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Radiologie interventionnelle

Bientôt des niveaux de référence au plan national ?

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Optimisation. Des indicateurs dosimétriques en radiologie interventionnelle sont à l’étude. Ils permettront aux professionnels d’évaluer leurs pratiques.

En France, depuis 2004, des niveaux de référence diagnostiques (NRD) en imagerie médicale classique permettent aux médecins d’évaluer leurs pratiques dans le but de les optimiser. À quand de telles valeurs en radiologie interventionnelle ? « Elles sont souhaitables, même si elles sont plus difficiles à mettre en place qu’en radiologie conventionnelle », reconnaît Patrice Roch, expert en radioprotection, chargé de la gestion des NRD à l’IRSN.

« Les doses impliquées sont très différentes en fonction de la corpulence et de la pathologie du patient, de la complexité de l’intervention, de la technique utilisée et de l’expérience du praticien. » En avril 2013, l’IRSN a proposé des niveaux de référence pour trois types d’intervention : les artériographies cérébrales diagnostiques et de contrôle, et celles médullaires. « Ces examens sont plus standardisés que d’autres et sont les plus fréquents », précise-t-il.

À partir des recommandations de l’expert technique, un groupe de travail a été constitué par l’Autorité de sûreté nucléaire. Il devrait rendre ses conclusions mi-2014, puis une mise à jour de la réglementation suivrait.

En attendant, l’IRSN encourage les établissements à fixer leurs propres niveaux de référence. « Cela fournit une base d’échanges pour les médecins dans leur service, et à prévenir ou anticiper l’apparition d’effets secondaires liés à l’exposition aux rayonnements », explique Patrice Roch. Ces démarches sont relayées par les sociétés savantes, comme la Société française de radiologie (SFR) et la Fédération de radiologie interventionnelle (FRI).

 

Valeur de référence en baisse

« Les NRD sont apparus au Royaume-Uni dès le début des années 1980. On voit aujourd’hui leurs effets sur la diminution de doses. Par exemple, pour une radiographie de l’abdomen de face, la valeur de référence établie d’après les données collectées à l’échelle nationale est passée de 10 milligrays (mGy) à 4,4 en 2010, ou pour un thorax de profil de 1,5 mGy à 0,5 », note encore Patrice Roch.

« La démarche porte ses fruits sur le long terme. La France n’ayant initié les NRD qu’en 2004, il faudra encore un peu de temps pour que l’on puisse en mesurer l’effet vertueux sur la radioprotection des patients. Mais les nouvelles générations de médecins sont mieux formées et plus sensibles à ces notions. Il faut que les professionnels ne vivent plus ces NRD comme une contrainte réglementaire, mais voient ce qu’ils ont à y gagner en qualité des soins et de sécurité pour les patients. Il s’agit de chercher à appliquer la juste dose. »


Suisse : les indicateurs, source de progression

« Les niveaux de référence aident les praticiens à se situer et ouvrent le dialogue sur les manières de progresser. Ils peuvent alerter sur le mauvais réglage d’un appareil », précise Francis Verdun, chef du groupe imagerie à l’Institut de radiophysique de Lausanne (Suisse).

En 2008, l’Office fédéral de la santé suisse publiait des niveaux de référence concernant différents actes de radiologie interventionnelle. « Nous avons référencé des actes diagnostiques en cardiologie. Dans cette discipline, l’acte est souvent pratiqué sans radiologue ni manipulateur radio. Les actes interventionnels semblent bien codifiés et facilement comparables. Il existe de nombreuses publications qui constituent un référentiel de comparaison. Pour les autres spécialités, un grand travail d’unification de nomenclature reste à faire », indique Francis Verdun.

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