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De l’expertise à l’ouverture à la société, nombreux sont les domaines d’intervention des TSO. Aperçu à travers six témoignages.

 

Expertise : évaluer la sûreté des réacteurs de Béléné (Bulgarie)

Bruna Giovanni, directeur scientifique de l'IRSN depuis mars 2012 et ancien co-responsable technique (avec le GRS) des projets Béléné pour Riskaudit :

Construction de la centrale de Béléné (Bulgarie).©ValentinaPetrova/AFP« En 2006, la Bulgarie a choisi deux réacteurs russes VVER pour la construction de deux tranches de 1 000 MWe sur le site de Béléné, au nord du pays. En 2008, l’autorité de sûreté bulgare, la BNRA (Bulgarian Nuclear Regulatory Agency), a contacté Riskaudit pour une évaluation des 10 000 pages du rapport préliminaire de sûreté remis par le constructeur, et pour des études complémentaires, notamment sur le récupérateur du cœur en cas de fusion.

Au terme de ce premier travail d’un an, 350 recommandations, dont plus de 250 de classe 1 ou 2 (donc indispensables ou importantes), ont été émises. Le concepteur a dû revoir sa copie début 2010 et Riskaudit a été de nouveau sollicité pour vérifier la pertinence des réponses apportées. Début 2011, 50 recommandations de niveau 1 restent sans réponse convenable, ce qui laisse entrevoir la nécessité de nouvelles itérations… »

 

Recherche : capitaliser les connaissances acquises

Jean-Pierre Van Dorsselaere, coordonnateur du réseau européen Sarnet de recherche sur les accidents de fusion du cœur des réacteurs nucléaires.

Les résultats expéimentaux sont analysés par les membres du réseau Sarnet.©IRSN« Sarnet a été créé pour optimiser l’usage des ressources en harmonisant les programmes de recherche, pérenniser les compétences et diffuser la connaissance.

Son atout : sa capacité à identifier les priorités de recherche et à proposer des programmes adéquats. Sarnet rassemble 42 organismes de 21 pays (dont, hors Europe, les États-Unis, la Corée du Sud et le Canada) parmi lesquels figurent huit TSO et environ 250 chercheurs.

Ces TSO fournissent au réseau les résultats de leurs programmes ou de leurs logiciels de simulation numérique et contribuent à une interprétation conjointe des programmes expérimentaux partagés par le réseau.

Le logiciel Astec, développé par l’IRSN et le GRS, en est une illustration concrète. Déjà applicable à la plupart des réacteurs à eau sous pression de génération II et III, il est mis à la disposition des membres du réseau qui contribuent à sa validation. L’IRSN et le GRS assurent la formation et le support à l’utilisation du logiciel et intègrent les modèles physiques proposés par le réseau, capitalisant ainsi les connaissances acquises. »

 

Orientation : définir les axes de recherche pour les 40 prochaines années

Édouard Scott de Martinville, directeur délégué aux relations internationales de l’IRSN :

« La plateforme technologique pour une énergie nucléaire durable (SNETP) regroupe les principaux décideurs européens du nucléaire. Les TSO occupent une place reconnue dans cette structure, à tous les niveaux : au conseil d’administration (l’allemand GRS), au comité exécutif, où ils sont représentés par l’IRSN, mais aussi dans les groupes de travail définissant les axes de recherche des quarante prochaines années et leur stratégie de déploiement. Cela favorise la sûreté des réacteurs de génération II et III, mais aussi de génération IV. »

 

Formation : un apprentissage commun pour une génération d’experts

Didier Louvat, directeur-gérant de l’ENSTTI :

« L’ENSTTI a été créé par les TSO pour satisfaire leurs besoins de formation, en sûreté, sécurité et radioprotection, et ouvrir leurs actions de formation à des partenaires extérieurs.

Les TSO y sont professeurs et élèves : en 2010, la première formation a été dispensée par des membres des TSO, tandis que les 40 participants venaient pour un quart des TSO, pour la moitié d’organisations européennes de sûreté et pour le quart restant de pays non européens.

Cette mutualisation harmonise les méthodes de sûreté, tant par cet apprentissage commun que par les contacts qui se tissent entre les élèves et les formateurs. En 2011, il est prévu de poursuivre ces activités et de mettre en place du tutorat. Au total, 48 mois de stage en immersion à l’IRSN et 24 mois au GRS sont déjà programmés. »

 

Réglementation  : participer à l’élaboration de doctrines de sûreté

Pieter De Gelder, chef du département d’analyse de sûreté nucléaire et de radioprotection au TSO Bel V (Belgique) :

« Les TSO jouent un rôle primordial dans la définition des stratégies de sûreté, en développant une expertise dans différents domaines, comme les études probabilistes [évaluation des risques fondée sur une investigation systématique des scénarios accidentels].

Autre illustration, les réacteurs de génération III des centrales de Flamanville 3 (France) et Olkiluoto 3 (Finlande) : les TSO ont participé à l’évaluation des analyses de sûreté présentées par les concepteurs et les exploitants.

Enfin, la gestion du vieillissement des installations : certains exploitants prévoient de faire fonctionner des centrales au-delà de la durée de vie prévue lors de la conception ; avant que les autorités de sûreté puissent rendre un avis favorable, les TSO auront un rôle à jouer dans l’évaluation du programme de gestion du vieillissement des installations mis en œuvre par les exploitants. »

 

Transparence : donner accès à l’expertise pour que les citoyens participent

Ludivine Gilli, chargée de mission transparence et accès à l’expertise à l’IRSN :

« Depuis 2009, une réflexion se poursuit au niveau européen sur la mise en œuvre, dans le nucléaire, de la convention d’Aarhus sur l’accès du public à l’information, à la participation et à la justice en matière d’environnement. Il en est ressorti l’importance de l’accès à l’expertise pour garantir une participation efficace des citoyens, mais aussi les difficultés associées : complexité technique et confidentialité des données. 

Dans ce contexte, la Commission européenne, l’Association nationale des commissions et comités locaux d’information et l’IRSN ont co-organisé en janvier une table ronde à Luxembourg. Elle a réuni 80 participants d’une quinzaine de pays issus de tous horizons et a été l’occasion de débattre des enjeux et des conditions qui permettent aux citoyens de construire leur propre questionnement sur le nucléaire et d’être des participants actifs. »

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