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Normes de radioprotection

En pratique : Les travailleurs exposés à la radioactivité naturelle

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La radioprotection évolue pour mieux protéger les travailleurs exposés à la radioactivité naturelle.

Qu’ont en commun les travailleurs d’une fabrique d’engrais, d’une verrerie et d’une installation de traitement d’eau ? Ils peuvent être exposés à des doses de rayonnements significatives, par l’utilisation d’une matière première radioactive : phosphates, four à céramique ou filtre à eau.

« Longtemps ignoré, le sujet a été traité en France par un arrêté interministériel de 2005, qui a listé dix secteurs potentiellement à risque », explique Jean-Luc Godet, directeur des rayonnements ionisants et santé à l’ASN et membre du groupe d’experts « Article 31 » d’Euratom. Il s’agissait d’exiger de la part des chefs d’entreprise que soient réalisées des études pour estimer les doses reçues par les travailleurs. « L’IRSN a défini une méthodologie et a expertisé les 80 dossiers reçus », poursuit l’expert. « Résultat : pour 16% des postes de travail, la dose dépasserait le millisievert annuel. Des inspections de l’ASN ont été déclenchées ainsi que la surveillance dosimétrique individuelle de ces travailleurs, centralisée par l’IRSN. »

Pour le moment, il revient à l’industriel de choisir une protection adaptée, notamment celle des voies respiratoires. Sachant que, en raison de l’empoussièrement, le port du masque est déjà courant.

Mais la mise à jour de la directive Euratom pourrait fixer un seuil : si la matière radioactive présente sur le site (y compris les filtres) contient moins de 1 becquerel par gramme, l’industrie serait exemptée. Sinon, les règles de radioprotection inspirées du domaine nucléaire seront imposées. « La nouvelle directive Euratom, en cours d’examen, introduit également un chapitre dédié au recyclage des résidus provenant de ces industries, comme l’utilisation des cendres volantes issues de la combustion de charbon dans la fabrication de ciment. Une mesure d’indice de la radioactivité naturelle sera demandée et le matériau pourra faire l’objet de restrictions d’usage, voire d’interdictions », précise Jean-Luc Godet.

On peut donc s’attendre à la parution d’une mise à jour de l’arrêté 2005 et d’un décret réglementant les matériaux de construction.

 

Professions sous contrôle

Un arrêté du 25 mai 2005 dresse la liste des dix activités mettant en œuvre des matières premières contenant naturellement des radionucléides : combustion de charbon en centrale thermique, production de céramique réfractaire, d’engrais phosphatés, d’acide…

« Un groupe de travail conjoint IRSN-ASN-DGT a travaillé à l’évolution de cette liste. Il envisage de supprimer certaines catégories, comme l’utilisation de céramique réfractaire, ou d’en ajouter d’autres comme la papeterie, du fait de la présence de filtres à eau, ou l’extraction de gaz et de pétrole, où l’on note des accumulations de tartre dans les tuyauteries », explique Gwenaëlle Loriot, chargée d’évaluation des risques radiologiques à l’Institut. 

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