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Protection des patients

Mieux protéger le patient en radiothérapie

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La radiothérapie concerne chaque année 180 000 personnes [1] en France. Son efficacité est unanimement reconnue : elle participe à environ 50 % des guérisons. Le développement de techniques plus pointues suscite des espoirs pour guérir mieux, et plus de malades. Il est donc important de maîtriser la quantité de radiations qui leur est fournie.

« Délivrer une dose suffisante de rayons pour éradiquer la tumeur tout en épargnant au maximum les tissus sains : toute la problématique de la radiothérapie tient là. » La situation est clairement résumée par Bernard Aubert, expert en radioprotection médicale à l’IRSN.

Si la radiothérapie tient aujourd’hui une place fondamentale dans le traitement du cancer, dans 5 à 10 % des cas, les patients traités par cette méthode souffrent de complications, parfois graves. Le taux et le degré de sévérité de ces séquelles peuvent être plus élevés quand des erreurs se glissent dans le protocole de traitement, comme l’ont rappelé les accidents à Épinal (Vosges) et à Toulouse (Haute-Garonne).

 

Étaler et fractionner la dose

Pour répondre au double objectif de l’efficacité du traitement et de la radioprotection du patient, un plan de traitement est élaboré. Il est fondé sur un étalement et un fractionnement de la dose pour permettre aux tissus sains de se régénérer entre chaque séance (ils le font plus vite que ceux de la tumeur).

« Le radiothérapeute justifie l’acte après avoir mis en balance les bénéfices et les risques pour le malade. Il prescrit la dose à délivrer, en quantité totale et par séance, et définit le volume cible [2]. Le physicien médical aborde ensuite l’aspect technologique pour calculer comment apporter la dose prescrite à la tumeur en irradiant le moins possible les tissus environnants, et notamment les organes à risque. Il établit par exemple le nombre de faisceaux ou leurs caractéristiques – orientation, énergie, taille des champs… –, avec l’aval du radiothérapeute. Il effectue des calculs prévisionnels pour simuler ce qui va se passer pendant le traitement. Suivant la complexité de la technique, il valide ces calculs par des mesures au niveau de l’appareil », détaille Pascal François, physicien médical à l’Institut Curie.

Une fois le plan de traitement défini et validé, toutes les informations sont transmises à la salle de radiothérapie, où le manipulateur règle l’appareil et prend le malade en charge. La radioprotection prend alors une forme différente : il ne s’agit plus de planifier au plus juste le processus, mais de vérifier que l’acte réalisé correspond à celui qui a été prescrit.

 

Des modèles individualisés

Une autre approche, pour un meilleur suivi de la personne soignée, consiste à connaître le plus précisément possible la dose délivrée aux tissus sains, notamment au niveau des organes à risque. Des contrôles sont réalisés par l’équipe de physique médicale lors du traitement, reposant sur cette évaluation de la quantité reçue. « Aujourd’hui, on ne sait pas mesurer précisément cette dose », souligne Bernard Aubert. « Elle est calculée à partir de modèles, que l’on tente d’individualiser au mieux pour s’approcher au plus près de la réalité. »

La course aux nouvelles technologies, plus complexes, ne facilite pas la tâche. À chaque fois, il faut définir de nouveaux repères. « Il est important de développer des outils et des méthodologies pour accompagner les nouveaux protocoles », insiste l’expert.

Les recherches menées visent à mieux connaître la dose reçue par le malade et à comprendre les complications. Un enjeu majeur quand on sait que les patients survivent plus longtemps à leur cancer : les conséquences radiologiques à dix ans sont maintenant une problématique de premier plan.

 

Radiothérapie, radiologie : quelle dose?

 

Radiothérapie, radiologie : quelle dose ? © Hervé Bouilly/IRSN - Source : IRSN 


 

Radiothérapie : ordre de grandeur des doses délivrées dans les traitements classiques.
Scanner, radiographie :
doses tirées du rapport IRSN « Analyse des données relatives a la mise à jour des niveaux de référence diagnostiques en radiologie et en médecine nucléaire - Bilan 2007-2008 » (2010).

 

La question de la juste dose

L’oncologue radiothérapeute raisonne et décide en fonction de deux notions de dose qui visent à obtenir un bon rapport bénéfice-risque. La dose de contrôle tumoral (nécessaire pour obtenir dans 90% des cas la stérilisation locale définitive de la tumeur) et celle de tolérance des organes à risque ou tissus sains (permettant de réduire à 5% le risque de survenue d’une complication à cinq ans).

Pour le cancer du sein, la dose de contrôle tumoral est généralement de 50 grays (Gy), délivrée par séances de 2 Gy. Le principal organe à risque est le cœur dont la dose de tolérance est évaluée à 35 Gy.

 

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