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L’exposition de la population française à la radioactivité

L’exposition moyenne des Français et les facteurs de variation

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En France métropolitaine, une personne reçoit en moyenne 4,5 millisieverts par an (mSv/an). Près des deux tiers de l’exposition sont liés à des sources naturelles et plus d’un tiers aux examens médicaux dont bénéficie la population française. Il existe néanmoins des différences importantes d’un individu à l’autre. 

Ce chiffre représente l’exposition permanente à des rayonnements ionisants d’origine naturelle ou artificielle. Une exposition qui ne prend en compte ni celle liée à l’activité professionnelle ni l’exposition à de fortes doses de radioactivité reçue lors de traitements médicaux par radiothérapie.

 

Télécharger l’infographie avec les chiffres-clés à retenir (PDF, 210 Ko)

Télécharger le rapport - Exposition de la population française aux rayonnements ionisants (PDF, 793 Ko)

 

L’exposition est exprimée en dose efficace. Cette dernière tient compte de la quantité d’énergie et de la nature des rayonnements reçus en une année par l’ensemble des organes du corps. Cette unité de référence sert aux spécialistes de la radioprotection pour évaluer les effets possibles sur la santé de l’exposition à une source de radioactivité.

Car, pour réaliser le bilan de « l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants », l’IRSN a évalué le phénomène dans toute son envergure. L’Institut a intégré la nature des sources d’exposition – naturelles ou artificielles – et le mode d’exposition aux rayonnements - inhalation, irradiation externe ou ingestion.

 

La radioactivité naturelle plus élevée

Même si l’usage des rayonnements ionisants est croissant dans l’industrie et dans le milieu médical, la radioactivité naturelle représente les 2/3 de l’exposition moyenne en France métropolitaine avec une dose efficace de 2,9 mSv/an, contre 1,6 mSv/an pour la radioactivité artificielle.

C’est néanmoins une source d’origine artificielle, en l’occurrence les examens de diagnostic médical (médecine nucléaire, scannographie, radiographie), qui contribue le plus fortement à l’exposition moyenne des individus. En divisant par la population la dose annuelle associée au nombre total d’actes réalisés, la dose théorique est de 1,6 mSv par an, soit 35 % de l’exposition moyenne d’une personne en France.

À 32 % de l’exposition moyenne, le radon, un gaz radioactif naturel qui se concentre dans les bâtiments en émanant du sol, est la deuxième source d’exposition la plus importante en France métropolitaine. La dose moyenne par habitant s’établit à 1,43 mSv/an, avec néanmoins d’importantes disparités régionales.

Viennent ensuite l’irradiation tellurique (14 % de l’exposition moyenne) due aux éléments radioactifs présents dans la croûte terrestre, l’ingestion d’éléments radioactifs (12 %) présents à l’état naturel dans les denrées alimentaires, les eaux de boisson et le tabac, et enfin l’exposition aux rayonnements cosmiques (7%) liée aux photons et aux particules en provenance de l’espace.

En revanche, les activités industrielles et militaires induisent une dose négligeable de 0,02 mSv/an, soit 0,4 % de l’exposition moyenne. Cela correspond aux rejets autorisés des centrales nucléaires en fonctionnement normal, aux retombées dues aux essais atmosphériques d’armes nucléaires menées de 1945 à 1980 et celles des accidents de Tchernobyl de 1986 ainsi que de Fukushima de 2011.

 

Radon, rayonnements telluriques et denrées alimentaires : trois sources d'exposition naturelle à la radioactivité  

 La radioactivité naturelle représente les 2/3 de l’exposition moyenne, notamment le radon, un gaz radioactif naturel qui se concentre dans les bâtiments en émanant du sol

 

Tous exposés différemment

D’une personne à l’autre et/ou d’une année à l’autre, l’exposition peut varier de façon significative. Naturelles ou artificielles, les sources d’exposition sont influencées par des facteurs aussi divers que le lieu d’habitation, les habitudes de vie et alimentaires ou encore le nombre et la nature des examens médicaux.

Il n’est pas indifférent d’habiter en montagne ou en plaine, en Corse ou en région parisienne. En effet, l’exposition aux rayonnements cosmiques augmente avec l’altitude. Celle liée aux rayonnements telluriques dépend quant à elle de la nature des sols. Cette dernière influence également la quantité de radon libérée, plus importante en Corse, en Bretagne ou dans le Massif Central.

« Dans un même département, la dose due au radon varie très fortement d’une commune à l’autre », ajoute Géraldine Ielsch, spécialiste de l’exposition au radon à l’IRSN. Par ailleurs, les caractéristiques du bâti et le mode de vie influencent fortement l’exposition. Par exemple, favoriser le renouvellement d’air du bâtiment diminue la dose reçue.

Le mode de vie joue un rôle important pour d’autres sources de radioactivité. Voyager en avion augmente l’exposition aux rayonnements cosmiques. Autre situation : la dose reçue est plus importante chez une personne qui consomme des poissons et des fruits de mer, plusieurs fois par semaine. Par comparaison, les denrées terrestres (viande, laitage, légumes, fruit) sont naturellement moins riches en éléments radioactifs.

 

Réaliser un examen médical ou voyager régulièrement en avion peut faire varier de façon significative l'exposition d'une personne à l'autre et/ou d'une année sur l'autre. Mais, vivre à proximité d'une centrale a peu d'effet sur l'exposition

 

Examens médicaux : un bénéfice plus qu’un risque

La dose due aux examens de diagnostic médical de type scanner, radiographie ou  médecine nucléaire est très différente d’une personne à l’autre, d’un acte à l’autre, voire d’une année sur l’autre.

 « 56 % de la population ne passe aucun examen dans l’année. Pour les autres, cette source d’exposition peut atteindre plusieurs millisieverts », détaille Éric Vial, expert en radioprotection à l’IRSN. 

Par ailleurs, l’exposition varie fortement d’un examen à l’autre. La dose reçue lors d’un scanner abdominal est de 15 mSv, contre 0,05 mSv pour une radiographie du thorax ou encore entre 0, 000001 et 0,00003 mSv pour une radiographie dentaire.

Le bilan de l’IRSN montre que l’exposition liée aux examens médicaux a augmenté de 0,9 mSv/an à 1,6 mSv/an entre 2004 et 2015, principalement du fait du recours plus important aux actes de scannographie.  « Les pouvoirs publics en prennent conscience : le dernier Plan cancer met l’accent sur la diminution de l’exposition aux rayonnements à visée diagnostique, explique Éric Vial. Le plan insiste sur l’optimisation du parc d’appareils IRM, pour limiter le recours au scanner. » 

Dans tous les cas de figure, le bénéfice des actes médicaux de diagnostic reste largement supérieur au risque lié à la dose reçue pour réaliser ces actes.

 

Pas d’effets sur la santé connus

Si l’exposition permanente à des sources de radioactivité varie d’une personne à l’autre, les experts insistent sur le fait que les doses demeurent dans tous les cas très faibles. « La population française est exposée depuis toujours à des doses de l’ordre de quelques millisieverts », précise Éric Vial.

Et d’ajouter : « Dans l’état actuel des recherches, nous ne connaissons pas d’effet sanitaire clairement identifié à ce niveau d’exposition ». L’excès de risque de cancer sur la vie entière attribuable à une exposition à une dose ponctuelle de 1 mSv est estimé à environ 0,005 %, à comparer à la probabilité de décès par cancer en France qui est de l’ordre de 25 %.

 

En savoir plus

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