifiques ;
  •  

  • le cas échéant, l'organisation particulière pour gérer les démantèlements.

 

Sur cette base, les points majeurs pour la sûreté, la radioprotection et la gestion des déchets peuvent être identifiés, de manière à anticiper les difficultés susceptibles de retarder les démantèlements prévus.

Les priorités et le périmètre des examens de sûreté ultérieurs de chaque installation à démanteler peuvent ainsi être définis, afin adapter l'expertise aux réels enjeux.

Visite dans le cadre de l'instruction de l'étape 1 de démantèlement du réacteur EDF Chinon A3 (Indre-et-Loire)  

Visite dans le cadre de l'instruction de l'étape 1 de démantèlement de Chinon A3 (Indre-et-Loire), réacteur EDF de première génération UNGG (© IRSN/Laurent Zylberman/Graphix-Images)

 

Évaluation du démantèlement d’une installation

Protection des travailleurs sur le chantier de démantèlement du réacteur nucléaire Chinon A3
Protection des travailleurs sur le chantier de démantèlement du réacteur nucléaire Chinon A3 (© IRSN/Laurent Zylberman/Graphix-Images)

Le second niveau d'examen par l’IRN concerne la sûreté des opérations de démantèlement d’une installation. L’Institut va porter un avis sur les dispositions de sûreté proposées par l'exploitant dans le dossier joint à l'appui de la demande de décret de démantèlement d’une installation.

Cet examen concerne :

  • l’organisation et la planification du démantèlement au regard des enjeux de sûreté et de radioprotection, des priorités de sûreté et de l’état final choisi. Sont ainsi identifiés les points « rédhibitoires » en terme de sûreté et de radioprotection, susceptibles de remettre en cause les choix de l’exploitant ;
  •  

  • les dispositions générales en matière de maîtrise des risques d’accident et des inconvénients. L’examen est axé sur les opérations à risques particuliers, les dispositions de radioprotection et la prise en compte des facteurs organisationnels et humains ;
  •  

  • l’identification des éventuelles opérations nécessitant, avant leur engagement, un examen de sûreté particulier, lequel pourrait être notifié dans le décret de démantèlement ou dans les prescriptions de l’ASN ;
  •  

  • la gestion des effluents et des déchets produits, en examinant tout particulièrement les opérations de reprise de déchets anciens.

 

L'évaluation de l'IRSN peut également conduire à identifier des opérations, à fort enjeu de sûreté, nécessitant un examen de sûreté spécifique et à recommander un certain nombre de « points d'arrêt » dans le décret de démantèlement. Cette approche vise à affiner l’évaluation des dispositions de maîtrise des risques associés aux opérations en question en tirant parti, le moment venu, des meilleures techniques disponibles et du retour d’expérience acquis.

 

Le réexamen de sûreté au cours du démantèlement

Comme pendant la phase de fonctionnement de l’installation, l’exploitant d’une installation en démantèlement doit réaliser périodiquement un réexamen de sûreté. À cette occasion, il doit s’assurer que le démantèlement peut être poursuivi tel que prévu initialement avec un niveau de sûreté satisfaisant. C’est également l’occasion de vérifier que l’exploitant tire parti des meilleures techniques disponibles.

Le réexamen de sûreté des installations en démantèlement est effectué selon la même démarche et les mêmes principes que pour les installations en fonctionnement. Toutefois, les éventuels écarts aux pratiques actuelles ou à l’état de l’art peuvent faire l’objet d’un traitement adapté, voire parfois être acceptés en l’état, selon l’importance des enjeux et la durée restante avant l’atteinte de l’état final d’assainissement.

 

Des risques spécifiques, différents de l’exploitation

Les risques associés à l'installation durant la phase de démantèlement sont en règle générale plus faibles pour l'environnement et le public. En effet, les quantités de substances dangereuses et radioactives présentes dans l'installation vont décroître au fil des opérations de décontamination et de démantèlement réalisées.

En revanche, les risques pour les travailleurs deviennent parfois plus importants, en particulier quand les opérations de décontamination et de démontage nécessitent des interventions à proximité ou « au contact ». Ainsi, dans ses expertises, l'IRSN évalue la qualité de la démarche de radioprotection mise en œuvre par l'exploitant - objectifs de dose et choix des dispositions de protection, suivi dosimétrique, études prévisionnelles de poste... - et la bonne prise en compte des facteurs organisationnels et humains.

Par ailleurs, des risques dits classiques liés à l’incendie, aux manutentions, ou aux travaux réalisés à des hauteurs importantes, sont également à prendre en compte. Ils sont alors traités selon les règles de la sécurité classique, si nécessaire complétées en tenant compte des implications radiologiques.

 

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