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Radioprotection pediatrique

Quelles doses ? Quels risques ?

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Les enfants recevraient en moyenne, en radiologie médicale, moins de 0,35 [1] millisievert [2] par an. Un chiffre rassurant qu’il faut cependant surveiller.

Un examen du bassin à quatre mois pour rechercher une éventuelle malformation, une radiographie des poumons pour une bronchiolite, des clichés pour une fracture, des panoramiques dentaires pour une prise en charge en orthodontie… Les premières années de leur vie, la prise en charge médicale des enfants peut être jalonnée d’examens d’imagerie.

D’où une interrogation : quelle est la dose de rayonnements reçue ?

 

Surtout de la radiologie conventionnelle

Pour répondre à cette question, et conformément à la directive Euratom 97/43, l’IRSN et l’INVS (Institut national de veille sanitaire) ont mis en place, depuis 2003, un système d’information sur l’exposition médicale des patients aux rayonnements ionisants, dénommé Expri.

« Un premier état des lieux a été réalisé en 2005 sur les données de 2002 de la Sécurité sociale », résume Cécile Étard, en charge, à l’Institut, du suivi de l’exposition médicale de la population liée aux actes diagnostiques. « Mais les enfants n’ont pas été étudiés spécifiquement. Fin 2008, ce travail a été reproduit sur les données de 2007, plus détaillées, permettant cette fois d’observer les enfants. On a ainsi pu montrer que les examens de radiologie conventionnelle étaient les plus fréquents, de l’ordre de 300 par an pour 1 000 enfants. Les scanners, mettant en jeu des doses très supérieures, sont beaucoup plus rares. »
  

Quelques examens de radiologie conventionnelle :  

Quelques examens de radiologie conventionnelle.©Hervé Bouilly - Source rapport Expri/IRSN 

  Les examens radiologiques sont fréquents chez les enfants, notamment pour le bassin. La Haute Autorité de santé recommande depuis 2008 de remplacer cette radiographie par une échographie.  

 

Quels sont les risques ? 

Estimer les doses reçues annuellement vise à estimer le risque de cancer à long terme, puisqu’il s’agit de doses faibles (< 100 mSv), voire très faibles (< 1 mSv). L’enfant y est plus sensible, parce qu’il est en croissance et qu’il a la vie devant lui (il a donc plus de risque à long terme). 

« Il faut néanmoins garder à l’esprit que ce risque n’est ni démontré ni infirmé » insiste Cécile Etard. « Par précaution, on considère qu’il existe et croît avec la dose, mais cela reste hypothétique. » L’objectif est dès lors de réduire au minimum la dose, en ne pratiquant que des examens justifiés.

« Nous essayons de limiter les radiographies : pas de comparaison d’un pied à l’autre, ni de cliché pour des pieds plats non douloureux » illustre le Pr Raphaël Vialle, du service d’orthopédie pédiatrique de l’hôpital Trousseau (Paris). « Je suis également très réservé sur le scanner, d’autant que l’échographie ou l’IRM sont souvent de bonnes solutions de remplacement, sans rayonnement ionisant. » Pourtant, il reconnaît que certains généralistes ou pédiatres de ville, croyant bien faire, multiplient les actes pour constituer un dossier complet avant d’adresser un enfant à l’hôpital.

Au total, les enfants recevraient de 0,15 à 0,35 mSv/an. Des moyennes rassurantes, mais qui cachent sans doute deux phénomènes plus inquiétants : une forte augmentation des doses reçues (+ 57 % chez l’adulte entre 2002 et 2007), liée à une meilleure prise en charge, et l’impossibilité technique d’identifier des populations à risque, comme les prématurés qui subissent bien plus d’examens que la moyenne.

Une double interrogation à laquelle le prochain état des lieux, qui reposera sur les données 2012, devrait répondre.

 

Rayonnements reçus selon l’âge

C’est l’enfant de moins de 1 an qui reçoit en moyenne, chaque année, le plus de rayonnements, avec 0,35 mSv/an en moyenne.

De 1 à 10 ans, le nombre d’actes, et donc la dose reçue, diminue (0,2 mSv/an chez les 1-4 ans, 0,15 mSv chez les 5-9 ans), pour réaugmenter à partir de 10 ans, du fait des examens des membres, plus fréquents dans cette tranche d’âge, et des panoramiques dentaires (0,2 mSv chez les 10-14 ans et 0,3 mSv chez les 15-17 ans).ִ

Source : rapport Expri/IRSN.

 

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Notes :

1- Pour comparer, l’exposition aux rayonnements naturels est comprise entre 2 et 3 mSv.
2- Le millisievert (mSv) est une unité qui sert à quantifier le risque lié à une exposition à des rayonnements ionisants, en hommage au Suédois Rolf Sievert et à ses recherches sur les effets biologiques des radiations.