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Plaine du Tricastin : Une réunion publique suscite de nombreuses interrogations

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En septembre 2010, l’Institut a convié les habitants à débattre des études sur l’origine de la pollution d’uranium de la plaine du Tricastin. Récit d’une soirée à Pierrelatte.

19 heures, mercredi 22 septembre 2010. La salle des fêtes de Pierrelatte (Drôme) se remplit peu à peu. Habitants, commerçants, élus, membres d’associations, venus de toute la région, prennent place, impatients de connaître les résultats de l’étude sur l’origine de la présence d’uranium dans la nappe phréatique de la plaine du Tricastin. Beaucoup se connaissent déjà. Ici, le nucléaire est implanté depuis plusieurs décennies. Pour les organisateurs dont fait partie l’Institut, c’est une première. En effet, une telle réunion publique – sur les lieux mêmes de l’objet d’une étude – n’avait jamais été organisée.

 

Public exigeant, questions de haut niveau

Durant toute la soirée, les échanges entre experts de l’IRSN, Areva, Autorité de sûreté nucléaire, élus, membres de la commission locale d’information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin, membres du groupe de suivi pluraliste et le public vont se succéder. Échanges parfois vifs mais toujours courtois. Pour Yves Le Bellec, maire de Pierrelatte, « même si chacun repart avec ses convictions, il est important que la volonté de transparence instaurée par la loi de 2006 se traduise concrètement comme aujourd’hui. Il est fini le temps où régnait le secret défense sur tout ce qui touchait au nucléaire ! »

François Rollinger, responsable de l’ouverture à la société à l’IRSN, expose d’abord le contexte ; Jean-Christophe Gariel et Vincent Rebour, respectivement expert et ingénieur à l’IRSN, poursuivent en présentant le déroulement et les résultats de l’étude. Puis la parole est donnée à la salle. Les questions fusent. Une pharmacienne, une hydrogéologue, un professeur d’université, une conseillère régionale, des habitants de la vallée prennent le micro… Les profils sont variés, les questions précises, informées, exigeantes. « Les piézomètres [appareil qui mesure la pression des liquides] utilisés pour les prélèvements des échantillons d’eau peuvent concentrer les polluants, ce qui pourrait expliquer certaines mesures élevées », fait remarquer un habitant de Bollène. Un agent immobilier se fait le relais de ses clients, qui l’interrogent souvent sur la qualité de l’environnement.

Plusieurs intervenants manifestent une crainte concernant les répercussions sur la santé de la consommation d’eau de la nappe. Un habitant de Pierrelatte s’inquiète de la pollution des sols, qui risquent de devenir impropres à l’agriculture. Beaucoup de questions tournent autour du cheminement de l’uranium, des teneurs observées dans la nappe et de la vitesse de déplacement de l’uranium dans l’eau, sujet particulièrement complexe… La différence d’interprétation entre l’IRSN et Areva sur la responsabilité de l’usine du Tricastin est évoquée. Dans l’ensemble, les questions restent focalisées sur les enjeux locaux.

 

Savoir ce qui s’est passé dans les années 1970

De nombreux participants déplorent que l’on ne sache probablement jamais ce qui s’est passé dans les années 1970 et demandent que le travail de transparence entrepris se poursuive. « Il est important que tout soit mis sur la table de manière pluraliste lors de ce type de réunion. Chacun doit pouvoir entendre différents points de vue afin de se forger sa propre opinion », estime François Rollinger. « Les nombreuses réunions pluralistes préalables ont déjà permis aux parties prenantes de s’exprimer… »

Le cadre de ces échanges se referme officiellement à 22 heures passées, mais les conversations se prolongent autour du buffet. 

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