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Protection des patients

Une dose adaptée à l’anatomie du patient prévient le risque cardiovasculaire

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Lorsque la tumeur se trouve dans la région thoracique – cancer du sein par exemple –, il existe un risque de complication cardiaque à la suite d’une radiothérapie.

Proche du volume cible, le cœur est en première ligne pour recevoir lui aussi des rayons. Pour aider le praticien à optimiser le traitement, l’Institut développe des outils qui prennent mieux en compte les spécificités de chaque patient. C’est le travail mené par Alexandra Moignier, physicienne médicale de formation et doctorante à l’IRSN.

« D’un individu à l’autre, le cœur est plus ou moins gros, placé plus ou moins haut dans le thorax, avec une arborescence de coronaires différente », explique Sylvie Derreumaux, spécialiste de la radioprotection en milieu médical à l’IRSN. « Ce travail de thèse consiste à développer des outils de modélisation numérique permettant de prendre en compte l’anatomie individuelle dans les logiciels de calcul de dose en fonction des données anatomiques du patient. Cette approche personnalisée peut dès lors remplacer l’approche standardisée utilisée jusqu’alors dans les études rétrospectives, pour une plus grande précision ».

 

Point critique : les artères coronaires

L’étape suivante consiste à personnaliser la représentation du cœur. « Toutes les parties du cœur n’ont pas la même sensibilité aux rayonnements », explique-t-elle. Le point critique semble identifié : il s’agit des artères coronaires qui tapissent et irriguent le muscle. « À la suite d’une irradiation, elles peuvent se sténoser [1], entraînant un risque d’infarctus du myocarde [2] », poursuit la spécialiste. Il peut exister un facteur 5, voire plus, entre la dose moyenne au cœur, aujourd’hui prise en compte lors de la prescription du traitement, et celle reçue aux coronaires.

« Les imageries scanographiques du cœur utilisées pour la planification des irradiations ne sont pas assez nettes pour bien visualiser les artères coronaires, en raison du flou occasionné par les battements. L’oncologue radiothérapeute se focalise sur la pénétration des faisceaux dans le muscle cardiaque, qui ne doit pas dépasser 1 cm. Pour les cancers du sein gauche, il essaie de repérer l’artère intraventriculaire, la plus proche du volume cible », témoigne le Pr Jean-Jacques Mazeron, chef du service de radiothérapie de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

Disposer de modèles évaluant précisément la dose reçue dans la région du cœur, et surtout au niveau des artères coronaires, est un enjeu important.

 

Alexandra Moignier, physicienne médicale, doctorante à l’IRSN. © Laurent Zylberman/Graphix-Images/IRSN« Éviter les complications à long terme, un enjeu chez les jeunes patients »
Alexandra Moignier, physicienne médicale, doctorante à l’IRSN.            

« Quand le cancer touche une personne jeune, prévenir les effets secondaires de la radiothérapie, même à long terme, est d’autant plus essentiel.

En plus des cancers du sein, qui peuvent être diagnostiqués précocement chez des femmes jeunes, la maladie de Hodgkin [3], qui touche essentiellement des enfants, adolescents ou jeunes adultes, fait courir les mêmes risques cardiovasculaires à la suite d’une radiothérapie.

Une convention de recherche vient d’être signée entre l’IRSN et l’Institut Gustave-Roussy (Val-de-Marne) pour étudier les cas des patients atteints de cette maladie du système lymphatique. Il s’agit de préciser, à terme, la relation entre la dose reçue aux coronaires et les complications cardiaques. »

 

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Notes :
1- Le diamètre des artères rétrécit, ce qui freine le flux sanguin.
2- Nécrose d’une partie du cœur à la suite d’une diminution de l’apport en sang, et donc en oxygène.

3- Cancer des systèmes lymphatiques (moelle osseuse, rate, ganglions, thymus…).